Posté le 18 juin 2012 par Philippe Degouy

Les «1001 BD qu’il faut avoir lues dans sa vie»

Amateurs de phylactères, dévoreurs de BD, vous pensez sans doute tout connaître du monde de la bande dessinée? Vraiment ? Cette (grosse) anthologie publiée par les éditions Flammarion vous prouvera le contraire.  Tous les styles de BD sont représentés. Mangas, comics, romans graphiques… Diversité. Le mot est lancé et caractérise le travail réalisé.
«Innombrables sont les albums qui peuvent nous séduire, d’où que nous venions, quoi que nous aimions. La vraie difficulté est de s’orienter au milieu d’une production devenue pléthorique» explique le critique et scénariste de BD Benoît Peeters dans sa préface.
De fait. Ce genre littéraire enregistre, année après année un succès grandissant et peut désormais se targuer d’une légitimité reconnue, n’en déplaise aux ces esprits chagrins. «Comment pourrait-on délaisser la bande dessinée alors que le genre est si diversifié, si vivant? » poursuit Benoît Peeters. Face à cette production pléthorique, le collectif «Les 1001 BD qu’il faut avoir lues dans sa vie» peut (nous) vous servir de guide. Des sélections classées par ordre chronologique  et qui n’imposent aucunement des choix de lecture, malgré le titre de l’anthologie. À vous de piocher selon votre humeur du jour.

 BDluesLa révolte des indignés, dont certains portent le célèbre masque de V, rappelle fort à propos l’existence de l’album d’Alan Moore et David Lloyd, «V pour Vendetta». Un excellent classique. La guerre, autre sujet d’actualité sera-t-elle jamais aussi moche que celle décrite dans les albums de Jacques Tardi ? Relisez pour vous en convaincre l’album « C’était la guerre des tranchées ». Ou, dans un autre style, «Les chroniques de guerre» d’Ernie Pike.
Quant à la pornographie largement présente sur Internet, elle ne doit pas faire oublier les excellentes BD érotico-coquines de Georges Pichard, ou d’un Manara qui a su si bien magnifier la femme. Son «Déclic» est en effet devenu un classique du genre. Aussi révolutionnaire lors de sa sortie dans les années 80 que le film «Emmanuelle» au cinéma.

Au fil des pages se mélangent classiques lus et relus (Gaston Lagaffe , Jerry Spring, Buck Danny, Blake et Mortimer…) et curiosités tirées de la production internationale et qui font rarement les sujets de chroniques  dans le précarré de la BD franco-belge. BD sud-américaines, chinoises, ou africaines recèlent pourtant des pépites heureusement présentées dans l’anthologie. Un véritable monument qui permet aussi de créer la surprise comme ces albums aimés, oubliés des années, puis retrouvés ici. Avec un égal bonheur. Comme le RanXerox de Liberatore ou Luc Orient du dessinateur Eddy Paape, récemment disparu. Sans oublier le pur chef-d’œuvre western du tandem Charlier et Giraud (lui aussi disparu en 2012) : «La mine de l’Allemand perdu» et sa suite «Le spectre aux balles d’or». Oui bien sûr, nous aurions pu citer aussi Gil Jourdan, Adèle Blanc-Sec, Asterix et les autres. Ils sont présents dans ce coffre au trésor qui donne envie de puiser dans la bibliothèque familiale de quoi passer des heures de pur bonheur.  Laissons à monsieur Proust sa madeleine et gardons nos BD pour faire revivre nos bons souvenirs de jeunesse.

 Un ouvrage à consulter très souvent, carnet et crayon à la main pour y puiser des idées de lecture.  Amusante à lire avec ses 664 couvertures et extraits d’albums, l’anthologie propose plusieurs centaines de BD qui devraient exciter votre curiosité de bédéphile.

 Philippe Degouy

 «Les 1001 BD qu’il faut avoir lues dans sa vie» Préface de Benoît Peeters. Éditions Flammarion. 32 euros. 960 pages.

 Couverture : éditions Flammarion

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