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décembre 2016

Posté le 28 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

La nuit des armes miracles, l’heure de la revanche

Février 1947. Surpris et choqués par les effets d’une arme miracle américaine, Hitler et Himmler décident de réagir avec le lancement simultané de nouvelles armes, plus terrifiantes encore. Des prototypes qui seront lancés en production pour jouer sur le moral de l’ennemi. Une offensive sur terre, sous la mer et dans l’espace. Une super fusée sera chargée de bombarder New York, un char géant aura la charge d’écraser les Russes et un submersible celle d’attaquer un port australien. Voilà le plan de l’opération «Wunderwaffennacht» (la nuit des armes miracles).
Pendant ce temps, aux commandes de l'Amerika Bomber, Murnau est chargé de convoyer le Visiteur en Allemagne où l’attend un Adolf Hitler plus fébrile que jamais. L’extraterrestre a bien l’intention d’aider l’Allemagne à remporter la victoire, mais quel sera le prix à payer ?

WunderwaffenT10Si cet album réserve son lot de scènes d’action plutôt réussies, il se révèle comme un nouvel épisode de transition, comme pour faire patienter le lecteur. L’intrigue initiale n’avance pas d’un pouce, et l’impression du lecteur est celle de la perplexité. Où les auteurs veulent-ils arriver avec cette série ? Comment va-t-elle finir et quand ? Bien malin celui qui pourra deviner l’épilogue d’une série qui a désormais quitté l’uchronie pour le genre fantastique. Dommage d’ailleurs. La série aurait pu se contenter du thème des armes miracles sans amener la présence du Visiteur dont on peut se demander ce que compte en faire le scénariste.
Côté dessin, le mélange des styles engendré avec la présence de quatre dessinateurs de ce tome se révèle quelque peu déroutant. Accordons la mention très bien pour la superbe couverture. Pour la petite histoire, le lecteur remarquera qu’elle ne présente pas de scène aérienne, une première depuis le début de la série. On soulignera par ailleurs le titre choisi pour ce tome, en forme d'hommage (volontaire ?) à la série Les mystères de l’Ouest.
Pour résumer notre impression, l’album se lit sans déplaisir, c'est vrai, mais il n’est pas indispensable.

Philippe Degouy

«Wunderwaffen tome 10. La nuit des armes miracles». Scénario de Richard D. Nolane. Dessin de Maza, Diego Olmos Alminana, Jovan Ukropina et Zeljko Vladetic. Éditions Soleil, 48 pages, 14,50 euros
Couverture : éditions Soleil

Posté le 28 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Le nouveau Beauf de Cabu a un avis sur tout, contre tous

Voici deux ans que Cabu a rejoint l’au-delà, nous laissant savourer, seuls, le vin d’ici. Parti? Non. Pas vraiment. Il reste son œuvre, Dieu merci, pour s’en servir comme d’un antidote aux propos des cons et autres bégueules qui nous pompent l’air. De plus en plus, force est de le constater.
Comme le dit le Beauf, son personnage fétiche, «on ne peut plus rien faire. Même plus fumer après l’amour

Qui a pu l’oublier son Beauf, lui qui incarnait un peu (beaucoup)le côté obscur des Français. Après une première intégrale publiée aux éditions Michel Lafon, un second tome concerne cette fois le nouveau Beauf. Les générations passent, le Beauf subsiste. Le nouveau Beauf, personnage né dans les années 90, a le look coco : gras du bide, il porte le catogan et la barbe de trois jours. Sûr de lui et de sa bêtise, râleur et raciste comme son papa, Beauf 1er.
Un nouveau beauf qui préfère le champagne light à la Kronenbourg de son vieux. Il est dans la pub, ne quitte pas son mobile et a un avis éclairé (?) sur tout. L’entrée de la Turquie dans la Communauté européenne? «Négatif! La Turquie, c’est les chiottes à la turque.» Le dopage ? «Oui au doping naturel et autorisé : de la gousse d’ail en suppositoire

CABUUn éternel rebelle qui tient plus que tout à sa liberté et à ses vices. «En France, on ne peut plus rien faire. On est en dictature. Il faut réagir. Organisons, dit-il, la marche de ceux qui veulent aller aux putes sans être emmerdés.» Oui, le Beauf sait militer pour les grandes causes, et dénoncer les injustices quand il le faut : «quand la femme conduit, l’homme trinque. Pour 5800 conducteurs tués, 2300 conductrices perdent la vie seulement. Elles ne respectent pas la parité!»
Quand il s'agit d'aider les victimes de tsunami, il reste bourse fermée : «chacun chez soi. Z’ont qu’à faire comme moi, j’ai une assurance dégâts des eaux, et voilà

Un Beauf, souvent remis à sa place (la dernière) par la présence rafraîchissante du grand Duduche (autre personnage de Cabu) dont le côté yéyé gauchiste désamorce les horreurs lancées par ce nouveau Beauf que l’on découvre en vacances, en famille ou dans son univers de la communication.

Après le Beauf et le nouveau Beauf, Cabu avait imaginé une nouvelle descendance, avec le fils du Beauf, dont la carrière avait débuté en octobre 2014 avant de connaître une fin prématurée.

«Riez! Ne vous laissez pas abattre

Cette intégrale, nouvel hommage jouissif au politiquement incorrect, se referme sur le Canard Enchaîné du 14 janvier 2015 et ce trait d’humour de feu Cabu qui barre la Une du journal : «allez les gars, ne vous laissez pas abattre!» Un titre qui donne, pour la première fois, l’envie de soutenir le Beauf, un personnage en deuil comme les millions d’admirateurs du rire qui tue!

Comme le confirme Erik Emptaz, rédacteur en chef du Canard et l’auteur du texte de présentation, «deux crétins sanguinaires pensaient faire taire Cabu à jamais. C’est raté! Tous les gags de cette intégrale du Beauf montrent une fois de plus à quel point ceux qui ont voulu faire disparaître Cabu se sont trompés. Il n’a pas fini de nous manquer, mais la force vive de son trait confère à son œuvre une inoxydable actualité.» Dont acte.

