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septembre 2016

Posté le 30 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Bronson, la montagne au sourire de pierre

De Charles Buchinsky, alias Charles Bronson, on retient, à tort, ses derniers films (notamment les suites du Justicier dans la ville), tournés dans les années 80. Purs produits de consommation destinés à rapporter des paquets de dollars sur un personnage identique : le justicier tueur de dealers, de petites frappes. Mais Bronson était-il encore Bronson à cette époque ? Bouffi, au visage martyrisé par la chirurgie esthétique. Bien loin de ce visage d’Indien buriné aux moustaches de gitan qu'il offrait aux spectateurs à ses débuts d'acteur. Ces films des années 80, devenus un genre à part dans les rayons, et dans lesquels Charles Bronson «devenait une attraction de fête foraine. On le visitait comme on entre dans un train fantôme, en riant».

Aujourd’hui, méprisé par les cinéphiles et la critique, absent des programmations télévisées, Charles Bronson se refait le portrait sous la plume du journaliste Arnaud Sagnard. Cinq ans de recherches, d’entretiens et de visions de films pour publier «Bronson» (éd. Stock). Un premier roman. Un roman ? Plutôt une exofiction. L’objectif de l’auteur ? Faire tomber le masque de la star et déceler ce qui se cache derrière ce «sourire de pierre», pour reprendre l’expression du réalisateur Samuel Fuller.
S’il suffit aujourd’hui de dire que l’on aime les films de Bronson pour faire naître un sourire imbécile, il faut pourtant se rappeler les grands classiques tournés par cette montagne de muscles : Les sept mercenaires, Il était une fois dans l’Ouest, La grande évasion, Adieu l'ami, Le passager de la pluie, L’homme au masque de cire, Les 12 salopards, Monsieur St Yves…

BRONSONL'enquête biographique, menée par le narrateur, qui n’est autre que l’auteur lui-même, se base sur un film joué par Charles Bronson, The Mecanic (mal traduit en français sous le titre Le Flingueur). Un film étonnant, méconnu, qui permet de retracer par l’exemple toute la mécanique de jeu développée par cet acteur taiseux, dont les émotions s’exprimaient plus par la gestuelle que par la bouche. Ce qui rend son approche d’autant plus difficile. Comme s'il vous venait à l'esprit de grimper sur une roche lisse à mains nues. Un acteur, comme taillé dans la pierre, au sourire plein d’assurance, capable semble-t-il de faire face à tout. Et pourtant, derrière cette carapace, se cachait un être fragile, salement amoché par la vie et parti avec un sérieux handicap dans la vie. Naître dans une famille d’émigrés slaves, devoir passer sa jeunesse au fond d’une mine avec son père et des frères. Puis risquer sa peau dans un bombardier au-dessus du Pacifique avant de pouvoir goûter, enfin, au rêve américain, sous le soleil de Californie. Des films centrés sur son physique, à défaut d'avoir un jeu plus intellectuel.
Dès ses premiers rôles, ses compagnons de tournage, comme les réalisateurs, ont tous cherché à comprendre qui était Charles Bronson, cet acteur soucieux de ne jamais se dévoiler, d’éviter le mot de trop. «Il n’est pas fait de muscles mais de nerfs. Le nerf Charles Bronson, le plus souvent filmé à son plus haut degré de calme et d’impassibilité. Il veille, comme la vie et la mort toujours en activité en dessous des choses». La mort, troisième personnage de ce roman. Omniprésente, soucieuse de se rappeler au bon souvenir, tant de l’acteur que de l’auteur.
«Si les morts pouvaient parler, ils auraient sans doute la voix de Charles Bronson». Une phrase, terrible, qui reste en mémoire, longtemps après avoir refermé le roman. «La mort ne l’abandonne pas, peut-être parce qu’il la tutoie depuis son enfance ou parce qu’il a été son héraut et son interprète le plus fidèle».

Un roman émouvant, presque une thérapie, qui permet de faire remonter à la surface de multiples souvenirs familiaux, souvent douloureux. Ceux de Charles Bronson, mais aussi ceux de l'auteur. Liés à la maladie de son père, de ses enfants ou de lui-même. Comme ce jour où il a vu la mort arriver, du fait de poumons endommagés. Soit dit en passant, le sort connu également par Bronson, avec des poumons rongés par ce foutu charbon extrait des mines de Pennsylvanie, alors adolescent.

Un roman passionnant, nostalgique. Du moins pour les plus de quarante ans. Ceux qui ont vécu l’adolescence dans les années 80, avec ces vidéoclubs où les films se louaient sous forme de cassettes magnétiques à lire sur un magnétoscope, appareil aujourd’hui rangé au musée. Ces boîtes noires qui ont permis à l’auteur de se faire les dents sur la filmographie de Charles Bronson, une star virile, aux pieds d’argile. Et de goûter à l'envie de le rencontrer, par les mots. Comme un ultime face à face avec l'homme au masque de cire.
«Charlie, who the fuck are you ? Death!»

