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Posté le 18 avril 2012 par Philippe Degouy

Romy Schneider, l’actrice de la réconciliation franco-allemande

Immortalisée par son rôle de «Sissi impératrice d’Autriche», Romy Schneider mérite pourtant mieux que ce souvenir de film mièvre au parfum suranné.
Ce très bel  album rédigé par le biographe Henry-Jean Servat et publié aux éditions Hors Collection lui rend l’hommage mérité.
Tant par le texte que par l’iconographie soignée.

 Le 29 mai 2012, il y aura trente ans que l’actrice nous quittait.

 Accident? Suicide de chagrin après ses nombreux drames personnels dont la mort de son fils David? Qu’importe au fond. Le trou formé par sa disparition brutale est resté béant dans les souvenirs de cinéphiles.  Son décès a plongé le monde du cinéma dans le désarroi et brisé le cœur d’un homme à jamais : Alain Delon, pour qui il y aura désormais un avant et un après Romy Schneider. Et pourtant, son histoire avec Romy a connu plus de hauts que de bas. L’ouvrage revient sur cette liaison en dents de scie entre ces deux êtres baptisés à l’époque « les fiancés de l’Europe ».

Mais plus que les aspects personnels de l’actrice, ce qui est à mettre en avant, et Henry-Jean Servat le fait très bien, c’est son talent d’actrice. Avec son sourire à la fois gai et triste, une plastique parfaite, Romy savait tout jouer.  Sa filmographie a de quoi faire rêver. Une actrice qui ne jouait pas un rôle, mais le vivait. À 100%.  Il suffit pour s’en convaincre de revoir le film de Robert Enrico, «Le Vieux fusil». La scène du viol et de la mort face au lance-flammes des SS est restée comme l’une des plus pénibles à regarder dans l’histoire du cinéma. Comme le souligne l’auteur, lors du tournage Romy avait tout donné et poussé des cris à glacer le sang. Comme si elle vivait réellement le drame. Pour l’anecdote, l’un des figurants sera blessé par Romy.

 ROMY SchneiderPour le réalisateur Claude Sautet, «Romy incarnait mieux que personne cette recherche désespérée de l’amour, ce besoin éperdu de bonheur et cette conscience suraiguë de ce qui le menace aussitôt qu’on croit l’avoir trouvé
L’ouvrage, illustré de sublimes clichés de l’acteur, raconte une vie qui débute dans le rêve et se termine dans le drame. Entre les deux, sa vie sera ponctuée de moments tantôt drôles ou noirs. Avec des films devenus des classiques dans lesquels elle donnait la réplique à des acteurs comme Trintignant, Delon, Piccoli ou Montand.
Parmi les clichés présents, deux sont à épingler plus particulièrement . Celui qui rassemble en 1976 Jean Gabin et Romy à la cérémonie des César. Et ce cliché pris à Orly en août 1968 où Delon est venu accueillir, dix ans après leur première rencontre, une Romy rayonnante qui va tourner dans le film «La piscine». Plus artistique, le cliché d’une Romy, dans la trentaine, vêtue d’un long pull et détendue figure parmi nos préférés.

 Mais plus que tout, Romy Schneider restera sans aucun doute comme le symbole de la réconciliation franco-allemande de l’après-guerre. Elle, avait choisi la France comme patrie de cœur. Et le public français ne l’a jamais oublié. En 2006, un sondage réalisé par le site web «L’internaute» classait en effet Romy Schneider en tête des actrices françaises préférées, devant Jeanne Moreau, Simone Signoret, Brigitte Bardot et Annie Girardot.

 Quant à ses films, ils s’imposent encore, en 2012, par leur qualité, par le talent de l’actrice (et de ses partenaires), mais aussi comme le témoignage d’une époque à jamais révolue.  « La piscine », « Les choses de la vie », « Le vieux fusil », « La banquière », « Une histoire simple », « L’important c’est d’aimer ».
Autant de classiques à voir et revoir.

 Philippe Degouy

 «Romy Schneider». Collection Destins de légende. Par Henry-Jean Servat. Éditions Hors Collection. 14 euros environ. 112 pages

 Couverture : éditions Hors Collection

 

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