Philippe Degouy

«Le Nouveau beauf. L’intégrale», par Cabu. Éditions Michel Lafon, 200 pages, 24,95 euros environ.
Couverture : éditions Michel Lafon.
www.cabu-officiel.com

Posté le 28 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Nous étions des hommes avant de rejoindre l'armée de l'ombre

Fin d’été 1944, l’armée allemande recule partout. Sur le front ouest, les troupes alliées, débarquées en Normandie depuis juin, entament la poursuite d’un ennemi en déroute, tandis qu’à l’Est, le rouleau compresseur russe entame sa marche en avant vers l’Allemagne. Pour le jeune Kessler et ses derniers frères d’armes, épuisés, lassés d’une idéologie qui a volé leur jeunesse, c’est l’horreur et le dégoût qui dominent. Deux sentiments amplifiés par la mort assurée de ces jeunes Allemands sacrifiés pour défendre un quartier, une rue. Le dernier sursaut d’un régime agonisant. Pour quoi, pour qui ?
«Seigneur, qu’avons-nous fait?» Kessler et quelques rescapés du terrible front de l’Est décident d’en finir, de rejoindre l’Ouest. Pour se rendre aux Américains. La rumeur les présente comme moins féroces que les Russes.
Pour le jeune Ernst Kessler, survivant de ce cauchemar, la guerre est finie, mais le cauchemar de la paix ne fait que commencer. Avec ses terribles souvenirs enfouis en lui-même.

ArméedesombresQuatrième et dernier tome de la série «L'armée de l'ombre» réalisée par Olivier Speltens, «Nous étions des hommes» (éd. Paquet) se referme avec nostalgie.
Une série captivante, bien construite par un auteur qui a basé son récit sur une solide documentation et un point de vue original. Une vision de la guerre, côté allemand, mais avec des soldats, victimes eux aussi de cette idéologie nazie. Hartmann, Werner, Klaus et les autres… Ils n’ont pas vu la fin de cette guerre. «Les illusions, ça n’a jamais mené les hommes bien loin» déclare un vétéran, d’un ton cynique, alors que le Reich qui devait durer mille ans est sur le point de s’effondrer. Comme un vulgaire château de cartes. Partout dans le pays, le même spectacle s’offre à la vue du groupe de Kessler. Des civils fusillés pour désertion, des filles et des femmes pendues pour éviter de tomber entre les mains des Russes.

Saluons une dernière fois, pour refermer ce cycle, le travail effectué par Olivier Speltens. Un artiste belge passionné par la Seconde Guerre mondiale et dont la mini-série répond à son désir de traiter de cette période marquante dans l’histoire du XXe siècle. De façon fort intelligente. Car il a su éviter les pièges d’une intrigue dichotomique et le traitement hollywoodien. Il n’y a pas de héros dans son cycle. Il préfère plonger ses lecteurs au cœur du chaudron infernal, pour leur faire goûter à la peur, à l’horreur. Avec un souci du détail quand il s’agit de représenter véhicules et uniformes. Autant ne pas faire les choses à moitié quand on se lance dans un projet aussi ambitieux que le sien.
Sans défendre le moins du monde le régime nazi, il a souhaité suivre ce petit groupe de soldats, et le projeter dans le monde voulu par le régime nazi. Au fil des batailles menées et perdues d'avance, ces hommes vont perdre patriotisme, fierté de l'uniforme. Mais pas leur part d'humanité, pour tenter de survivre, tout simplement. «Nous étions des hommes», malgré tout.
Un travail magistral, estimé par la critique, salué par un public qui a répondu en masse, avec plus de 75.000 exemplaires vendus. Ce quatrième tome refermé, il donne envie de tout relire. Pour le plaisir. Et de visionner la filmographie proposée par l'auteur. Et dans laquelle il manque un film, Croix de fer, de Sam Peckinpah. Un classique du genre qu'il faut revoir.

Philippe Degouy

«L’armée de l’ombre. Tome 4 : nous étions des hommes», par Olivier Speltens. Collection mémoire 1939-1945. Éditions Paquet, 48 pages
Couverture : éditions Paquet


Précédents tomes : 1. L’hiver russe
2. le réveil du géant
3. Terre brûlée
4. Nous étions des hommes

Posté le 27 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Lamborghini, sous le signe du taureau de combat

En Italie, impossible de parler de Ferrari sans penser au concurrent Lamborghini. Ses bolides seraient nés d'un différend survenu entre ces deux chefs d'entreprise au sang chaud, Enzo Ferrari et Ferrucio Lamborghini. Ce dernier, constructeur à succès de tracteurs et de climatiseurs était venu se plaindre un jour chez Ferrari de la fragilité de l'embrayage de sa voiture. Vexé, Enzo Ferrari aurait eu cette réplique cinglante : «Lamborghini, vous savez peut-être conduire un tracteur mais vous ne saurez jamais piloter correctement une Ferrari
Furieux, Lamborghini aurait pris le taureau par les cornes pour se lancer dans la construction de voitures de sport parfaites. Mythe ou réalité, peu importe au fond. Profitons de ce beau livre publié chez E-T-A-I et rédigé par Stuart Codling pour retrouver les modèles qui ont fait rêver les amateurs de la marque au taureau de combat.

Une aventure à succès, débutée par un coup de maître, une pure oeuvre d'art : la Miura. Sans doute la plus belle de toute la gamme. Magnifiée davantage par les photos de James Mann, dont les clichés illustrent ce beau livre.
La Miura, à moteur central, très basse avec son mètre de hauteur, au moteur placé à quelques centimètres de la tête du conducteur. Une sacrée monture, comme le démontrent les articles rédigés à sa sortie et reproduits par l'auteur. «Quiconque ayant vraiment atteint 270 km/h au volant d'une Miura peut vous dire que l'effet ressenti est celui d'un avion lancé sur une piste, prêt pour un décollage immédiat! (...) Ne vous y trompez pas : cette voiture n'est pas faite pour les trouillards ni pour les gens impressionnables
Lamborghini
Des propos que l'on peut dédier également aux autres bolides de la marque. Pas vraiment des jouets pour petits garçons. Comme cette Countach quattrovalvole présentée dans une superbe livrée rouge. Ou les suivantes, aux lignes extravagantes mais pures. Comme La Diablo, la Murciélago ou la Gallardo, modèle le plus diffusé dans l'histoire de la marque avec 14022 exemplaires. Chaque modèle est présenté avec son histoire, sa fiche technique et de nombreux clichés extérieurs ou intérieurs. De quoi faire rêver le lecteur et rendre hommage à l'audace de la marque, pour ses choix. Outre les nombreux chapitres dédiés aux designers et ingénieurs qui ont participé au succès de Lamborghini, un encadré revient sur un épisode méconnu. Le projet avorté de Lamborghini de participer au championnat de F1. La compétition, quasiment absente du livre. Contrairement à Ferrari, dont le nom est lié à de nombreuses épreuves, Lamborghini n'a pas marqué le sport automobile de la même façon. Ferrucio Lamborghini considérait la course comme un jeu inutile. Un Lamborghini qui regrettait, souligne l'auteur, de voir ses créations conduites par des pop stars ou des parvenus, sans aucun respect pour ses voitures.

