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août 2016

Posté le 29 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Voir le Mont-Saint-Michel et se sentir vivre

Décor majestueux de ce début du Tour de France 2016, le Mont-Saint-Michel reste une valeur sûre du tourisme normand. Pour preuve, ce nouveau guide du Routard, relooké, qui consacre ce lieu historique.
Une mine d’idées pour apprécier davantage la richesse d’une région, souvent jugée bien trop modeste eu égard à son patrimoine. Pour la petite histoire, le Mont est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979. La rédaction a raison de rappeler les propos de Victor Hugo : «Le Mont-Saint-Michel est pour la France ce que la grande pyramide est pour l’Egypte

MontUne perle plantée sur son lit de sable, majestueuse certes, mais qui ne doit pas faire oublier les autres pôles d’attraction du pays. Ils sont nombreux. Granville, Pontorson ou Avranches et sa place Patton. Sans oublier les multiples traces laissées par les armées alliées en 1944. Il ne faut pas manquer le cimetière américain de Montjoie-Saint-Martin, où reposent 4408 soldats.

Bourré de conseils, de bonnes adresses où dormir et se sustenter, le Routard distille également ses nombreuses anecdotes (comme l’histoire de la fameuse omelette de la Mère Poulard, le moyen de se libérer des sables mouvants...) ou ses petites histoires drôles. Qui devinerait ainsi que les habitants du village de Villechien sont appelés les…Toutouvillais ? Visiter, découvrir, d’accord. Mais la Normandie est également un paradis pour les amateurs de bonne pitance. On boit et on mange bien en Normandie. Avec l’agneau de pré salé, les coquilles Saint-Jacques, les crevettes grises, le homard de Chausezy ou la galette-saucisse, le tout arrosé de cidre.

Le Mont-Saint-Michel ? Plus de 2,5 millions de visiteurs par an ne peuvent se tromper. Ils font de ce rocher le troisième site touristique le plus fréquenté de France.

Philippe Degouy

«Pays de la Baie du Mont-Saint-Michel». Collection le Routard. Éditions Hachette. 113 pages
Couverture : éditions Hachette

Posté le 22 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Mortel sabbat pour l’inspecteur Pendergast

C’est devenu un rendez-vous littéraire annuel. Le retour de l’inspecteur Aloysius Pendergast. Attendu comme le messie par les fans de ce personnage récurrent imaginé par le duo d’auteurs américains Douglas Preston et Lincoln Child.
Le dernier opus de la série, «Mortel Sabbat» est disponible dans sa version française, publié par les éditions de l'Archipel. Qu’en penser ?

Égal à lui-même, l’inspecteur du FBI Aloysius Xingu Leng Pendergast aime se jouer des enquêtes complexes, tout comme des abrutis qui se mettent sur son chemin. Un personnage de policier albinos, toujours de noir vêtu, dernier descendant d’une famille de la noblesse du Sud des Etats-Unis. Avec lui, tout n’est que raffinement, répliques cyniques et intelligence largement supérieure à la moyenne. Pendergast et la mystérieuse Constance Greene, pour qui il fait office de tuteur, forment, depuis quelques romans, un couple étonnant. Qui déroute, sans nul doute.
Douglas Preston et Lincoln Child jouent avec délice de cette singularité pour amuser leurs lecteurs et dénoncer certains travers de notre société. Deux personnages surgis du passé, comme deux fantômes. Les auteurs ne manquent d’ailleurs pas de rappeler le teint spectral de leur cher inspecteur.

Pour ce nouveau roman, Pendergast livre une enquête à priori classique à Exmouth, petit port de la côte Est des Etats-Unis, non loin de Salem. Un artiste local, Percival Lake, l’a engagé pour retrouver le voleur du contenu de sa précieuse cave à vin. Sur place, l’inspecteur découvre une niche secrète où un homme a été emmuré vivant il y a bien longtemps. Les voleurs sont manifestement venus pour voler son squelette. Pourquoi ? Mystère. Quand un historien anglais est retrouvé assassiné avec des signes cabalistiques gravés sur son ventre, la vieille légende des sorcières de Salem refait surface. Tout comme les souvenirs de naufrageurs dont les descendants vivent à Exmouth. Pour Pendergast et Constance Greene, l’enquête prend une nouvelle tournure. Plus complexe qu’un simple vol de vin. Une enquête risquée à mener contre un ennemi plus retors que jamais. Comme surgi de l'enfer.