Philippe Degouy

«Bronson», roman d’Arnaud Sagnard. Éditions Stock. 269 pages, 19 euros environ
Couverture : éditions Sagnard

Note : un roman qui figure dans la sélection d'oeuvres 2016 pour le prix Médicis.

Posté le 30 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Michael Lonsdale : de Louis de Funès à Steven Spielberg

Michael Lonsdale: ce nom ne vous dit rien? Sa tête sûrement en revanche. C’est lui qui joue le médecin-spécialiste dans «Hibernatus», un film-culte où Louis de Funès se lâche complètement avec «Edmée, Edmée…». Voilà pour le petit rappel.
Ce qu’on sait moins, c’est que Michael Lonsdale a eu une carrière bien remplie, que ce soit sur les planches ou au cinéma. A 85 ans, il livre un «dictionnaire de sa vie». Les anecdotes sont tantôt drôles, tantôt émouvantes, toujours porteuses d’un humanisme d’une très grande richesse.
Comme son nom l’indique, Lonsdale est né d’un père anglais. Sa mère était française. Il a passé son enfance au Maroc, alors sous protectorat français. Pas facile de porter un nom anglais au début de la guerre lorsque le pays était administré par Vichy.

LONSDALEL’acteur évoque bien sûr Louis de Funès. «C’était un tyran comme on n’imagine pas. Tout le monde n’était pas dans ses petits papiers. Moi, je jouais plutôt avec ce qu’il faisait, du coup on s’est amusés, il était content que je sois à l’aise dans l’impro et m’a félicité.» Il explique que par moments, Edouard Molinaro, qui était le réalisateur d’Hibernatus, était relégué à l’extérieur du plateau de tournage, de Funès ayant pris la direction des opérations…
Par contre, Lonsdale ne conserve pas un souvenir impérissable de l’épouse de l’acteur, Jeanne de Funès. «Madame de Funès débarquait souvent sur les plateaux pour demander aux gens, mine de rien, leurs opinions politiques, histoire de vérifier qu’il n’y avait pas trop de communistes. Ils étaient très portés sur la chasse aux sorcières, les de Funès
Michael Lonsdale raconte aussi son tournage dans «Moonraker» (1979) où il jouait le Dr Drax, un savant fou qui cherche à détruire l’humanité : «J’ai été enchanté de faire ce James Bond alors qu’on me reprochait de ne pas faire assez de films commerciaux. (…) J’ai pris un plaisir fou, j’avais l’impression de retomber en enfance, de replonger dans mes yeux de gamin avec le pistolet laser qui faisait ZZZZzzzz
Moins amusant fut le tournage de «Munich» (2005) de Steven Spielberg, qui raconte l’attentat contre l’équipe d’Israël aux JO de 1972. «Spielberg a reçu plusieurs menaces de mort durant le tournage du film, il était constamment entouré de nombreux gardes du corps pendant les prises de vue
Grand amateur de l’œuvre de Péguy, Lonsdale ne fait pas mystère de sa foi chrétienne, acquise sur le tard. Il apprécie beaucoup le Renouveau charismatique et le pape François, «comme tombé du ciel». «L’Europe chrétienne a encore quelque chose à proposer, à condition qu’elle se renouvelle», estime l’acteur.
Tout au long de ce recueil de souvenirs, ce grand buveur de thé nous livre ainsi des tranches de vie où l’on sourit souvent, où l’on s’interroge parfois et où l’on apprend toujours quelque chose. Un vrai moment de détente instructive et constructive.

Jean-Paul Bombaerts

«Le dictionnaire de ma vie», Michael Lonsdale, éditions Kero, 270 pages, 17 euros

Posté le 29 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Avec les Dalton, l'Ouest sauvage atteint le bout du chemin

Apportez donc le goudron et les plumes pour ceux qui prédisaient, voici peu, la fin du genre western. En BD, il se porte à merveille, avec de véritables pépites. À l’instar de ce nouveau diptyque consacré aux fameux frères Dalton qui débute aux éditions EP. Olivier Visonneau au scénario et Jesus Alonso au dessin revisitent le mythe de cette bande de malfaisants qui a écumé l’Ouest au 19e siècle. Le premier mort, premier tome, remonte à la genèse de la fratrie criminelle.

DaltonOctobre 1892, Coffeyville, Kansas. Les Dalton ont dévalisé la banque et se retrouvent encerclés par une large partie de la population de la ville, venue armée. Cette fois, la fin est proche pour les criminels.
Tout avait pourtant bien commencé, cinq ans plus tôt, quand Bob et Emmett avaient choisi de suivre les traces du grand frère, Franck, US Marshall, abattu en mission. Et puis, étrangement, quelque chose avait cloché dans le comportement de ces hommes. Une petite étincelle avait surgi, et avait suffi à les faire basculer dans le côté obscur. De trafic d'amendes aux vols de chevaux, ils étaient arrivés  aux attaques de trains puis de banques. Avant de connaître une fin funeste, truffés de plomb.

