Accueil Les Marchés Mon Argent Sabato

Posté le 8 mars 2013 par Philippe Degouy

Brouillard bleu, façon Gitanes, pour ce « Schnock (n°6) »

Besoin d’une petite pause pour s’échapper d'une certaine médiocrité ambiante ? Poussez donc la porte de « Schnock », en montrant patte blanche au videur. Jeunes cons, s’abstenir ! Le magazine des éditions La Tengo a certes l’œil vissé vers l’avenir (le prochain numéro) mais l’autre davantage rivé sur le rétro.  «Le passé est un pays lointain. Vous tenez entre les mains le passeport -bien tamponné- pour vous y rendre. »

SCHNOC~1Les petits gars, faites de la place à Serge Gainsbourg et sa face sombre. Le revoilà. Il était temps. De retrouver son insolence, son goût pour la provocation dans une époque prise dans le carcan du politiquement correct.
C’est connu, « Schnock » ne fait pas dans le recyclage people.  Au travers des reportages de ce tome 6, le lecteur découvre un autre Serge Gainsbourg . «Traité avec respect, mais sans complaisance. Avec admiration, soit, mais sans ronds de jambes. C’est  ‘Schnock’  ici, pas ‘Jours de France’. »
 À vous l’histoire de sa remontée sur scène avec le groupe Bijou ou celle de son tube « Bonnie and Clyde ». Savoureuses sont ses réflexions sur ses contemporains, teintées d’humour vachard. Et qui se souvient aujourd’hui de sa participation au dessin animé « Marie Mathématique de Jean-Claude Forest en 1965) ? Une drôle de curiosité.

Et s’il revenait sur le marché de 2013 ? « Comme l’artiste était aussi élitiste que l’homme était éthylique, il ne dépasserait pas l’accueil d’une maison de disques avec ses chansons sur la mort et le cul. » Vraiment ?

Star, artiste complet, c’est Gainsbourg. Mais l’aventure, c’est pour Bob Maloubier. Un espion français qui fut au service de Churchill avant de l’être pour la France. « À vingt ans, j’avais fait le choix d’une vie époustouflante et courte plutôt qu’ennuyante et longue ». Le parfait résumé du personnage raconté au sein de l’ouvrage.

Tony Comiti, photographe professionnel, retrace quant à lui la genèse de son portrait de Jacques Mesrine lors d’une sortie de cellule du quartier de HS à la Santé. Un cliché volé, risqué, et qui fera la couverture du livre de Jacques Mesrine, « L’instinct de mort ».

Au rayon culture underground, « Schnock » rend hommage à Jean-Michel Gravier, chroniqueur au « Matin de Paris » et auteur (regretté) de ce best-seller au titre emprunté à Mao, « Les héros du peuple sont immortels ».  « Jean-Michel Gravier écrivait en dehors des clous. » Cette seule phrase suffit à donner envie de lire cette bible dédiée à l’insolence.
Question cinéma, la rédaction a déniché une perle, rarement diffusée sur nos écrans, devenus désormais la chasse gardée des séries : « Les garçons qui venaient du Brésil ». Un thriller historico-politique de Franklin J. Schaffner (1978) qui relate le clonage d’Adolf Hitler dans les années 70 par le docteur Mengele.  Une daube? Avec Gregory Peck, Laurence Olivier et James Mason au générique, c’est peu probable.

 Difficile de déballer tous les trésors qui se découvrent au fil des pages. Nous vous laisserons donc le plaisir de savourer ces petits plaisirs d’antan. Et de retrouver des figures mythiques comme Romain Gary ou Jean Seberg, sublime dans « A bout de souffle ».

 Hé les petits gars, Gain’s barre sans rien dire. Levons nos Campari  Perrier à son retour inévitable vers les années 80, terres de liberté de ton. On y était heureux, sans le savoir. Adieu l’ami ! Et merci « Schnock » pour ce requiem pour un bon. Un monsieur Loyal qui a enfumé de ses Gitanes ce sixième numéro plus nostalgique que jamais. Sans jamais tomber dans le côté pleurnichard qui n’est pas le nôtre. « Mort aux cons ! » dites-vous ? Comme le disait le général (de Gaulle) : « ah, vaste programme ! » Amis du passé, reprenez avec nous le refrain de la confrérie des vieux Schnocks : « si vous aussi, vous ressentez l’envie d’échapper à l’hystérie de l’époque en faisant un pas de côté et en tournant le dos au jeunisme ambiant, ‘Schnock’ est faite pour vous. Ni rétrograde, ni passéiste. » 
Bienvenue chez vous !

 Philippe Degouy

 «Schnock. La revue des Vieux de 27 à 67 ans.» N°6. Éditions La Tengo. 176 pages, 14,5 euros.
 L'ouvrage est disponible en librairie. Il est également possible de le commander ou de s’abonner sur la boutique en ligne : http://boutique.la-tengo.com/50-schnock-n6.html / http://boutique.la-tengo.com/schnock/33-abonnement-schnock-4-numeros.html

Couverture : éditions La Tengo

Réactions