Face à ces monstres de puissance, le propriétaire doit avoir une belle âme de toréador pour maîtriser la bête qui se cache dans les entrailles de sa petite merveille. Conduire une Lamborghini? Born to be wild.

Philippe Degouy

«50 ans de Supercars Lamborghini. De l'incroyable Miura aux hypercars actuelles». Préface de Fabio Lamborghini. Textes de Stuart Codling, photographies de James Mann. E-T-A-I éditions, 226 pages
Couverture : éditions E-T-A-I

Posté le 27 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Mac Fly, l’as des as est aussi une sacrée brêle

Lieutenant Mac Fly au rapport mon adjudant-chef. Pilote d’essai sur Hellis, ultime base de l’US Air Force dont l’existence est encore niée par la Commission des Finances. Un lieu secret dirigé par le colonel Linebacker, vétéran du Vietnam, «j’aime l’odeur du bacon au petit matin». D’emblée, le ton est donné. On est dans la parodie, dans le récit humoristique bourré de jeux de mots, de références au cinéma d'action et aux séries télévisées. De «Top Gun» à «Apocalypse Now», en passant par «Les Envahisseurs» ou «Iron Eagle», «ID4» et autres classiques du genre, comme «Nimitz retour vers l’enfer.»

Mac FlyDans cet album au doux parfum de kérosène, Mac Fly vole, s’éjecte, échappe aux raptors, aux Russes, aux agents secrets. Et laisse s’échapper ses conquêtes féminines. Dont la sublime Belinda. Et pourtant, elle a les yeux bleus Belinda. Elle a le front blond Belinda. Mais on s’égare.
Sur un scénario déjanté, mais documenté, de Fred Duval, Jean Barbaud a réalisé une sacrée prouesse avec ce petit monde des fous du ciel. On y retrouve quasiment tout le parc aéronautique passé, présent et presque futur de l’US Air Force. Du Spad XIII de l'as américain Eddie Rickenbacker au drone Predator, en passant par le P-38 Lightning, le F-4 Phantom II, le F-16, le F-15 Eagle ou l’A-1H Skyraider. Tous acteurs de petites histoires articulées autour de ce gaffeur qui est à l'aviation ce que Lagaffe est au travail de bureau. Un fléau.

Comme le dit si bien Mac Fly, «jet pilots do it better». Les autres, peut-être mais ce gars est un cas à part. Sorte de Buck Danny version beauf. Pas méchant, mais macho et con à la fois. Pilote de 4e génération chez les Mac Fly, famille qui peut se vanter d’avoir crashé plus de 500 avions.
Comme le dit son supérieur, «Mac Fly est une brêle dans à peu près tous les domaines, sauf dans le combat aérien.» Le seul pilote à pratiquer le tir aux clays avec un A-10 tueur de chars équipé de son terrible canon de 30mm.

L’intégrale des aventures, bonnes et joyeuses, de ce lieutenant typiquement made in USA, décontracté et sûr de lui, se referme sur un bonus, des crayonnés d’appareils présents dans l’album. Eux aussi occupent la scène, dans un drôle de cirque aérien où se retrouvent warbirds et avions de dernière génération. Une BD qui devrait plaire à tout fana aéro. Cadeau idéal à glisser sous le sapin vert. S’il reste encore un peu de place. 

Philippe Degouy

«Lieutenant Mac Fly». Scénario de Fred Duval, dessin de Jean Barbaud. Éditions Paquet, 140 pages
Couverture : éditions Paquet

Posté le 26 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

En vol avec les Belges du 350 Squadron

Sanglé dans son F-16, visière sur les yeux, concentré sur la procédure de décollage, le jeune pilote de chasse belge a-t-il une petite pensée pour ses aînés qui ont forgé la légende du 350e Squadron?
Une unité née en novembre 1941, racontée dans un très beau livre rédigé par André Bar et Jean-Louis Roba et publié chez Lela Presse.
L’histoire de ces jeunes pilotes, idéalistes et patriotes, qui ont rejoint l’Angleterre pour poursuivre la lutte contre l’occupant allemand. Le chapitre relatif au périple de ces pilotes évadés de Belgique vaut son pesant d’or. Un parcours aventureux et dangereux. Une grande vadrouille pour rejoindre la Grande-Bretagne, terre promise de ces années de fer et de feu. Comme le soulignent les auteurs, «si le gouvernement belge en Grande-Bretagne n’avait dû compter que sur les seuls aviateurs belges présents en Grande-Bretagne en 1940, la force aérienne se serait vite étiolée

SquadronSolidement documenté et illustré, l’ouvrage retrace le quotidien de ces pilotes, depuis leur départ mouvementé de Belgique occupée jusqu’à l’arrivée en escadrille et les combats aériens qui ont mené à la victoire. Le récit de la dernière mission de la guerre est à pointer, pour son côté folklorique.
Au fil des nombreux chapitres, la priorité est donnée aux témoignages des acteurs de ce drame vécu dans les airs, illustrés de nombreux clichés inédits. On y découvre des moments émouvants, dramatiques mais drôles également. Les pilotes avaient notamment conservé leur belgitude et la nostalgie du pays. Chaque 21 juillet était ainsi fêté avec les moyens du bord, mais sans oublier frites et bière. Quant au drapeau belge,, il accompagnait les pilotes. Peint sur les carlingues,, ou emporté dans le cockpit comme symbole de résistance. Les auteurs rappellent ce geste posé par le squadron leader Donnet qui avait largué un drapeau belge près du Palais de Justice de Bruxelles, sa ville natale.
Outre les textes qui permettent aux lecteurs de s’immerger au sein de la vie quotidienne des pilotes belges, les photos illustrent des moments rarement évoqués. Comme le fait d'astiquer un avion pour gagner quelques kilomètres/heure. Historique aussi cette photo du Palais de Justice de Bruxelles prise en janvier 1943 et sur laquelle on distingue deux Spitfire cerclant autour de l'édifice.

Il faut saluer l’énorme travail de recherche effectué par André Bar et Jean-Louis Roba et leur sélection de centaines de photos qui permettent aux lecteurs de mettre un visage sur ces héros. Comme Michel «Mike» Donnet, Guy de Patoul, Werner de Merode et bien d’autres.
Un travail de mémoire qu’il faut apprécier à sa juste valeur. Les biographies de ces 96 pilotes du 350e clôturent cet album émouvant. Notamment à l'évocation des disparus, morts seuls dans les cieux, victimes d'accidents ou noyés dans la Manche.
Au terme de la guerre, les pilotes belges ont pu revendiquer plus de 66 victoires certaines. Un bilan plus qu' honorable pour des opérations aériennes menées de Dieppe en 1942 à la campagne d’Allemagne en passant par la Normandie, la bataille des Ardennes ou la Hollande en septembre 1944.
Après-guerre, beaucoup de vétérans ont poursuivi une carrière dans l’aviation militaire ou au sein de la Sabena. On citera notamment Robert Bladt, fondateur du team acrobatique des Diables Rouges.

