Posté le 4 juillet 2012 par Philippe Degouy

L’or maudit de Txlaka (BD)

Une Espagne décidément partout dans l’actualité. Y compris dans le monde merveilleux de la BD, avec « Conquistador ». Premier volet d’un diptyque publié par les éditions Glénat et qui plonge le lecteur au cœur de la conquête de l’ Amérique par les troupes de Cortés. Scénariste à la production longue comme le bras, Jean Dufaud et son dessinateur Philippe Xavier proposent un dépaysement estival digne des meilleures productions cinématographiques de l’âge d’or. Du  divertissement trois étoiles qui ne laisse guère de répit une fois débuté.

Conquistador-1-lart-en-bulles-44-nantesLe découpage composé de grandes cases verticales rend la lecture dynamique et un meilleur jeu des plans, avec notamment des séquences hommages à la mise en scène de Sergio Leone. Des gros plans de visages qui expriment une émotion au cœur de l’action. Et de l’action, vous en aurez dans cette histoire classique mais efficace.
Il est par ailleurs bien difficile avec ces planches sombres de ne pas ressentir avec les personnages ce climat d’oppression qui pèse sur l’album.

Un dessin et un scénario renforcés, si c’est encore possible, par les superbes couleurs de Jean-Jacques Chagnaud qui ajoutent encore un brin d'intensité à cette atmosphère irréelle de cette aventure aztèque.   

 Menacé par l’expédition punitive envoyée par le roi d’Espagne pour le punir de son goût prononcé pour les richesses des Amériques, Cortés imagine un plan diabolique pour sauver sa tête. Voler le trésor de l’empereur aztèque Moctezuma et l’offrir au roi en gage de loyauté. Il charge une équipe de mercenaires dirigés par un noble déchu, Hernando Royo, et une femme de caractère, Catalina Guerero de mener cette mission à bien. Une opération  risquée car les Indiens ne craignent plus les Espagnols qui ne sont plus à leurs yeux les hommes envoyés par les dieux.

Jamais les conquistadors n’auraient dû voler l’amulette de Txlaka, le dieu qui veille sur le trésor et qui sera réveillé par le prêtre Oczu, responsable des sacrifices humains. Les Espagnols en fuite avec l’or aztèque vont rapidement sentir le souffle de la mort.

Fantastique et récit historique se mélangent avec succès dans ce premier volume aux décors somptueux, comme la cité de Tenochtitlan reproduite dans ses moindres détails.

Petite question pour terminer. Comment va-t-on tenir jusqu’à la sortie du second tome ?  Une série qui ne peut que finir en apothéose.  

 Un album dédié par les auteurs  à Jean «Moebius» Giraud, maître de la BD d’aventure à grand spectacle récemment disparu .

 Philippe Degouy

 «Conquistador, tome 1» Scénario de Jean Dufaux, dessin de Philippe Xavier.  Couleurs de Jean-Jacques Chagnaud. Éditions Glénat. 64 pages, 15 euros environ

Couverture : éditions Glénat

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