Curieusement, on s’attache à ces pauvres gars. Des instables, incapables de garder un job. Comme le dit Grattan Dalton, le plus féroce d'entre eux, «les gens honnêtes sont jamais riches. On risque nos vies pour faire respecter la loi et on est plus pauvres que des blanchisseurs chinois». Des sauvageons, faibles et soumis aux mauvaises fréquentations. Et malgré cela, on éprouve de la pitié pour ces chatons sauvages, qui ont suivi la destinée de cet Ouest sauvage. Un pied dans la tombe avant l’heure.

Une bonne BD comme on l'aime, avec le dessin semi-réaliste de Jesus Alonso, nerveux comme devaient l’être ces frères restés à l’état sauvage. Quant au scénario d’Olivier Visonneau, il adapte librement la vie de ces bad guys pour en faire un portrait impressionniste de cette période charnière de l'histoire américaine.

Au cours de la lecture, décors et personnages secondaires, soignés, construisent un univers plus proche de Sam Peckinpah que d’un western de John Ford avec John Wayne. La scène d’ouverture, violente, rappelle d’ailleurs les débuts du film The Wild Bunch ou la scène finale, quand les desperados bravent la mort dans un ultime baroud d’honneur. Les Dalton ? Des marginaux qui, en 1892, n’ont plus leur place dans ce pays métamorphosé par l’arrivée de la civilisation. La mort était leur destin, les armes à la main.

Philippe Degouy

Les Dalton tome ½. Le premier mort. Scénario d’Olivier Visonneau, dessin et couleur de Jesus Alonso. Éditions EP, 56 pages
Couverture : éditions EP

Posté le 29 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

«California Girls», c’est un beau roman, une sale histoire

La Californie. Sa chaleur, ce soleil, son sable blanc et ses filles, superbes et dorées. Une image d’Epinal d’une terre d’amour et de paix. Un cliché déchiré en morceaux après ce 9 août 1969. Ce jour-là, l’Amérique, puis le monde entier, découvrent l’affaire Sharon Tate, du nom de l'actrice et compagne du réalisateur Roman Polanski. Victime, avec d’autres, des agissements de la Famille de Charles Manson, des hippies camés jusqu’aux yeux et qui ont martyrisé ces victimes choisies au hasard. Dont le seul tort était d’être riches et belles.

Une affaire criminelle qui a longtemps marqué Simon Liberati, jeune garçon en 1969. Aujourd’hui, c’est dans un roman, «California Girls» (éd. Grasset), qu’il évacue ses souvenirs pénibles. Quelque 36 heures d’une vie au paradis transformées en enfer par un petit groupe de cinglés. Le roman de Simon Liberati est construit comme une enquête, vue de l’intérieur. Avec un style qui ne permet plus au lecteur de reposer le livre une fois débuté. Il se voit immergé dans l’environnement de cette Famille, rassemblée dans un ranch miteux où règnent l’amour libre, le partage, la drogue. Des paumés, en marge de la société, rejetés par leurs familles sur qui veille Charles Manson, petit homme charismatique qui entend déclencher un bouleversement de la société avec une guerre raciale. Pour cela, il fait massacrer des innocents par ses troupes en faisant croire que les crimes sont commis par des Black Panthers.
Comme cible première, son choix se porte sur Terry Melcher, l’imprésario des Beach Boys qu'il a fréquenté jadis, sans suite. Manson décide de lui envoyer un commando composé de ses filles pour lui faire la peau, cochon de riche. Avec Tex Watson comme leader, trois zombies de l’écurie Manson pénètrent dans la propriété de Melcher. Mais ce dernier n’habite plus cette demeure, désormais occupée par Sharon Tate, enceinte, et Roman Polanski. Cette nuit-là, le cinéaste est absent. Sharon passe la soirée avec quelques amis. Pour les dingues de Manson, peu importe que la cible ne soit pas celle prévue. Ces cochons paieront pour les autres. Après avoir souffert, comme le souhaite leur gourou adoré. Pour les victimes, la mort sera longue, très longue. Et douloureuse.
California-Girls-de-Simon-LiberatiUne série de meurtres qui marqueront à jamais l’Amérique. Terrible été avorté dans cette maison de l’horreur. «Le médecin légiste relèverait plus tard seize blessures par arme blanche, dont trois susceptibles d’avoir provoqué la mort de Sharon Tate. Le bébé, sain et bien formé, put continuer de vivre pendant 6 heures après la mort de sa mère».