Mortel_sabbatAvec «Mortel Sabbat», les deux auteurs s’amusent à brouiller les pistes pour dérouter les lecteurs. Une intrigue habilement saupoudrée de faits véridiques liés à la sorcellerie avec de nombreux personnages secondaires dont le masque tombe au fur et à mesure. Quant à parler d’intrigue, parlons-en au pluriel, car une deuxième se greffe sur la première dans le dernier tiers du roman. Avec des rebondissements qui risquent de frustrer le lecteur qui attend une fin classique. Les auteurs savent manier l’art de surprendre et leur épilogue va vous faire bondir. De rage ou de joie, c’est selon. Mais n’en disons pas plus, de peur de briser l’architecture savamment construite par nos deux compères. La suite s'annonce déjà captivante.

Le Maine, Salem, la chasse aux sorcières… autant d’allusions à peine voilées à l’univers du maître de l’horreur : Stephen King. Un clin d’œil qui s’accompagne d’une fine allusion au film de John Carpenter, Fog. Autant de private jokes que les auteurs aiment distiller roman après roman, à l’intention de leur public fidèle.

Par ailleurs, contrairement à d’autres romans de la série, celui-ci ne nécessite pas d’avoir lu le précédent. Il se révèle donc parfait si vous comptez aborder le rivage de l’univers de cet inspecteur sulfureux, sorte de Sherlock Holmes à l’américaine, nourri de légendes sudistes et fin tireur, avec son arme fétiche, le Les Baer M1911 calibre 1945.

Terminons par un coup de chapeau pour la couverture. Sobre mais efficace avec ce crâne qui semble narguer celui qui le fixe. Il a beau jeu de sourire puisqu’il connaît, lui, le sort qui sera réservé aux fans de Pendergast dans le prochain tome. Une suite qui se devine dantesque au vu de l’épilogue ce «Mortel Sabbat». Mais chut.
Ouvrez-le et lisez-le. Si vous l’osez! Et rendez-vous en mai 2017 pour connaître la suite. Bonjour chez vous.

Philippe Degouy

«Mortel Sabbat», thriller de Douglas Preston et Lincoln Child. Éditions de l’Archipel. 374 pages
Couverture : éditions de L’Archipel

Posté le 20 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Duel à trois pour les frères H

Deux frères, Hélis et Hélias, irascibles mais inséparables, restaurent un ancêtre automobile. Bichonnée après de longs mois de dur labeur, elle n'attend que le grand départ, à l’occasion des vacances estivales. Les deux H prennent la route pour le cœur du désert californien, vers l’inconnu. Histoire de baptiser cette voiture rénovée à grand renfort d'huile de coude et de partir en quête d'aventure. En chemin, ils croisent une épave de dépanneuse, comme abandonnée au bord de la route désertique. L’endroit idéal pour soulager une vessie. À l’ombre. Mais sitôt repartis, la dépanneuse démarre et s’en prend aux deux frères, d'abord effrayés puis décidés à remonter les bretelles de leur poursuivant. Si la dépanneuse a un chauffeur...humain. Une lutte à mort s'engage, avec le désert pour théâtre. Qui de la dépanneuse infernale ou du tacot piloté par les deux frangins sortira vainqueur de cette route de l’enfer ? Réponse dans un épilogue plutôt...surprenant.

Réalisée par Dominique Monfery, Evil road, BD publiée par les éditions Paquet, se veut nerveuse comme un dessin animé de Tex Avery. Avec ces deux frères traqués par un grand méchant loup planqué dans une vieille dépanneuse rouillée. Deux sacrés personnages qui n'ont pas leurs langues en poche. De quoi nous réserver des dialogues percutants.

EVIL ROADLes cinéphiles auront certainement une pensée pour le classique de Spielberg, «Duel», ce road movie fantastique (au propre comme au figuré) qui a largement inspiré Dominique Monfery. Sa BD, hommage au mythe, pourrait d’ailleurs s’intituler Duel au soleil, 40 ans après. L’un des frangins ressemble d’ailleurs au personnage principal du film, mais avec l’âge en plus. D’autres références cinématographiques ou littéraires sont glissées dans le scénario. Comme ce porte-clés en forme de fusée lunaire, petit clin d’œil à Hergé.

Si la BD se lit avec la même vitesse que le rythme infernal imposé par l'auteur, la dernière case de l’album rebat les cartes. Et laisse le lecteur dubitatif. Les deux frères ont-ils rêvé cette escapade dans le désert ou pas ? La question reste ouverte, et laisse à chacun le soin de choisir sa réponse.

