Posté le 30 juillet 2012 par Philippe Degouy

Ces drones qui nous surveillent

Ils ne font jamais la Une des journaux. Et pourtant, ils sont omniprésents et bien actifs dans l’actualité internationale. Engagés au quotidien dans des opérations antiterroristes, ils évoluent dans les cieux hostiles. En Afghanistan, en Irak ou en Somalie. Les drones, ces petits avions sans pilote, guidés à distance et  chargés de missions de surveillance et de neutralisation d’ennemis terrestres.  L87141Docteur à la Sorbonne et spécialiste du sujet, le capitaine Océane Zubeldia publie aux éditions Perrin une histoire de ces machines volantes et de leurs usages. Tous les angles sont envisagés : technologique, militaire, psychologique ou civil.

De quoi mieux découvrir cet univers méconnu, controversé et générateur de questions d’ordre moral ou éthique.  Qu’en est-il par exemple de l’opérateur qui pilote un drone armé à des milliers de kilomètres du front? Est-il encore un soldat ? Et comment doit-il réagir psychologiquement par rapport à celui qui est amené à tuer au combat ? Une question qui n’entre pas en ligne de compte pour les autorités militaires qui doivent faire face, de plus en plus, au rejet par l’opinion publique de victimes alliées au combat. L’usage du drone permet dès lors d’engager une cible sans risquer la vie d’un pilote. Ni la perte potentielle de son avion.  Cette dernière donnée économique est loin d’être négligeable quand on sait que le prix d’un drone armé MQ-9 Reaper est de 10,5 millions de dollars contre 150 pour un chasseur F-22.
Aujourd’hui, les Etats-Unis et Israël dominent largement  l’industrie des drones, devant une Europe encore divisée sur l’usage des machines. En mai 2010, l’armée de terre américaine cumulait déjà un million d’heures de missions pour ses systèmes inhabités. Une donnée qui montre l’usage intensif de ces aéronefs devenus indispensables sur tous les théâtres d’opération. Et qui ne sont nullement réservés au domaine militaire. Nombreux sont en effet les usages civils développés. La protection de sommets politiques, la détection d’incendies de forêt, la lutte contre l’immigration illégale ou certaines missions scientifiques.

DronemoiUne technologie née à la fin du 19e siècle et qui est encore bien loin d’avoir atteint ses limites. Comme l’explique l’auteur, « la miniaturisation des drones permet d’ouvrir d’autres possibilités pour leur usage. Les Israéliens étudient ainsi la réalisation de drones de reconnaissance de la taille d’une carte de crédit et d’un poids d’à peine 100 grammes. Les progrès touchant à la miniaturisation transformeront très certainement les drones en robots. Ce que nous avons perçu jusqu’à présent n’est qu’un simple prélude . »
Un avis partagé par le général d'aviation français Michel Forget, auteur de la préface : « le drone ne relève pas d’une simple mode. Il est une réalité dont l’intrusion dans la vaste famille en constante évolution des vecteurs aériens crée des bouleversements dont l’ampleur reste encore à évaluer. »  

 Philippe Degouy

 « Histoire des drones. » Par Océane Zubeldia. Éditions Perrin, 238 pages. 20 euros.
www.éditions-perrin.fr

 Couverture : éditions Perrin. Photo du MQ-1 Predator : Philippe Degouy, Nellis AFB, Las Vegas

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