Quelque peu mal à l’aise dans son personnage de voyeur, le lecteur assiste à la préparation de cette nuit d’horreur, à son déroulement et aux activités du lendemain, affreusement banales. Comme les suites d’un samedi soir. Mais avec la nausée, le dégoût au souvenir des scènes barbares lues. Simon Liberati n’a rien épargné de cette terrible nuit du 9 août 1969, ses descriptions épouvantables sont basées sur la documentation disponible. Elles reproduisent fidèlement les meurtres, avec ces corps éventrés, ce sang frais utilisé pour peindre les murs et laisser des descriptions de haine, «Pig». «Aucune pitié n’était à espérer. Sharon avait tout de suite vu dans son regard qu’elle haïssait la beauté. Cette haine des moches pour les belles, Sharon l’avait déjà rencontrée, à l’école, dans la rue».

Des crimes, détaillés à l'extrême, rendus plus écoeurants encore par le sexe des tueurs, des jeunes femmes, hippies arrivées au point ultime de la soumission à un homme, Charlie. Plus vraiment des femmes, d'ailleurs. Des robots, des êtres sans remords avec juste quelques montées de lucidité avant de sombrer à jamais dans le mal. Des filles gavées d’hallucinogènes qui subissaient jour après jour les discours de ce cinglé de Manson. Comme un disque rayé joué à l'infini. «Elles avaient trouvé en Charlie l’époux idéal, celui que cherchent les religieuses mystiques». Charles «the Soul», Man-Son, le fils de l’homme, qui se prenait pour Jésus-Christ.
Entre les lignes de son roman, Simon Liberati rappelle également les thèses qui ont circulé au sujet de Manson. On a parlé de lui comme d’un agent provocateur chargé par le gouvernement de décridibiliser le mouvement hippie, opposé à la guerre du Vietnam. Pour cela, Manson aurait été chargé de déclencher une guerre raciale en faisant porter le chapeau aux Black Panthers. Des théories.

De cette lecture, il reste le souvenir d’un roman fort bien construit. Qui laisse ses lecteurs les mains tremblantes. Un récit à lire avec la bande son proposée par l’auteur. Helter Skelter, des Beatles, mais aussi California Dreamin des Mamas and Papas, 1969 des Stooges ou California Girls des Beach Boys. Un groupe fréquenté par Charles Manson, musicien à la carrière avortée.

En cette fin d’été 1969, l’été de l’amour de Haight-Ashbury en 1967 semble si loin. Quelque chose s’est brisé à jamais. La perte de l’innocence et de l’image de paix des hippies. La Californie ne sera jamais plus la même.

«I’d be safe and warm if I was in L.A.» (California Dreamin’)

Philippe Degouy

«California Girls». Roman de Simon Liberati. Collection Ceci n’est pas un fait divers. Éditions Grasset, 342 pages, 20 euros environ
Couverture : éditions Grasset

 

Posté le 27 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Ravage, «c’est dans la simplicité que se trouve le vrai bonheur»

Il faut absolument relire Barjavel, et son classique, Ravage. Un roman qui sonne comme un avertissement profitable face à notre société de plus en plus déshumanisée et axée sur la technologie, le virtuel. Bien avant notre époque, l’auteur français dénonçait cette dépendance aux machines. Que dirait-il aujourd’hui ? La réponse, ou du moins une partie, se retrouve certainement dans cette adaptation de son roman en bande dessinée, publiée chez Glénat.

L’intrigue débute dans un futur proche. Par un siège du Mont Ventoux. Une armée hétéroclite, équipée d’armes du passé et commandée par un chef surnommé le Patriarche, tente de déloger une armée repliée sur le Mont provençal. Les pertes sont terribles. Albert, chef de l’opposition au Patriarche, défend sa machine cachée sur le Mont. Un affront pour le Patriarche, opposé à toute technologie, jugée néfaste.
Cent ans plus tôt, Paris 2052. Le jeune étudiant provençal François Deschamps rejoint son amie Blanche Rouget à Paris. Cette dernière vit sous la coupe d’un magnat de l’information, Jérôme Seita. Du haut de sa tour, baptisée La ville d'or, il domine le monde économique parisien, avec une débauche de gadgets électroniques comme jouets. Même les universités appartiennent à son trust.
RAVAGEDans la rue, 92 étages plus bas, les voitures ont quitté les rues et survolent Paris. François n’a qu’une idée en tête, quitter ce monde urbain et retrouver la nature. Un soir, un black-out coupe soudainement Paris de son approvisionnement en électricité. Privé de courant, de guidage, les véhicules aériens tombent comme autant de projectiles sur Paris. Le début d’une catastrophe….