Philippe Degouy

«Le 350 (Belgian) Squadron», par André Bar et Jean-Louis Roba. Collection Histoire des unités n°6. Lela Presse, 240 pages, 400 photos. 39,00 euros
Couverture : éditions Lela Presse

Posté le 23 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Et pour quelques livres de plus sous le sapin

C’est une tradition sur le blog @Lupourvous, nous adorons vous présenter, après après année, notre petite sélection de livres pour les fêtes. Des livres lus et aimés. Ceux que l’on souhaiterait recevoir en cadeau. Nous avons puisé des ouvrages dans différents genres littéraires, de quoi satisfaire un large public.
À quelques jours de Noël, voici une petite liste qui devrait vous aider à trouver des idées de présents à offrir.

Joyeuses fêtes et bonne lecture. N’hésitez pas à nous suivre sur twitter, @Lupourvous

Philippe Degouy

Gaston, un gaffeur sachant gaffer

Gaston-lagaffe-730x932Commençons par ce beau livre d’actualité, lié à l’exposition Gaston Lagaffe qui se tient à Paris. Un ouvrage qui retrace les 60 ans de gaffes du sieur Gaston, créé par le génial Franquin. C’est d’ailleurs lui qui commente les nombreuses planches reproduites dans cet album joyeux comme le souvenir de lectures d’enfance. Avec cet album, c’est certain, vous allez faire un heureux. M’enfin! L'héritage Gaston Lagaffe? C’est la somme de quelque 900 gags parus dans Spirou et qui ont mis à mal nos zygomatiques. On se délecte de la lecture de ce catalogue, un beau livre au goût exquis de douce nostalgie. Avec des reproductions de planches commentées par le maître.
À la lecture de ses commentaires ou anecdotes, on entend presque sa voix souriante, empreinte d’amour paternel pour ce fils de papier pour lequel il éprouve un tendre amour. Car ce gamin, c’est un peu lui. Cet adulte qui se préfère en enfant. Et ses gaffes, ses révoltes sont les siennes.
«Gaston au-delà de Lagaffe. Une visite guidée dans l’univers de Gaston commentée par Franquin». Éditions Dupuis/Bibliothèque Centre Pompidou, 210 pages, 30 euros
Couverture : éditions Dupuis

Jacky Ickx, une vie de champion vécue pied au plancher

Présent, en rôle secondaire, dans la série Michel Vaillant, Jacky Ickx occupe désormais la pole position dans ce diptyque publié par la collection «Plein gaz» des éditions Glénat. Un juste retour des choses pour le pilote automobile belge le plus titré. Avec «Jacky Ickx le rainmaster», Jean-Marc Krings au dessin et Vincent Dugomier au scénario retracent son parcours étonnant.
ICKXR«L’équilibriste», «Le maître de la pluie», «Le maître du Ring»… Peu importe le surnom gagné en course, Jacky Ickx reste dans la mémoire collective comme un champion qui a fait rêver toute la Belgique, au même titre, dans un autre domaine, qu’Eddy Merckx.
L’album dresse un portrait complet de «la légende» du sport automobile, avec un angle abordé qui alterne entre le pilote et l’être humain. Avec son dessin semi-réaliste, la bande dessinée permet de suivre la métamorphose d’un jeune surdoué en champion façonné par les courses et les drames. On suit un jeune homme timide depuis ses premières courses en trial jusqu’aux plus hautes marches du podium. Outre la biographie d’un champion, le lecteur retrouve avec plaisir l’ambiance de ces années d’or pour le sport automobile.
«Jacky Ickx. T.1 Le rainmaster», dessin de Jean-Marc Krings, scénario de Dugomier. Collection Plein gaz. Éditions Glénat, 48 pages
Couverture : éditions Glénat

Ils sont fous ces Romains Astérix, ils parlent latin

Asterix.jpgOKÀ l’heure du retour triomphal du latin dans les écoles, pourquoi ne pas l’apprécier davantage avec les planches de la saga Astérix et Obélix ? «Astérix, les citations latines expliquées », un chouette ouvrage, à la fois éducatif et distrayant, réalisé par Bernard-Pierre Molin. À l’aide de vignettes extraites d’albums du duo gaulois, l’auteur explique et raconte la genèse de plusieurs dizaines de citations, connues ou pas. Il les replace dans leur contexte historique et dénonce certaines idées reçues ou citations mal traduites. Le tout dans le même climat humoristique que celui de son modèle, Goscinny. Le César de la bande dessinée franco-belge.
Un joyeux livre qui prouve que le latin n’est pas encore mort, par Toutatis.
«Astérix, les citations latines expliquées», par Bernard-Pierre Molin. Éditions du Chêne, 160 pages, 14,90 euros environ
Couverture : éditions du Chêne

Comanche, il était une fois dans l’Ouest

Bonne idée que celle des éditions du Lombard : republier à prix d’ami la collection western Comanche du duo Greg et Hermann (Grand prix d’Angoulême 2016). Un phare du Nouveau western, qui n'a pas pris une ride et qui permet d’assister à la fin du vieil Ouest. Sur la route de la civilisation, en parallèle avec le développement du ranch et de la mentalité des héros. La loi du Colt se voit peu à peu remplacée par celles amenées par les juristes venus de l’Est. On retrouve avec plaisir les membres du ranch du triple six, commandés par Comanche. Comanche-tome-1-red-dustUne jeune femme de caractère, affublée d’un vieux contremaître, Ten-Gallons, pour toute compagnie face à de puissants ennemis. Les dix premiers tomes de la saga seront progressivement publiés par Le Lombard. Aucun n’est à laisser sur le bord de la route. Des pépites travaillées par deux orfèvres, avec le souci du détail poussé jusqu’aux titres, accrocheurs : Le désert sans lumière, Le doigt du diable, Furie rebelle, Et le diable hurla de joie...
Une série qui ravira de très bons souvenirs liés au mythique magazine Tintin.
Comanche. Red Dust. Scénario de Greg, dessin de Hermann. Éditions du Lombard, 48 pages. 9,99 euros
Couverture : éditions du Lombard