Un album lu, puis relu. Pour le plaisir. Et profiter davantage de la beauté des décors de cet Ouest américain souvent utilisé dans les films au point de devenir un personnage à part entière.

Une lecture en forme de coup de cœur pour une BD plus complexe qu’elle semble au premier abord. Semblable au jeu de bonneteau. La vérité est ailleurs. Coup de chapeau à l’auteur pour ce joyau tour de passe-passe.
Mais avec tout cela, on ne connaîtra jamais la fin de l’histoire de bicyclette qui semble hanter les deux frangins à l’enfance tourmentée. Après tout, qu’importe. Voilà un album qui tient la route, et laisse son lecteur satisfait.

Philippe Degouy

«Evil road», par Dominique Monfery. Collection Calandre. Éditions Paquet, 48 pages
Couverture : éditions Paquet

Posté le 19 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Avec Mireille Darc, un ange est passé dans «Schnock»

Pour son numéro estival (n°19), «Schnock» fait grimper la température. D’un coup, avec une cover plutôt coquine, dédiée à Mireille Darc, drapée dans cette charmante robe Guy Laroche, devenue aussi mythique que le maillot blanc d’Ursula Andress dans Dr No. Une robe «décolletée jusqu’aux limites de la correctionnelle» déclarait avec humour Francis Veber. De fait, quelle audace. Sans doute la scène la plus mémorable du film «Le grand blond avec une chaussure noire» avec Pierre Richard. Mireille Darc? Une silhouette callipyge au visage espiègle enveloppé d’une chevelure blonde comme les blés. C’est aussi plus de 52 films tournés, avec les plus grands acteurs et réalisateurs. Bernard Blier, Jean Gabin, Lino Ventura, Michel Audiard ou Georges Lautner, Alain Delon ou Jean Yanne. «L’abonnée au cliché de la ravissante idiote mais pas si conne en fin de compte

Couv_schnock_19Comme en témoigne le long entretien accordé à «Schnock» et dans lequel elle dresse un bilan de sa carrière. Sans remords ni regrets. «Ce qui m’a le plus aidée, c’est d’en baver. J’ai fait les rencontres qu’il fallait faire. Je n’ai jamais tiré les sonnettes ni rien demandé à qui que ce soit.» Le résultat?
«Les barbouzes», «Les seins de glace», «Galia», «Ne nous fâchons pas», «Monsieur», «Le grand blond» et sa suite… Sans oublier la saga estivale de 1992, «Les coeurs brûlés». Excusez du peu.

Une jolie (fausse) blonde qui permet également à la rédaction de revenir sur les femmes d’Audiard. Celles qui ont marqué ses films. De sacrés numéros, comme Françoise Rosay, Marlène Jobert ou Dany Carrel. «Mireille, pour moi c’est un copain. Je peux pas dire que je la considère comme une bonne femme» expliquait le cinéaste.

«Schnock» ravive également les souvenirs de «l’ange». Ce surnom donné par le journal «L’Equipe» au champion cycliste luxembourgeois Charly Gaul. Le «Rimbaud du Tour de France», éternel rival de Louison Bobet. Pour ce dernier, «Charly n’était pas un coureur comme les autres. Ce n’était pas un homme mais un être surnaturel
C’est vrai que Charly Gaul est encore considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs grimpeurs de l’histoire du cyclisme. Un champion qui a gagné un Tour de France et deux Tours d’Italie dans des conditions qui ont forgé son mythe. De quoi contredire son nom, Gaul, qui signifie en dialecte luxembourgeois un mauvais cheval.

Cinéma, sport mais aussi musique au sommaire de «Schnock», qui n’est jamais le dernier pour raviver les bons souvenirs. Comme l’histoire de ce tube chanté par Patrick Hernandez en pleine période disco. «Born to be alive». Né pour être vivant. Joli pléonasme qui constitue aujourd’hui une belle rente d’un millier d’euros par jour.
À noter également ce portrait d’un artiste qui a marqué le blues à défaut d’être populaire. Le guitariste amérindien Jesse Ed Davis, accompagnateur de John Lennon, Eric Clapton ou de Taj Mahal. Un destin tragique pour un bluesman qui mélangeait les styles. À redécouvrir sans tarder. Tout comme «Et la tendresse bordel!» Son acteur principal, le Suisse Jean-Luc Bideau revient sur cette comédie devenue culte pour certaines scènes.
Bien d’autres sujets composent ce numéro estival à ne pas oublier dans la 2CV familiale, bien chargée pour rejoindre les campings du Midi, par les nationales bien sûr. «Schnock», le mook qui ouvre les portes du temps vers ces années 70 à 90. «Ni rétrograde, ni passéiste», juste un appel d’air vers ce patrimoine culturel à redécouvrir, excellent pour le palpitant .