Sans préjuger de l’ensemble de la trilogie proposée par les auteurs, force est de constater que ce premier tome tient la route, en suivant les grandes lignes du roman. Jean-David Morvan, au scénario, reste fidèle à l’écrivain et construit une intrigue prometteuse. Quant au dessin de Rey Macutay, dans son style semi-réaliste, il dépeint à merveille une société déshumanisée, où le fait de marcher dans la rue se révèle l’exception. Son Paris des années 2050 est superbe mais effrayant. Avec ces immenses tours modernes, sans âme, qui écrasent ce qu’il reste des vieux quartiers de la capitale. Partout règnent les écrans géants qui abreuvent la population d’images et de publicités. Tout est artificiel. Manger de la vraie viande est exceptionnel, tout comme le fait de travailler manuellement. Les écrans remplacent les contacts réels, les machines remplacent les travailleurs. Le bonheur de vivre ?

Ravage, vision apocalyptique de ce qui pourrait nous attendre si nous poursuivons dans la voie actuelle ? La BD permet d’y réfléchir et donne une furieuse envie de découvrir les deux prochains tomes de cette adaptation, parfaite pour amener les (jeunes) lecteurs à l’œuvre de Barjavel.

Philippe Degouy

Ravage 1/3. Scénario de Jean-David Morvan, dessin de Rey Macutay. D’après l’œuvre de René Barjavel. Éditions Glénat, 48 pages
Couverture : éditions Glénat

Posté le 25 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Cap à l'Ouest, vers l'Amérique

Les grandes migrations estivales sont terminées, soit, mais pas les départs en vacances de ceux qui préfèrent profiter du cadre dans le calme. Il n'est donc pas encore trop tard pour présenter des guides touristiques qui ont marqué nos lectures.
L'année 2016 est marquée par l’élection présidentielle américaine. Pourquoi ne pas goûter, sur place, aux joies de l’american way of life. Surprenez-vous avec une petite expédition dans le plus pur style made in USA. Faites le show à Vegas ou à L.A.

CAMIONBONPubliés aux éditions Lonely Planet, deux guides consacrés aux côtes Ouest et Est sont disponibles dans une version actualisée. Est ? Ouest ? Qu'importe, tout est affaire de goût. Les amateurs de grands espaces, de westerns seront à la fête dans l’Ouest. Las Vegas est la ville idéale pour servir de point de départ à la visite des parcs nationaux du Sud Ouest. Plus de 60 parcs et monuments à visiter. Il y a de quoi faire.
ESTAMERICAIN OUESTSi la démesure vous donne quelque peu le vertige,  Lonely Planet vous donne des idées d’itinéraires thématiques. Pour 15 jours, un mois. C’est selon. À vous notamment le plaisir de tracer la route 66 dans les décors naturels de l’Ouest, de découvrir les villes fantômes, ou les sites qui ont servi de décors pours les films à grand spectacle. Il existe même un itinéraire sur les traces des extraterrestres, de Rachel, Nevada, à Roswell, Nouveau-Mexique. Un cahier photographique débute chacun des deux guides. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche et de vous pousser à boucler votre valise pour traverser l’Atlantique. Coup de cœur pour les adresses sélectionnées et testées par les auteurs, dont ces attractions gratuites qui permettent d’alléger le budget. Bon point également pour ces dizaines de conseils pratiques, comme l’usage des pourboires ou les règles du savoir-vivre dans les réserves indiennes. Un touriste poli est une bonne carte de visite pour son pays.

USABON BRYCEBONDes guides complétés par un carnet pratique, dont la lecture n’est pas à négliger, histoire de s’éviter des déconvenues.

La côte Est bénéficie elle aussi d’un volume, plus conséquent encore. De quoi décontenancer le lecteur. Par où commencer ? New York et Washington constituent un bon point de départ pour découvrir l’Amérique. Une étape avant de s’avancer plus avant dans la pays. Chicago, le Sud avec les villes du blues ou de la country music. La Nouvelle-Orléans, Clarksdale, Memphis ou Nashville. Sur les traces des géants de la musique américaine. Le Maine, l’Alabama, la Virginie… Moins connus mais authentiques. L’automne est superbe dans l’Est avec cette saison que l’on appelle ici l’été indien et qui n’existe pas ailleurs.

Est, Ouest, qu’importe la côte choisie. Le dépaysement sera garanti.

Philippe Degouy

Ouest américain, par Amy C. Balfour et Sandra Bao. Éditions Lonely Planet, 502 pages, 25 euros
Est américain, par Karla Zimmerman et Amy C. Balfour. Éditions Lonely Planet, 682 pages, 26,50 euros
Couvertures : éditions Lonely Planet, photos thématiques de Philippe Degouy

Posté le 23 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Comanche, il était une fois dans l’Ouest

Bonne idée que celle de republier Comanche, cette bonne vieille série western née en décembre 1969 dans le journal Tintin. Juste hommage rendu par les éditions du Lombard à Hermann, Grand Prix d’Angoulême 2106 et co-fondateur, avec Greg, de cette série articulée autour du ranch 6-6-6, situé à Greenstone Falls, Wyoming. Un phare du Nouveau western, qui n'a pas pris une ride et qui permet d’assister à la fin du vieil Ouest. Sur la route de la civilisation, en parallèle avec le développement du ranch et de la mentalité des héros. La loi du Colt se voit peu à peu remplacée par celles amenées par les juristes venus de l’Est.