L’histoire de l’art s’apprend mieux avec le sourire

Vous connaissez Peter Duggan ? Un dessinateur australien qui aime dérouter ses lecteurs par des cartoons en forme d’hommages. Ceux sélectionnés dans cet album publié en noir et blanc chez Flammarion retracent l’histoire de l’art avec ironie, et cynisme. Personne n’est épargné, les maîtres sont tournés en dérision pour le plus grand plaisir des connaisseurs. On rit, mais on ne se moque pas. CartoonsDe la préhistoire à l’an 4000, période où les visiteurs de musées s’offusqueront de la présence de ces statues antiques incomplètes, Peter Duggan, fin connaisseur du monde artistique, propose une véritable histoire de l’art, dans une sorte de jeu complice avec ses lecteurs, qui doivent avoir un minimum de connaissances pour saisir pleinement les dessins. Une lecture hilarante, mais instructive.
Un exemple ? Le dessin, une case, qui ironise sur le talent de Jackson Pollock est tout simplement hilarant. Un régal. Il relate «sa première commande de peinture de plafond qui fut aussi la dernière.» Fort drôle également est le regard de l’artiste sur le sponsoring culturel, avec une statue de David avec la tête du clown McDonald, un hamburger et des frites dans les mains. Les dérives du consumérisme poussées à l’extrême. Nul doute qu’après avoir apprécié l’humour de Peter Duggan, vous n’aurez plus le même regard sur l’art lors de votre prochaine visite de musée ou d’exposition. Si tel est le cas, l’objectif de l’auteur aura atteint son but.
©artoons, une histoire insolente de l’art en BD. Par Peter Duggan. Éditions Flammarion, 128 pages
Couverture : éditions Flammarion

Louise Brooks, l’insoumise qui a défié Hollywood

Avec sa coupe au carré, à la garçonne, son physique androgyne et un visage à faire fondre n’importe qui, Louise Brooks peut se targuer d’avoir fait chavirer plus d’un amant. Star d’un seul film, «Loulou ou la boîte de Pandore», de Georg Pabst, l'artiste, plus danseuse qu'actrice, renaît grâce à «Louise Brooks. Le venin du scorpion» (éd. Casterman).
LouiseUn portrait fidèle de cette rebelle mise sur liste noire par le tout Hollywood pour son franc-parler et son goût pour le défi. Une pauvre âme en perdition dans le Hollywood des années folles, où il ne faisait pas bon de dire non à un producteur. Au risque de voir les portes se fermer à jamais. «Ceux qui l’ont vue ne pourront jamais l’oublier, elle est l’actrice moderne par excellence. Elle est l’incarnation la plus parfaite de la photogénie. Il n’y a pas de Marlène! Il n’y a pas de Garbo! Il n’y a que Louise Brooks!» s’extasiait Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque française. Soit la parfaite conclusion d’une bande dessinée parfaitement documentée. Une pépite. Tout l’album est résumé par le portrait de couverture, avec ces yeux fabuleux qui semblent défier le monde entier.
Cette bio graphique peut se lire comme une sérieuse claque balancée à tous les machos qui piétinent sans vergogne l'image de la femme.
«Louise Brooks. Le venin du scorpion», scénario de Chantal van den Heuvel, dessin de Joël Alessandra. Éditions Casterman, 128 pages, 22 euros
Couverture : éditions Casterman


Cette année, les romans ont été nombreux, d’excellente qualité. Avec une catégorie qui a bien fonctionné auprès du public : les biographies romancées. L’occasion de retrouver des figures disparues, méconnues. À l’instar de Charles Bronson, la montagne au sourire de pierre. De Charles Buchinsky, alias Charles Bronson, on retient, à tort, ses derniers films tournés dans les années 80. Purs produits de consommation destinés à rapporter des paquets de dollars sur un personnage identique : le justicier tueur de dealers, de petites frappes. Mais Bronson était-il encore Bronson à cette époque ? Si loin de ce visage d’Indien buriné aux moustaches de gitan qu'il offrait aux spectateurs à ses débuts d'acteur. BRONSONAujourd’hui, méprisé par les cinéphiles et la critique, absent des programmations télévisées, Charles Bronson se refait le portrait sous la plume du journaliste Arnaud Sagnard. Cinq ans de recherches, d’entretiens et de visions de films pour publier «Bronson» (éd. Stock).
S’il suffit aujourd’hui de dire que l’on aime les films de Bronson pour faire naître un sourire imbécile, il faut pourtant se rappeler les grands classiques tournés par cette montagne de muscles : Les sept mercenaires, Il était une fois dans l’Ouest, La grande évasion, Adieu l'ami, Le passager de la pluie, L’homme au masque de cire, Les 12 salopards, Monsieur St Yves…
Un roman passionnant, nostalgique. Pour ceux qui ont vécu l’adolescence dans les années 80, avec ces vidéoclubs où les films se louaient sous forme de cassettes magnétiques à lire sur un magnétoscope, appareil aujourd’hui rangé au musée. Ces boîtes noires qui ont permis à l’auteur de se faire les dents sur la filmographie de Charles Bronson, une star virile, aux pieds d’argile. Et de goûter à l'envie de le rencontrer, par les mots.
«Bronson», roman d’Arnaud Sagnard. Éditions Stock. 269 pages, 19 euros environ
Couverture : éditions Sagnard


Autre acteur disparu, aussi tourmenté que Bronson, Patrick Dewaere revient parmi nous, le temps d’un roman rédigé par Enguerrand Guépy, «Un fauve» (éd. Du Rocher). En quelque 190 pages, le lecteur revisite un pan du cinéma français à travers le portrait de ce fauve aux griffes de cristal. L’acteur de films devenus des classiques. Comme Les valseuses, Adieu poulet, Le juge Fayard, Un mauvais fils ou le truculent Préparez vos mouchoirs. Rien à jeter. DEWAERELe roman retrace la dernière journée de l'acteur. En cet été 1982, l’acteur veut retrouver les projecteurs. Prouver enfin à la critique et au grand public qu’il mérite qu’on lui donne sa chance. Enfin. Pour un rôle de gagnant. Pas moins que celui de Marcel Cerdan, ce champion de boxe devenue une icône. Même si la fin de l’histoire est connue dès le départ, le lecteur suit avec intérêt le parcours de Patrick Dewaere et ne peut que ressentir de l’empathie pour l’acteur. Si fragile derrière sa carapace d’acteur survolté et difficile à dompter.
«Un fauve», roman de Enguerrand Guépy. Éditions du Rocher, 194 pages
17,90 euros
Couverture : éditions du Rocher