Philippe Degouy

«Schnock n°19». La Tengo éditions, 178 pages, 14,5 euros
Couverture : La Tengo éditions

Posté le 19 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«L'original on m'appelle»

Vétéran de la guerre d’Algérie et de toutes les guerres perdues depuis lors, Roland Picot est un flingueur, un sicaire solitaire qui aime son travail. Faut pas le chercher le père Roland. Il flingue, il cogne. Par souci du travail bien fait, mais aussi par plaisir de l’ordre. Quand il dérouille deux petits macs drogués, il ne peut s’empêcher de leur faire la morale, «ça vous parle l’amour de la symétrie, l’ordre, la discipline, tout ça?» Oui, mais comment lui répondre distinctement avec la gueule en sang?
«L’original on m’appelle. Ce qui m’a toujours plu, à moi, c’est le contact direct. Sentir sourdre l’âme du mec à qui je viens de coller une balle dans la têteOriginal
Quand son pote Henri, alias Riton, le branche sur un vol d’armes, le flingueur flaire le bon coup. Des armes bienvenues pour alimenter les contras qui combattent les communistes. Le coup proposé par monsieur Henri est simple : récupérer un camion d’armes volé par de jeunes gauchistes parisiens. Mais l’original tombe dans un coup fourré, une embuscade. Il y a des pertes. Son pote Henri l’a balancé. Tout simplement. Pour effacer ce flingueur qui en sait trop sur le milieu.
Avec Audrey, une jeune gauchiste rescapée de l’embuscade, Henri rejoint sa planque provençale, son Fort Alamo, pour combattre ses adversaires sur son terrain. Une dernière fois, les armes à la main. Avant de tomber, il en enverra un bon paquet de porte-flingues au boulevard des Allongés.
Puisque son époque d’hommes d’honneur est terminée, l’original veut finir en beauté. La vie lui doit bien cela. Comme une dernière faveur accordée au soldat d’élite qu’il était.

Un thriller, sans temps morts, réalisé par Emmanuel Moynot («L’homme qui assassinait sa vie», «Qu’elle crève la charogne»…) sous la forme d’un roman graphique particulièrement efficace. Un album aux couleurs sombres comme l’âme du personnage principal et dont l’originalité repose sur la confrontation idéologique entre cet ancien barbouze revenu de tout et la jeune Audrey, gauchiste aux idées révolutionnaires de cour d’école. «Tout ce qui vous préoccupe, c’est la bravoure, le mérite et toutes ces conneries fachos » lui crache-t-elle à la figure.
«Dans la vie, les gros bouffent les petits et Dieu reconnaîtra les siens. Savoir où est ta place. Savoir la garder, la défendre et défendre les tiens. Bats-toi pour ton camp» lui réplique-t-il.

Des dialogues qui claquent comme des coups de fouet, échangés par deux représentants d’idéologies antagonistes et rassemblées par la force des choses. Les cinéphiles ne manqueront pas de pointer les allusions au cinéma distillées dans l’album. On pense notamment à «L’inspecteur ne renonce jamais » avec Clint Eastwood ou «Carnage» avec Lee Marvin. Quant à parler de cinéma, voilà un scénario qui pourrait donner lieu à une adaptation à succès.

Philippe Degouy

«L’original», par Emmanuel Moynot. Éditions Casterman, 80 pages, 18 euros
Couverture : éditions Casterman

Posté le 18 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Si Paris m’était raconté…

Paris vaut bien une messe, soit, mais il en faut bien plus pour raconter son histoire. Riche, étonnante. Comme celle de ces 110 lieux choisis par le chroniqueur Frédérick Gersal, présent sur F2 et F3. Paris ? Sa passion. Qui l’amène à faire revivre, avec ce livre, son histoire plutôt mouvementée. En suivant les siècles, il raconte la genèse des monuments, parcs, musées et cimetières qui forment la richesse de la capitale. «C’est une véritable leçon d’histoire, d’architecture et d’amour à ciel ouvert, à laquelle je vous convie». Suivez le guide.