Précisons que si Comanche, patronne du 6-6-6, donne son nom à la série, elle ne tient pas le rôle principal. Dans l’esprit des auteurs, il a toujours été convenu que le jeune rouquin Red Dust aurait la vedette. Un personnage, au look à la Steve McQueen, cool et franc dans ses bottes, qui débarque dans Red Dust, élément fondateur de la série. Pistolero sans maître, il se range d’emblée dans le camp de Comanche, jeune fille blanche malgré son prénom amérindien.
Comanche-tome-1-red-dustUne jeune femme de caractère, affublée d’un vieux contremaître, Ten-Gallons, pour toute compagnie face à de puissants ennemis.
Harcelée pour vendre ses terres à vil prix, elle résiste jusqu’au désespoir, et peut désormais compter sur Red Dust. Pour reprendre espoir et former une équipe afin de développer le ranch. Avec deux jeunes vachers, Clem Tenderfoot et Toby Face-Sombre, et un Indien, Tache de lune, Comanche et Red Dust vont former une équipe gagnante. Soudée, pour affronter avec succès les défis et les dangers inhérents à cet Ouest sauvage qui n’a pas dit son dernier mot. Les rascals et les tueurs à front bas sont encore bien présents, pour livrer un dernier baroud avant la disparition de leur sale espèce.
Comme le dit l’un des protagonistes, «les gars, les choses ne seront jamais plus comme avant dans le coin. Quelque chose vient de changer sous le soleil…»

Ce Red Dust est à (re)découvrir (à prix très doux, 9,99 euros). Pour la qualité du scénario, aux multiples allusions au genre western, de Greg, véritable monument du monde de la BD. Quant à Hermann, son dessin est un cas d’école. Un exemple à suivre, avec sa technique proche du théâtre. Des personnages dont les gestes sont conformes, non seulement à leurs physiques mais également à leurs paroles.
Né dans le sud de la Belgique, avec ces immences forêts, Hermann prend un plaisir manifeste à reproduire ces grands espaces du Wyoming dans des plans cinématographiques qui renforcent encore le dynamisme de certaines scènes.

Les dix premiers tomes de la saga seront progressivement publiés par Le Lombard. Aucun n’est à laisser sur le bord de la route. Des pépites travaillées par deux orfèvres, avec le souci du détail poussé jusqu’aux titres, accrocheurs : Le désert sans lumière, Le doigt du diable, Furie rebelle, Et le diable hurla de joie...

Une chronique dont le mot fin n'est pas encore d'actualité. Comanche mérite que l'on y revienne. Yep!

Philippe Degouy

Comanche. Red Dust. Scénario de Greg, dessin de Hermann. Éditions du Lombard, 48 pages. 9,99 euros
Couverture : éditions du Lombard

Posté le 21 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Tous n'étaient pas des anges, même avec une bible sous le bras

Avec Le ciel est rouge sur Laramie, second tome du diptyque, l’album Les loups du Wyoming constitue sans nul doute l’un des meilleurs épisodes de la série Comanche. Rééditée en l’honneur du Grand Prix d’Angoulême 2016 remporté par Hermann. 

Après l’attaque de la diligence du vieux Sid par les frères Dobbs, Red Dust et les membres du Triple Six font la connaissance de l’unique passager transporté : le révérend Braddshaw. D’emblée, les relations entre l’étranger et Red se révèlent orageuses. «L’Ouest recule. C’est ça la civilisation. Et c’est elle que Red n’aime pas» déclare Comanche. «Sauf que la civilisation n’amène pas que des anges, même s’ils ont parfois une bible sous le bras» réplique Toby.
Le révérend et les cow-boys du Triple-Six se lancent à la recherche de Pharaon Colorado, ami de Sid et porteur de la paie des éleveurs de Greenstone Falls. Sid n’était qu’un appât pour les Dobbs, rivaux des Dalton en ce qui concerne la méchanceté et la violence. Une bande d’affreux, des sanguinaires. Comme le souligne Hans le trappeur, «j’ai appris devant des grizzlis et des cougars qu’il faut se débarrasser des fauves quand ils ne s’y attendent pas. Ça sauve généralement bien des vies innocentes

Dans l’affrontement qui se produit entre les Dobbs et les membres du Triple-Six, le révérend reste sur le carreau, non sans avoir fait promettre à Red Dust de retrouver et tuer le dernier Dobbs en fuite. Russ, le plus dangereux. «Dans l’Ouest sauvage flotte encore d’étranges superstitions, déclare Comanche. Un homme peut en racheter un autre avec un objet qui les unit». Comme l’arme du révérend, devenue l’arme de Dieu dans les mains de Red Dust, «l’homme qui avait juré d’éliminer le dernier des loups du Wyoming».