Pour les fêtes, vous allez sans doute passer du temps en cuisine pour ceux que vous aimez. Invitez donc le chef Benoît Pierre. Avec son dernier ouvrage, «Cuisinez simplement, c’est amusant», il propose de redécouvrir le plaisir de réaliser des recettes d’antan, savoureuses. Un livre qui revisite un genre littéraire au langage souvent trop abscons. CuisinezBenoît Pierre utilise l’humour et le conseil pour amener ses lecteurs en cuisine, et les guider sur ce terrain de jeu idéal. On passe de la recette de la blanquette de veau, comme la préparait madame Maigret pour son commissaire de mari, au saumon fumé et ses blinis faits à la maison façon Vladimir. À la russe quoi, avec crème fraîche, tarama et filets de harengs marinés. En passant par le poulet rôti façon grand-mère, la tarte aux fraises ou la mousse au chocolat pour retomber en enfance. Plus qu’un livre de recettes, l’ouvrage est véritable one man show comico-culinaire présenté par un chef qui ne se prend pas au sérieux. Si, une fois, quand il souligne l’importance du choix des produits.
«Cuisinez simplement. C’est amusant», par Benoît Pierre. Éditions le Nouvel Athanor, 166 pages, 22 euros
Couverture : éditions le Nouvel Athanor

Vous avez un cinéphile parmi vos proches? Si oui, ce «Dictionnaire Clint Eastwood» devrait lui plaire. Avec les analyses d’un auteur qui a consacré sa thèse de doctorat à l’acteur-réalisateur, nous découvrons les éléments fondateurs du cinéma d’Eastwood, ses modèles, des films moins connus de sa filmographie, tous décortiqués, analysés. Ce dictionnaire se lit avec plaisir, par petites touches, au hasard des entrées choisies. EASTWOODComme autant de portes d’entrées dans un cinéma bien plus complexe que l’image publique de l’Américain. Son cinéma de révolte, nostalgique d’une Amérique qui n’est plus, injuste, reste celui d’un American sniper. Qui a toujours su viser juste pour se créer un monde parfait. Un cinéma à voir, à revoir, après la lecture de ce dictionnaire qui évite le panégyrique. Le plaisir de tourner avec Eastwood ? C’est sans doute Donald Sutherland qui l'exprime le mieux. Avec une boutade qui a été maintes fois reprise : «J’avais toujours eu envie de recevoir un coup de fil d’Eastwood pour jouer dans l’un de ses films pour la somme de 100.000 dollars. Et quand je l’ai reçu, j’ai demandé à qui je devais envoyer le chèque
«Dictionnaire Clint Eastwood», par Andrea Grunert. Éditions Vendémiaire, 256 pages
Couverture : éditions Vendémiaire

D’un autre style, l’encyclopédie Michel Audiard permet de concilier amour du cinéma et beau livre. Joyeuse comme une réplique mémorable qui fera rire l’assemblée autour du sapin. «Regarder tout Audiard, c’est voir le cinéma français de la moitié du XXe siècle défiler sous ses yeux» déclare Stéphane Germain, l’auteur de cette encyclopédie consacrée à l’œuvre de l’artiste. Son ouvrage, publié chez Hugo & Cie, comble un fossé dans la mémoire du cinéma français et répond à cette question : «pourquoi cette passion pour le cinéma d’Audiard
AUDIARDUne encyclopédie vouée à l’amour du verbe et des mots («Faut s’emmerder…si on veut faire durer le temps»). Un goût affirmé pour ce cinéma populaire revendiqué par pure provocation par l’auteur, et par nostalgie pour cette France d’avant. N’en déplaise à la critique, qui ne fut jamais tendre avec le cinéma d'Audiard.
«Ne nous fâchons pas», «Le Pacha», «Elle cause plus elle flingue», «Mortelle randonnée», «Un singe en hiver», «Mélodie en sous-sol», «Les Tontons flingueurs», «Les Barbouzes», «Le Président»…. Quelques exemples de films, tous des classiques, qui portent la marque Audiard. Depuis sa disparition en 1985, «Michel Audiard est entré au panthéon par la cuisine. Il y a trouvé assis, Lino, Bernard, Francis Jean et Robert. Ils se sont serrés un peu pour lui faire une place. La cuite est désormais éternelle
Comme son cinéma. Clap de fin.
«L’encyclopédie Audiard», par Stéphane Germain. Éditions Hugo & Cie, 304 pages
Couverture : éditions Hugo & Cie


Nombreux sont les ouvrages consacrés à la famille royale belge. Mais celui rédigé par Bernard Marnette explore une voie peu exploitée. Avec «Escalades royales», publié aux éditions Nevicata, il retrace la passion pour l’alpinisme partagée par nos souverains. ESCAPADESROYALESLes clichés sélectionnés par l’auteur, lui-même alpiniste, montrent des souverains en toute simplicité. Une modestie face à la montagne qui ressort de tous les témoignages rapportés au fil des pages de l’album. «Cela fait un étrange effet de voir un homme à cheveux blancs, la chemise trempée, et de savoir que cet homme est un roi» déclarait à propos du roi Albert 1er Giusto Gervasutti, membre de cordée avec le souverain.
Un très beau livre qui montre des souverains heureux, seuls sur les pentes des Alpes. Les souverains sont montrés comme des citoyens ordinaires, des sportifs immortalisés en toute simplicité, sans aucun apparat. Juste des alpinistes lancés dans un défi sportif, vaincre les sommets.
«Escalades royales. Les rois et reines des Belges alpinistes», par Bernard Marnette. Éditions Nevicata, 176 pages, 250 photos et documents, 35 euros. www.editionsnevicata.be
Couverture : éditions Nevicata


Qui êtes-vous vraiment monsieur Simenon? Pour dénouer l’écheveau, il faut suivre ses déplacements dans cette Belgique qu’il aimait tant.
Rédigé par les écrivains Christian Libens et Michel Carly, «La Belgique de Simenon. 101 scènes d’enquêtes» (éd. Weyrich) permet au lecteur de se plonger dans l’atmosphère de l’écrivain. Si particulière.
«Au fil de nos recherches, notre principal souci a été d’aborder le vécu et l’univers de l’écrivain sous des angles inédits. Comment se présente notamment le Liège de la prostitution à l’époque? Pourquoi Simenon vouait une telle haine à l’incarcération?» Deux questions parmi d’autres auxquelles répondent les auteurs, passionnés par leur sujet. SimenonAu fil des pages qui composent ce joli jeu de piste organisé sur les terres natales de l’auteur, on suit la naissance d’un écrivain, sa première visite d’un commissariat, ses multiples influences et ses folies.
Liège, Bruxelles, Paris ou la Suisse. Peu importe l’endroit où il vivait. Simenon avait toujours gardé «une fidélité profonde à la Belgique», sa terre natale omniprésente dans son œuvre.
Un beau livre de plus sur Simenon qui s’apprécie, chapitre après chapitre, et qui se termine par une lecture. «Par quels Simenon commencer? Les plus anciens? Les Maigret?»
Un choix qui vous appartient.
«La Belgique de Simenon. 101 scènes d’enquêtes», par Christian Libens et Michel Carly. Éditions Weyrich, 268 pages
Couverture : éditions Weyrich

