Accueil Les Marchés Mon Argent Sabato

Posté le 13 juillet 2012 par Philippe Degouy

Manfred von Richthofen, l'ange aux ailes de sang

Adaptée de la vie de Manfred von Richthofen, l’as allemand surnommé  le Baron rouge, cette nouvelle série lancée par les éditions Zéphyr retrace l’étrange destin d’un pilote né pour se battre et qui a inspiré le respect dans les deux camps engagés dans la Première Guerre mondiale. Le sujet, souvent traité,  n’a rien d’original, mais l’angle choisi par le scénariste Pierre Veys mérite le détour. Plus axé sur la psychologie, en partie imaginée, du personnage et son don  de pouvoir lire dans les pensées de ses adversaires.  Un drôle de personnage ce Manfred dont on découvre dans ce premier volume la jeunesse et ses débuts de pilote après son passage dans la cavalerie. Goût pour la chevalerie resté intact tout au long de sa carrière de pilote, avec simplement un changement de monture.

 BalL’histoire débute par un flashback. Sorti victorieux d’un duel aérien avec un pilote français, von Richthofen se pose non loin de l’épave et observe son adversaire agonisant. Comme le chasseur venu chercher sa proie abattue.  «Quelle chose étrange. Il y a quelques minutes, nous étions ennemis. Tandis que là, je m’aperçois que nous nous ressemblons beaucoup. En temps de paix, nous aurions pu boire un verre ensemble.  Au lieu de cela, il a pris une balle et je le regarde mourir.» Sur un gros plan du visage du pilote allemand, clin d’œil à  Sergio Leone, l’histoire retourne dans le passé, au début de sa carrière militaire.

 Si le scénario est solidement charpenté, le dessinateur Carlos Puerta n’a pas à rougir avec un dessin fluide qui tire profit du cadrage des planches composées de grandes cases horizontales. Idéales pour les scènes aériennes cadrées serrées ou au contraire bien larges, pour profiter du décor. À cet égard, soulignons cette poursuite aérienne de toute beauté au-dessus de Bruges et résumée par la couverture de l’album. Une reconstitution de la cité flamande qui laisse sans voix.

 Pour l’anecdote, les amateurs du Fokker Dr1 entièrement peint en rouge devront patienter un peu. Le superbe triplan ne fait pas encore parler de lui dans ce premier tome. Un album qui marque le début d’une série prometteuse mais qui laisse un goût de trop peu. Pris par le jeu des auteurs, la fin de l’album arrive bien trop vite pour le lecteur captivé.

Au bal des mitrailleuses, chacun aura droit à la danse.

 Philippe Degouy

 «Baron rouge T1. Le bal des mitrailleuses.»  Scénario de Pierre Veys. Dessin et couleurs de Carlos Puerta. Zéphyr BD. 48 pages, 14 euros environ.

 Couverture : éditions Zéphyr

Réactions