Comanche-tome-3-loups-wyomingUn épisode à suivre avec le prochain tome de la saga, Le ciel est rouge sur Laramie. Plus sombre encore, politiquement incorrect avec son thème de la vengeance et du meurtre en légitime défense. «Russ Dobbs, ça représente la mort de dizaines d’autres innocents», les derniers mots du révérend prononcés à Red avant de rendre l’âme. Curieux propos de celui qui fut aussi un revolver à louer. Dix ans de duels, la plus longue carrière de mercenaire connue qui avait cru pouvoir se débarrasser de son passé avec une bible et la parole de Dieu. Avant de mourir, le cou brisé par une brute du clan Dobbs.

Avec Les loups du Wyoming, Hermann et Greg ont sans doute approché au plus près de la réalité historique, dans cet Ouest sauvage. Terrain de jeu des pires criminels encore en liberté et dont l'extermination n'est qu'une question de temps. Avec un héros, Red Dust, tourmenté, du bon côté de la ligne mais capable de la franchir pour répondre à son instinct, Comanche mérite amplement sa place de série phare du Nouveau western. Bien et mal se mélangent et laissent peu de doutes sur la nature humaine.
Hermann lui-même n’a jamais caché sa méfiance face à l’humanité. Une misanthropie bien présente dans cette saga, pour qui sait lire entre les lignes.
Classique mais solidement construit, le scénario de Greg est un modèle de rigueur, avec des dialogues crédibles, renforcés par la gestuelle des personnages. 

Quant au dessin d'Hermann, il s'épanouit pleinement dans ce grand Ouest sauvage, où ne survivent que les plus forts. Avec Comanche, Hermann a tenté de reproduire sa vision du Far West, véritable zoo humain où se multiplient personnages bien imparfaits. De la BD faite de sang, de sueur, de crimes. Un solide cocktail qui avait troublé le public de l'époque avec des scènes jugées scandaleuses. Comme dans Le ciel est rouge sur Laramie, dont la fin a provoqué le scandale.
Trop serré dans les limites du politiquement correct fixées en ce début des années 70, Hermann s'est libéré ensuite de ses contraintes et à développé, bien plus tard, sa vision plus virile du Far West. Avec des one-shots comme On a tué Wild Bill ou notre coup de coeur, Sans pardon.

Philippe Degouy

Les loups du Wyoming. Scénario de Greg, dessins d’Hermann. Collection Comanche. Éditions du Lombard, 48 pages
Couverture : éditions du Lombard

Posté le 19 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Typhoon sur Bruxelles

Avec son diptyque Typhoon (éd. Paquet), Christophe Gibelin a voulu rendre hommage à l’exploit insensé du pilote belge Jean de Selys Longchamps. Un jeune patriote qui n’a pas hésité à désobéir à ses supérieurs pour mener un raid vengeur au-dessus de Bruxelles le 20 janvier 1943. Soit le mitraillage en règle du siège de la Gestapo situé avenue Louise. Curieux destin que celui de cet officier de cavalerie devenu pilote dans la RAF après avoir fui la Belgique au moment de la déroute militaire.
Plus qu’une «simple» biographie romancée sous la forme de deux BD, l’auteur a développé en parallèle une intrigue basée sur une anecdote jamais confirmée dans les manuels historiques. La présence parmi les décombres du bâtiment occupé par la Gestapo du corps d’un espion dont la mort a provoqué la chute d’un réseau et la déportation de nombreux patriotes belges. Le traitement réservé par Christophe Gibelin à cet espion est plus que réussi et donne lieu à un épilogue surprenant, et à propos duquel nous ne dirons bien, bien évidemment.

Marqué par la mort de son ami Raymond, crashé aux commandes de son Typhoon, Jean est livré au doute quant à ses capacités de pilote de combat. Il pense à son frère, Simon, resté au pays, tout comme Madeleine, dont ils sont amoureux tous les deux. La mort, omniprésente, et qui frappe dans les deux camps, le marque profondément. «Quel sentiment cela produit-il chez nos hôtes anglais, de voir et de saluer ces cortèges où défilent couchés les chapeaux de toutes ces nations dont les jeunes gens s’affrontent à mort» ? En rangeant les affaires de Raymond, il tombe sur un plan d’attaque aérienne de Bruxelles. il décide de se l'approprier, avant de le réaliser lors d'une mission au-dessus de la Belgique. Il lui suffira de garder des munitions. Une opération mise au point en cachette, sans savoir que son frère Simon, élément infiltré de la Résistance belge au sein de la Gestapo, a prévu une opération le même jour, au siège de cette Gestapo honnie.