Posté le 21 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Une grande vadrouille culinaire avec Gérard Depardieu

Immense, fort en gueule, blagueur, épicurien, Gérard Depardieu aime tout ce qui est bon. À boire ou à manger. 
Avec Laurent Audiot, le chef cuisinier qui officie au sein de son restaurant parisien «La Fontaine Gaillon», le comédien invite à le suivre dans un vaste périple gastronomique à travers l'Europe. Un voyage à la découverte des produits les plus authentiques, ingrédients d’une bonne cuisine.
Son livre, «Un voyage gastronomique et épicurien» (éd. Michel Lafon) constitue le prolongement idéal des films de sa série télévisée «À pleines dents». Un beau livre, un bel objet richement illustré, bouquet de jolies rencontres. Celles de producteurs européens, heureux de partager avec Gérard Depardieu l’amour d’une poule élevée au grand air, d’un plat de spaghetti ou d’un bon jambon. «Je suis une mauvaise herbe, Laurent (Audiot) aussi. Les mauvaises herbes, ça vole partout, vers les autres, vers le partage. On ne peut connaître la vérité qu’en étant sur place et en rencontrant les gens» déclare l’acteur, heureux comme un poisson dans l’eau quand il s'agit de parler de bonne bouffe.

DEPARDIEUAu fil des pages, on voyage de l’Ecosse à la Bavière, en passant par le Portugal ou l’Italie. Un périple illustré de joyeux clichés, histoire de mettre le lecteur en situation, comme s'il accompagnait, lui aussi, le duo.
Sans lui manquer de respect, Gérard Depardieu a du nez pour dénicher la bonne adresse. Et sympa en plus, car son livre se referme sur un carnet d’adresses où acheter les produits présentés dans l'ouvrage. 
Quelque trente recettes illustrent ce périple que n’aurait pas renié un Obélix dans son tour de France. Pour les fêtes, pourquoi ne pas se laisser séduire par cette salade de homard, voire par un homard à l’américaine (à choisir avec de longues antennes, pour sa qualité)? Ou, au choix, par des noisettes de chevreuil aux myrtilles sauvages de l’île de Skye, un risotto aux truffes blanches d’Alba ou cette redoutable tarte aux anchois, aux olives et aux oignons blancs de Naples. Manger du poulet ? D’accord, mais pas de la saloperie industrielle. Un poulet du Prat (Catalogne), à cuire à la façon Depardieu, avec le doux mélange de quartiers de poires vertes et de bâtons de cannelle.
«Les régimes, ce n’est pas pour moi. Je suis contre les privations. Je ne suis pas Gandhi» aime-t-il déclarer dans un grand éclat de rire. On le croit bien volontiers.

Au fil des visites de producteurs, qui ont parfois tout quitté par passion, le lecteur découvre aussi de jolies curiosités. Comme le miel récolté sur les toits de l’Opéra Garnier, dont les ruches offrent un miel unique dit-on. Mais aussi des produits rarement utilisés dans nos cuisines. À tort. Prenez l’algue, par exemple. Dix grammes contiennent autant d’iode que 11 kilos de cabillaud, autant de fer qu’un kilo d’épinards. Bon à savoir non?
Manger, d’accord, mais quid des vins Gérard? «J’aime quand un vin ne sent pas trop au départ. Quand il se donne après
Un gourmand de nourritures terrestres et spirituelles. De Baudelaire, il reprend cette citation : «un homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables.» Pas lui, c’est certain.
Certains clichés se révèlent fort drôles et rappellent des scènes du cinéma. Comme celui qui montre les auteurs en compagnie d’un producteur de schnaps, pour une dégustation de produits. On croirait reproduite la fameuse scène de la cuisine dans «Les Tontons flingueurs».

Le livre refermé, il reste une envie en tête, comme une sorte de mission impossible. Celle d’être invité, un jour, à la table de Gérard Depardieu et de lui laisser le choix des mets et des vins. Quelle expérience à vivre! De l’au-delà (alors qu’ils préféraient tous le vin d’ici) Jean Gabin, Jean Carmet, Bernard Blier et Lino Ventura approuvent.

Philippe Degouy

«À pleines dents. Un voyage gastronomique et épicurien», par Gérard Depardieu avec Laurent Audiot. Éditions Michel Lafon, 192 pages, 33,70 euros environ
Couverture : éditions Michel Lafon

Posté le 21 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

L'alpinisme, un loisir royal

Certes, nombreux sont les ouvrages consacrés à la famille royale belge. Mais celui rédigé par Bernard Marnette explore une voie peu exploitée. Avec «Escalades royales», publié aux éditions Nevicata, il retrace une passion pour l’alpinisme partagée par nos souverains.
À l’évocation du sujet reviennent inévitablement les souvenirs douloureux du dramatique accident du roi Albert 1er. Les anciens ont été profondément marqués par la perte de ce roi Chevalier qui fut aussi un roi Alpiniste. Passons sur la polémique qui entoure sa mort survenue le 17 février 1934, le décès a été classé comme accidentel par l’enquête, pour apprécier davantage son portrait de grand sportif. Pour la petite histoire, c’est le chimiste Ernest Solvay qui avait initié le roi à ce sport rude.
Le ton choisi par l’album est joyeux. Les souverains sont épanouis dans un cadre naturel de toute beauté. Seuls, sans le protocole rigide inhérent à la fonction.
Les clichés sélectionnés par l’auteur, lui-même alpiniste, montrent des souverains en toute simplicité. Une modestie face à la montagne qui ressort de tous les témoignages rapportés au fil des pages de l’album. «Cela fait un étrange effet de voir un homme à cheveux blancs, la chemise trempée, et de savoir que cet homme est un roi» déclarait à propos du roi Albert 1er Giusto Gervasutti, membre de cordée avec le souverain.
Force est de constater que l’ombre de l’immense roi plane sur l’ouvrage. Une personnalité qui a imprimé son nom là-haut, sur les pentes. Comme le pic Albert, près de Chamonix ou ces stèles et statues laissées face au vent piquant des sommets. La montagne, magnifiée elle aussi avec des clichés de toute beauté choisis par Bernard Marnette.