PARISGERSALUne balade historique ponctuée de clichés en couleurs ou de reproductions de documents sortis des bibliothèques. À vous l’histoire du Père-Lachaise, le cimetière le plus people de Paris, plus vivant que jamais avec sa foule de touristes qui déambulent dans les allées à la recherche de tombes célèbres. Envie de connaître le frisson avec les origines des catacombes ? Ou l’histoire étonnante de la «maison de Molière», la Comédie-Française. Savez-vous que l’hôtel de Matignon possède le plus grand parc privé de la capitale ? Depuis Raymond Barre, chaque Premier ministre y a planté un arbre à son arrivée… excepté Jacques Chirac.
Quant au zouave du pont de l’Alma, qui sert de mesure de crue, Frédérick Gersal souligne que le modèle à l’origine de la statue, choisi par Napoléon III, se nommait André-Louis Gody. Cela peut servir pour briller dans les soirées.
Qu’était cette fameuse cour des Miracles au Sentier ? Pourquoi parle-t-on de place Blanche ? Qui peut se targuer d'être le troisième monument le plus visité de Paris ? Tout cela se retrouve, avec bien d’autres lieux mythiques, raconté dans ce guide, qui navigue entre histoire et tourisme.

Les 110 fiches qui composent l’ouvrage sont ponctuées de petites bulles permettant de révéler des coups de coeur ou de nombreuses anecdotes. Pourquoi la célèbre avenue des Champs-Élysées porte-t-elle ce nom tiré de la mythologie grecque ? Des expressions imagées sont souvent nées dans les rues de Paris. Comme celle relative au fait de «payer en monnaie de singe».
Au gré des chapitres, on y découvre aussi des lieux qui ont changé notre vie quotidienne. Descendons à la station de métro Les Sablons par exemple. C’est ici que furent plantés à Paris les premiers plants de pommes de terre par Antoine-Auguste Parmentier.

Beaucoup d'autres découvertes composent cet ouvrage coloré, rédigé sur un ton vivant. Ouvert au savoir mais aussi et surtout à la curiosité d’un lectorat sans doute déjà conquis par le charme de la Ville lumière.

Philippe Degouy

Frédérick Gersal raconte Paris. 110 lieux mythiques. Éditions Hachette. Nouvelle édition. 256 pages
Couverture : éditions Hachette



Posté le 18 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Cinq au tapis et c’était la gloire. Les as de la Navy (1941-1945)

Si le grand public amateur d’aviation peut aisément citer les noms de quelques pilotes américains présents en Europe durant les années 40, il n’en va pas de même en ce qui concerne le front du Pacifique, bien  méconnu de ce côté de l’Atlantique. «Sur les quelque 1300 as américains de la Seconde Guerre mondiale, 357 ont appartenu à l’US Navy, dont 307 ont décroché ce titre à bord du F6F Hellcat».

Un nouveau hors-série du magazine Aerojournal vient combler cette lacune. Car ces pilotes méritent une large part de l’honneur accordé aux aviateurs qui ont combattu l’ennemi durant ces années de fer et de feu. Et dans des conditions bien plus hostiles que leurs homologues du front européen. Comme combattre au-dessus de vastes étendues maritimes peuplées de requins ou de jungle. De quoi ajouter encore au risque de ne pas revenir de mission. Quant aux pilotes japonais, ils n’étaient pas moins coriaces que les as de la Luftwaffe. Bien au contraire.
Fermons la parenthèse pour plonger au cœur de ce passionnant travail rédigé par C.J. Ehrengardt, fidèle collaborateur aux éditions Caraktère. Un numéro indispensable, qui concerne un sujet qui n’a jamais existé….officiellement. Si les autorités ne tenaient pas de palmarès des pilotes, ces derniers s'en chargeaient. C’est ainsi que l’on peut estimer à 6.826 le nombre d’avions ennemis abattus par l’US Navy.

ASBien documenté, le hors-série retrace les grandes campagnes aériennes menées par l'US Navy après le sursaut consécutif à Pearl Harbour. Mais également un portrait des machines utilisées et le portrait des grandes figures de l’US Navy. Avec de nombreuses anecdotes, tantôt drôles, tantôt insolites. Comme cette victoire obtenue sur un «Jake» par deux frères, Alton et Grant Donnelly. Des pilotes au tempérament bien affirmé et souvent dotés d’un humour aussi solide que leurs avions. À l’instar de Wilbur B . Webb dont une plaisanterie est restée célèbre lors de ce fameux tir aux pigeons du 19 juin 1944 : «à tous les chasseurs américains près de la péninsule d’Orote. J’ai encerclé 40 Japs et j’ai besoin d’un peu d’aide».