TYPHOON2Dans ce deuxième volume, l’accent est mis sur ce raid vengeur au-dessus de Bruxelles. Le côté dramatique est traduit par un cadrage dynamique qui permet de suivre tout le parcours du Typhoon au-dessus de Bruxelles, jusqu’à sa cible. «Décollage à l’aube : c’est parfait. Je n’aurai que des nazis face à mes canons» se dit le pilote quelques heures avant le décollage. 
Un album au dessin fluide, précis et rythmé par de nombreuses scènes aériennes de toute beauté qui permettent de découvrir sous tous les angles des appareils mythiques. Comme le Lysander, cet avion léger qui fut le lien privilégié entre Londres et les réseaux de Résistance en Europe occupée. On retrouve également le Stirling et, côté allemand, le redoutable Fw 190. L’auteur s’est fait plaisir avec des cadrages magnifiques.
Quant au Typhoon, il occupe l’espace presque à lui seul, avec ses formes impressionnantes et son caractère de dominant. Plus d’un pilote a payé de sa vie ses ruades.

Ces deux excellentes bandes dessinées permettent également de saluer d’autres héros belges, dont les exploits ont fait rêver plus d’un gamin après-guerre. Raymond Lallemand et Charles Demoulin, dont les aventures ont été publiées.
Enfin, si le héros de fiction de ces deux tomes a pu savourer la Libération de Bruxelles, en septembre 1944, son modèle historique n’a pas eu la même chance. Il s’est tué de retour d'une mission sur la Belgique le 16 août 1943.
Soulignons enfin que la BD est accompagnée d’un solide bonus sous la forme d’un cahier de croquis. Avec les crayonnés d’uniformes, de personnages ou relatifs au Typhoon, solide monture qui demandait un certain courage pour le piloter. Les vues présentées permettent d’apprécier l’originalité du cockpit et sa porte de voiture pour y accéder.

Scramble!

Philippe Degouy

Typhoon 2/2 dessin et scénario de Christophe Gibelin. Collection Cockpit. Éditions Paquet, 48 pages, 14 euros environ
Couverture : éditions Paquet

 

Posté le 19 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Cette formation photographique qu’un débutant aimerait recevoir

Photographe professionnel, auteur prolifique (plus de 60 ouvrages à son actif) Scott Kelby est quelqu’un qui compte dans le monde de la photo. Quand il parle, on l’écoute. Et quand il écrit, on le lit. Son Best of des conseils photographiques publié aux éditions Eyrolles se savoure. Avec un crayon à la main. Pour l’annoter et souligner les conseils à suivre. Un ouvrage destiné à vous remettre en selle si vos premiers résultats ne correspondent pas à vos attentes. En photo comme ailleurs, rien ne vaut les conseils d’un coach. Ne vous fiez pas à la couverture, le contenu vaut mieux que cela.

Ce qui mérite d’être d'abord souligné, c’est le gain de temps offert par l’auteur à ses lecteurs. Il évite avec bonheur les sempiternels chapitres pédagogiques sur le cadrage, l’exposition ou la mise au point. Autant de notions censées être connues au moment d’ouvrir le livre. Scott Kelby est un auteur pragmatique. Il préfère le terrain aux salles de classe.
Comment se servir d’un flash, prendre un selfie avec un reflex (nettement plus sportif qu’avec un smartphone), réussir la photo de portrait ou de mariage.. Comment photographier aussi bien avec son téléphone qu’avec son reflex, comment sauver une carte mémoire endommagée, photographier la nourriture, un clair de lune... Autant de chapitres expliqués pas à pas, avec un vocabulaire accessible. Petit coup de cœur pour «ces dix conseils que j’aurais aimé avoir reçus à mes débuts».

PhotonumériquekelbyUn ouvrage d’une lecture agréable, avec de cours chapitres basés sur des réflexions empreintes de bon sens. «S’il était facile de prendre de bonnes photos, tout le monde en ferait (…) Il ne suffit pas d’avoir un bon appareil (…) Faites ce qu’il faut sous peine d’être perpétuellement déçu.» Ou : «concentrez-vous sur ce que vous visez et comment vous visez. C’est ainsi que vous prendrez de bonnes photos».
En parlant de livre, il vous faudra un book. Pour savoir où vous en êtes, et pouvoir exposer votre travail, avec une compilation de vos meilleurs clichés.
Autre conseil pratique à suivre : effectuer des tirages. «Si vous voulez impressionner les gens, imprimez vos photos». Pour les montrer, les offrir.

Un ouvrage qui peut se refermer sur ce conseil, plutôt paradoxal pour un auteur de livres : «arrêtez de lire des livres de photo.» Comme le souligne Scott Kelby (qui ne déconseille pas l’achat de son livre pour autant), «si vous voulez progresser en photographie, ce n’est pas en lisant que vous le ferez. Pour obtenir des résultats, vous devez retrousser vos manches et passer à la pratique

Philippe Degouy

Photo numérique. Le best of de Scott Kelby. Éditions Eyrolles, 300 pages, 19,90 euros
Couverture : éditions Eyrolles

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