ESCAPADESROYALESSi Albert 1er est omniprésent dans l’album, l’auteur souligne également la notion de partage, de complicité qui régnait au sein de la famille royale belge. Une cordée royale d'amateurs d'alpinisme. L’attrait de la montagne fut notamment un ciment puissant entre Albert 1er et son fils Léopold III. Excellent grimpeur lui aussi, comme le prouvent ces clichés avec Léopold III en pleine lutte pour la victoire au sommet. Lui aussi, en tenue légère, avec une casquette et une cigarette en bouche.
Un souverain manifestement heureux dans ce cadre.«À l’instar de son père, le roi Albert, Léopold trouvait en montagne l’équilibre de l’âme et du corps
Un sport qui n’était pas l’apanage d’Albert 1er, Léopold ou Charles, plutôt discret dans l’album, puisque l’on retrouve de nombreux clichés d’Elisabeth, Astrid et Marie-José, heureuses de partager également cette passion royale pour la haute montagne.

Au fil de la lecture se découvrent de très nombreux clichés étonnants, inédits. Voire drôles, comme celui, puisé dans les archives familiales, qui montre le jeune roi Baudouin, en cordée dans l’Estérel, chaussé de simples souliers vernis. Comme le souligne l’auteur, «le jeune souverain s’avèrera finalement davantage contemplatif que grimpeur

Le beau livre publie également de nombreux documents personnels, comme des reproductions de livres dédicacés, des cartes postales annotées ou des lettres familiales. Dont celle, émouvante, écrite par Albert 1er à son fils Léopold, signée «ton padre et amigo». Une lettre écrite quelques jours avant la chute mortelle du roi à Marche-les-Dames.
À côté des photos, majoritaires dans l'album, les textes apportent quant à eux les nombreux témoignages de ceux qui ont grimpé aux côtés des souverains. Sans oublier des anecdotes savoureuses. Comme le récit de l’escalade du rocher Bayard, par Léopold et Albert, de nuit. Seul moment pour profiter du calme et de l’anonymat, du fait de la présence du rocher en ville.

Voilà un ouvrage qui devrait ravir un large public, proche de la famille royale, avec son angle inédit et parfaitement rendu, émouvant. Qui apporte une touche humaine à la fonction royale. Les souverains sont montrés comme des citoyens ordinaires, des sportifs immortalisés en toute simplicité, sans aucun apparat. Juste des alpinistes lancés dans un défi sportif, vaincre les sommets.

Philippe Degouy

«Escalades royales. Les rois et reines des Belges alpinistes», par Bernard Marnette. Éditions Nevicata, 176 pages, 250 photos et documents, 35 euros. www.editionsnevicata.be


Couverture : éditions Nevicata

Posté le 20 décembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Requiem pour un tube

Comment et pourquoi des paroles de chansons populaires peuvent-elles traverser le temps, de génération en génération. Sans perdre de leur intensité? Spécialiste de la chanson française à qui il a déjà dédié une dizaine d’ouvrages, Baptiste Vignol rend l’hommage mérité aux plumes de l’ombre, celles dont les paroles ont fait danser (ou pleurer) dans les chaumières. Les voir placées sous la lumière des projecteurs, le temps d’un livre, n’est qu’un juste retour des choses. Du «téléphone pleure» à «Mélissa», en passant par «La Madrague», «L'été indien», «Le travail c’est la santé» ou «Banana split», voilà autant de succès racontés au fil des pages. Une belle histoire, un beau roman racontés  dans «Les tubes, ça s'écrivait comme ça» (éd. La Tengo).

Mais comment s’écrivent les textes d’un tube? D'où vient l'inspiration et le choix du chanteur? En quinze entretiens menés avec des paroliers à la discographie longue comme le bras, l’auteur y répond et raconte quelque 70 ans de chansons françaises. Un voyage dans le temps qui surfe sur la nostalgie chère à l’éditeur. Son core business. On lui doit notamment le mook «Schnock».
TUBESVous connaissez Maurice Pon? Non? Vous devriez. C’est, notamment, l’auteur de deux superbes pépites chantées par Henri Salvador : «Une chanson douce» et «Le travail, c’est la santé». Quant au tube «Rain and Tears» du groupe Aphrodite’s child, «Le» slow de l’été 68, il est signé Boris Bergman. Un autre auteur prolifique, parolier historique d’Alain Bashung, à l'origine de «Gaby oh Gaby» et «Vertige de l’amour», ce dernier titre trouvé dans les toilettes, surgi comme un déclic après la fermeture de la fermeture éclair d'un jeans. Mais tout n’est pas toujours aussi facile, un tube peut s’écrire d’un jet ou résulter d’un laborieux travail.

Souvenirs et petites histoires inédites sur les chanteurs ou l'époque rendent la lecture attachante. Comme un retour bienvenu aux années bonheur. Un sentiment agréable renforcé encore par les nombreux clichés qui ramènent en mémoire ces stars d'antan. Disparues ou sur le déclin.  Quand un parolier comme François Bernheim parle de l’immense Brigitte Bardot, on se tait et on l’écoute : «professionnelle à mort. La seule chose qu’elle voulait, c’était une coupe de champagne. Jamais je n’ai vu un caprice.»
Parolier de Lio et auteur de ses deux tubes des années 80, «Amoureux solitaires» et «Banana split», Jacques Duvall, alias Eric Verwilghen, déplore quant à lui le manque de risques pris par le monde musical d’aujourd’hui. Les chanteurs reconnus préfèrent rester sur les rails. Sagement. «Autrefois, on pouvait faire un tube avec une inconnue. Comme Lio. Maintenant c’est devenu presque impossible.» Ne parlons même pas des tubes aux paroles subversives, qui seraient étouffées dans l'oeuf par le politiquement correct.

Pourquoi n’a-t-on plus de grands tubes aujourd’hui ? Pour François Bernheim, «on accorde davantage d’importance au son qu’aux paroles, avant d’ajouter, plus optimiste, que la jeune génération va tôt ou tard manquer de repères mélodiques. Il faudra bien revenir aux chansons, celles inscrites dans la mémoire
L’ouvrage refermé, avec toutes ces mélodies qui transforment notre cerveau en juke-box, une question demeure sans réponse. Que restera-t-il de la production musicale française actuelle dans plusieurs décennies ? 

Philippe Degouy

«Les tubes ça s’écrivait comme ça. La parole aux paroliers», par Baptiste Vignol. Éditions La Tengo, 192 pages
Couverture : La Tengo

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