Les témoignages repris au fil des pages soulignent l’âpreté des combats. Sans compter la lutte contre les kamikazes, féroce et surprenante pour des pilotes américains déroutés par cette façon de combattre.
Un document, à l'iconographie riche et souvent inédite, qui remet la vérité à sa juste place et brise des idées reçues.
Ainsi, si le Corsair est devenu le symbole de la guerre aérienne dans le Pacifique, grâce à la télévision, c’est pourtant avec le F6F Hellcat, ce chat de l’enfer, que les pilotes de l’US Navy ont enregistré la majeure partie des victoires dans le Pacifique.

Philippe Degouy

Aerojournal Hors-série n°24. Les as de l’US Navy dans la guerre du Pacifique 1941-1945, par C.J. Ehrengardt. Éditions Caraktère, 114 pages
Couverture : Jerry Boucher

Posté le 18 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Alpha et l'omerta

Poursuivi par la CIA, l'agent Dwight Tyler décide de se venger des commanditaires du piège dans lequel il est tombé lors d’une précédente mission (lire les tomes précédents). Sa vendetta le conduit sur les traces du révérend Howtrey, impliqué dans l'affaire. Un intégriste raciste, loin d’être honnête et à la tête d’une milice de motards, les Blitz-riders. Pour Alpha, il est temps de rejoindre Riga dans le Montana pour donner un sérieux coup de pied dans la fourmilière de ce révérend qui n’aime pas son prochain. Sans douceur.

Cross-over de la série Alpha, réalisée d’après le personnage créé par le tandem Jignouvov et Renard, Premières armes relate la genèse de la carrière d’espion de Dwight Tyler, alias Alpha. Un homme qui n’agit qu’à sa tête lors de ses missions. Sorte de James Bond, sans les gadgets et la distinction britannique. Cheveux longs et humour cynique à tous les étages.
Une série d’espionnage qui fleure bon les années de guerre froide même si cette ambiance a tendance à s’effacer avec le temps et les albums. On aime ou pas, d'accord, mais il faut saluer le dessin précis, presque chirurgical d’Alain Queireix. L'auteur prend manifestement plaisir à dépeindre les paysages nord-américains dans Nouveau round, troisième tome de ces Premières années.

Les planches sont superbes et mettent en valeur les nombreuses scènes d’action qui ponctuent ce volume.
Alpha-premieres-armes-tome-3-nouveau-roundQuant au scénario d’Emmanuel Herzet, il suit la tendance de cette série, avec des histoires loin d’être simplistes. Il est nettement conseillé d’avoir lu les tomes précédents (Baptême du feu, Solo) pour la bonne compréhension de ce Nouveau round. Certaines ficelles sont très grosses, certains raccourcis hasardeux, soit, mais l’ensemble se laisse découvrir avec plaisir.
Un tome qui multiplie également les allusions au cinéma (Gran Torino, la présence de Tommy Lee Jones …) et à d’autres BD (le routier canadien Laviolette de la série des Casseurs). Les connaisseurs s’amuseront à les retrouver.
Une aventure qui se termine par une jolie pirouette. Nettement inspirée, ceci dit, du film d'action Le Chacal, version Michael Caton-Jones.
Vous retrouverez Alpha dans Matriochkas (à paraître).

Philippe Degouy

Alpha. Premières armes. Nouveau round. Scénario d’Emmanuel Herzet. Dessin d’Alain Queireix. Éditions du Lombard, 48 pages
Couverture : éditions du Lombard

Posté le 17 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«I Walk the Line», l'amour éternel selon Johnny Cash

«Hello I’m Johnny Cash». The Man in black is back! Avec son essai publié aux éditions Le Mot et le Reste, l’auteur-compositeur français Silvain Vanot retrace la carrière et l’influence musicale de Johnny Cash en partant de son tube emblématique, «I Walk the Line». Une chanson dédiée à la fidélité, à l’amour éternel et utilisée ici comme fil rouge pour une redécouverte d’un monument de la culture américaine.
Johnny Cash, qui se surnommait «l’homme en noir» pour sa défense des pauvres, des taulards et de tous les accidentés de la vie, ne jouait pas un rôle. Durant son enfance, il avait connu la pauvreté, terrible, dans une famille digne d’un roman de John Steinbeck. Et pourtant, avec l’aide de sa foi en Dieu, d’une voix et d’un caractère exceptionnels, il avait réussi à devenir cette personnalité musicale dont l’aura influence toujours la nouvelle génération de chanteurs de country. Ce genre musical méprisé par les critiques, cette musique de paysans, ces rednecks de l’Amérique profonde qui ont pourtant fait de ces chansons le genre musical préféré des Américains.

«La première fois que j’ai entendu Johnny Cash, c’est quand il a sorti ‘I Walk the Line‘, en 1956. Ça ne ressemblait pas à la musique country qui marchait à l’époque. Il émanait de John (le vrai prénom de Cash, ndla) une sorte d’énergie négative» déclare Kris Kristofferson, acteur, chanteur folk et ex-membre du groupe the Highwaymen (avec Waylon Jennings, Willie Nelson et…Johnny Cash).

Johnny CashMusicien, Silvain Vanot apporte l’avis et les connaissances d’un professionnel sur la musique de Johnny Cash. Monsieur Johnny Cash. Son ouvrage n’est pas une biographie pour lecteur avide de potins. Non, il préfère limiter ses propos au talent de l'artiste pour brouiller les pistes. Notamment avec l’opposition présente entre les styles des chansons. Comme «I Walk the Line», credo d’une vie bien rangée et honnête, et «Folsom Prison blues», récit fictif d'un criminel et hommage aux taulards pour qui Cash a donné des concerts. Dont celui resté dans toutes les mémoires. Celui du 24 février 1969 à la prison de San Quentin. Drôle d’endroit, d'ailleurs, où chanter une chanson comme «I Walk the Line». Avec un public composé de criminels de la pire espèce. L’ambiguïté, toujours, affichée par Johnny Cash.
Silvain Vanot le souligne très bien, «toute sa vie, Johnny Cash n’a cessé de basculer entre le bien et le mal dans ses chansons. Il a insisté jusqu’au dernier jour sur sa fragilité, n’a jamais joué au parangon de vertu, en rajoutant même un peu au passage

Chapitre après chapitre plane l’ombre du patriarche à la voix reconnaissable entre toutes. Un chanteur populaire, au propre comme au figuré, qui a eu la chance de ne pas connaître une fin de carrière pathétique, solitaire. Sur la fin de vie, usé et brisé par la mort de sa femme, June Carter, Cash avait su rebondir après avoir croisé le chemin du producteur Rick Rubin, spécialiste de... métal et de rap. De quoi finir en beauté, debout, sans débotter.

Aujourd’hui, «I Walk the Line», qui donne son titre à cet essai passionnant, reste une belle chanson, certes, mais qui a pris un peu de bouteille. Avec un petit goût suranné, mais buvable.
L’ouvrage se referme sur la liste de ceux qui ont tenté de reprendre ce tube, avec plus ou moins de bonheur. La palme de la meilleure reprise revient sans nul doute aux Everly Brothers avec une version limpide. Juste superbe. Par curiosité, il vous reste aussi à découvrir «I Walk the Line» en allemand («Wer Kennt Den Weg»), chanté par Johnny Cash himself. Une curiosité extraite parmi toutes les autres, présentes dans cet essai attachant dont l’intention «n’est pas de passer ‘I Walk the Line’ au tamis de la critique biographique» Ce qui est certain, c’est qu’il donne une furieuse envie de redécouvrir la discographie de ce sacré personnage, pur produit du terroir. Authentique. Born in the USA.

«I keep my eyes wide open all the time. As sure as night is dark and day is light» (J. Cash, I Walk the Line)

Philippe Degouy

«Johnny Cash. I Walk the Line», par Silvain Vanot. Éditions Le Mot et le Reste, 120 pages, 13 euros
Couverture : éditions le Mot et le Reste

Posté le 16 août 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Hommage à Elvis Presley, disparu voici 39 ans

Disparu le 16 août 1977, le roi du rock est toujours bien vivant. Ses disques se vendent toujours très bien, les fans défilent à Graceland. Elvis Presley alimente toujours la passion de ses fans grâce aux rééditions d’albums. De très beaux livres se chargent de raviver les souvenirs et remplir la bibliothèque des fans.

À l’occasion du 39e anniversaire de sa mort, nous vous présentons une petite sélection de livres lus et commentés. Partons ensemble sur la route d'Elvis. «I was the one!»

Philippe Degouy

Elvis, «le king en devenir»

1956, un jeune chanteur de rock de 21 ans débute sa carrière. Son nom? Elvis Presley. Pour mieux le faire connaître au grand public, sa maison de disques, RCA Victor, demande au photographe Alfred Wertheimer de réaliser une séance de photos et d'immortaliser les débuts de cet artiste timide et mal dégrossi venu du Sud profond. Avec Elvis, «j'étais un journaliste avec un appareil photo en guise de plume
ELVISBONEntre les deux hommes, le courant passe rapidement, si bien qu'Elvis laisse le photographe le suivre au cours de ses déplacements, ses répétitions ou ses moments plus intimes au sein de sa famille. Des photos spontanées et encore libres du carcan médiatique qui allait étouffer l'idole des jeunes quelques années plus tard. Un Elvis encore heureux, accessible. Pour très peu de temps encore. Parmi les clichés présentés, retenons celui, superbe, où Elvis fixe un mur recouvert de photos d'artistes reconnus avec une moue qui semble dire: «moi aussi je serai un jour sur ce mur.»
Elvis. Le King en devenir. 225 pages. Photographies d'Alfred Wertheimer. Editions Luc Pire/La Renaissance du livre

Ouvrez le livre aux trésors d’Elvis

Outre son érudition, bien loin des ouvrages purement «people», ce magnifique coffret rend hommage à Elvis de bien belle manière. Basé sur des sources de premier plan, Robert Gordon revient sur la carrière du king en y apportant quantité d'anecdotes. ELVIS2BONOutre le texte, très bien documenté, l'éditeur et l'auteur ont eu la bonne idée de glisser des reproductions de documents personnels qui permettent aux lecteurs de se rapprocher d'Elvis. Des photos de promo, des affiches de films, des lettres manuscrites, le ticket du premier concert important d'Elvis. Mais aussi des tickets pour le fameux '68 Comeback show ou pour le concert en mondiovision à Hawaii. En bonus, le coffret offre aussi un cd d'interviews. Une véritable pièce de collection, simplement magnifique.
Elvis Presley, le livre des trésors. Par Robert Gordon. 49,90 euros. K&B éditions.

Elvis, les fans et l’ethnologue

Les fans d'Elvis. Qui aurait eu avant Gabriel Segré l'envie de leur consacrer une thèse universitaire, puis un livre? Ethnologue et maître de conférence, Gabriel Segré a ainsi suivi durant des mois ces fervents admirateurs d'Elvis Presley pour découvrir le pourquoi et le comment de cette admiration sans limite frôlant quelques fois le mouvement sectaire.
ELVIS4BONPour beaucoup d'entre eux, Elvis est réellement devenu une sorte de phare qui les aide à surmonter une vie d'obstacles et d'événements malheureux. Sans moquerie, souvent avec étonnement, le scientifique a cherché à comprendre, au fil des témoignages de témoins, comment un jeune blanc, pauvre au possible, a pu devenir une sorte de dieu personnifié.
Au nom du king. Elvis, les fans et l'ethnologue. Par Gabriel Segré. Editions aux lieux d'être.

Elvis par les Presley

Cet album, axé sur une très belle iconographie, donne la parole aux proches d'Elvis: son ex-femme, sa fille, sa tante...et jusqu'à la cuisinière. Illustré de très nombreux documents personnels, l'album dresse le portrait de l'homme qui se cachait derrière la star. ELVIS5BONUn homme très entouré, mais souffrant terriblement de solitude. Un homme déchiré par la perte de sa mère et n'ayant jamais accepté réellement son statut de dieu vivant.
Elvis par les Presley. Editions Michel Lafon

Ensemble, sur la route d’Elvis

C'est le parcours extraordinaire d'un petit Blanc né dans un quartier pauvre et noir de Tupelo (Mississippi) en 1935 que raconte ici Patrick Mahé. Ancien rédacteur en chef de Paris Match , il nous fait partager avec passion La route d'Elvis de Tupelo à Memphis, Mississippi, en passant par Las Vegas ou l'Allemagne. Une passion pour Elvis qui aurait pu lui faire prononcer aussi l'hommage rendu par John Lennon: «Personne ne m'a jamais vraiment touché jusqu'à ce que j'entende ElvisELVIS6BONL'auteur consacre plusieurs chapitres, fort complets et amusants, à l'influence d'Elvis sur des chanteurs comme Johnny Hallyday ou Dick Rivers, dont le nom de scène a d'ailleurs été emprunté à un personnage joué par Elvis dans Loving You , Deke Rivers... Une anecdote parmi tant d'autres racontées dans ce livre qui fera le bonheur de tous les fans du King.
Sur la route d'Elvis. Par Patrick Mahé. Editions Grasset. 323 pages.

Ladies and gentlemen, «Elvis has left the building». Forever young.

Philippe Degouy

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