Accueil Les Marchés Mon Argent Sabato

février 2017

Posté le 28 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

L'histoire de l'aviation racontée par les cockpits de Jean-Luc Beghin

Quel adulte amateur de BD et d'aviation a bien pu oublier ces posters de cockpits publiés voici quelques décennies dans le magazine Spirou? Majoritairement réalisés en noir et blanc, et souvent épinglés dans les chambres des ados d’antan. L’œuvre d’un homme : Jean-Luc Beghin. L’artiste belge se rappelle à notre mémoire avec la publication, aux éditions Paquet, d'un ouvrage nostalgique. Une biographie illustrée construite comme un coffre aux trésors. Avec le récit de rencontres, de vols au sein d’appareils mythiques ou de trouvailles d’objets aéronautiques.

Cet artbook revient sur une carrière de dessinateur encore loin d'être achevée. Installé en Californie depuis 1976, Jean-Luc Beghin poursuit sa passion. Il reste tant à voir, à reproduire dans ce monde de l’aviation où le rêve est permanent.
Avec les nombreux cockpits reproduits au fil des pages, c’est toute l’histoire de l’aviation qui défile également sous nos yeux. Retracée par un artiste qui se souvient du petit garçon de cinq ans qu’il était lors de la Libération, en 1944. «Ma culture aéronautique s’est faite aux sons des Merlin, des Pratt & Whitney, des Wright et des Allison.» Des sons, mais aussi des images. Comme ces escadrilles de chasseurs et de bombardiers alliés qui survolaient la Belgique. Ou ces avions de métal ou de toile exposés après la guerre dans les grandes villes comme Liège ou Anvers.

Oui, sans conteste, ce livre peut se comparer à un magasin de jouets. Chapitre après chapitre, le lecteur savoure cette lecture, et découvre des pièces d’archive de grande valeur historique. Comme ce cliché du roi Baudouin, admiratif devant un poster de YF-16 dessiné par l’auteur (ce F-16 que la Belgique entend remplacer). Ou cette lettre de la NASA rédigée et signée par Wernher von Braun, père de la conquête spatiale américaine (et, hélas, des sinistres fusées V2), en guise de félicitations pour le poster de la cabine Apollo.

COCKPIT2Une biographie illustrée de nombreux clichés personnels et de reproductions de cockpits. Elle se lit les yeux grands ouverts, non sans une certaine jalousie. Pour ces rencontres avec des pilotes, des astronautes… Ceux qui ont marqué l'Histoire. Des moments de légende relatés par l’auteur avec de nombreuses anecdotes à la clé. Souvent drôles. Comme ce poster réalisé en pleine guerre froide avec les codes Otan reproduits dans le cockpit du chasseur. Des codes, présents par erreur, qui durent être rapidement changés.
À noter la reproduction du poster du cockpit du F-104, celui que l’on surnommait «la grand-mère qui se plaint» (à cause du bruit du moteur), en couleur, avec un Gaston ajouté par Franquin. Un petit trésor pour celui qui le possède encore.

Entre deux escales, l'auteur nous ouvre les portes de son atelier. Pour dévoiler ses petits secrets de fabrication. Sa technique? «Montrer le cockpit avec le moins de déformation possible, un 180° de gauche à droite, et de bas en haut, sans déformations. Un processus resté identique aujourd’hui, avec néanmoins un regret avoué : la tendance aux cockpits équipés en ‘tout digital’, beaucoup moins amusants à dessiner qu’une ‘boutique d’horloger’ d’un ancêtre.» Ce qui a inspiré l'artiste pour son travail de précision, ce sont les superbes gravures de Jacobus Harrewijn, illustrateur du XVIIe siècle.

Ce beau livre, c’est un inventaire à la Prévert. Avec ses reproductions de cockpits d’avions de la Première guerre mondiale, de ceux des chasseurs à hélice, des jets, de celui d’une cabine Apollo, des cabines de liners... Il se referme sur cet étrange Gossamer Albatross. Sorte de vélo des airs dont le cockpit n’a pas dû être facile à reproduire.
Blériot XI, Spitfire, T-38, F-16, Boeing 747, Airbus A320, Boeing 777…, tous composent une formidable escadrille. Avec des absents, comme le F-4U Corsair ou les P-38, F-86 et autres classiques. Mais l’artiste n’a pas dit son dernier mot. Le moment n’est pas venu pour lui de sortir le train pour un dernier poser. D'autres avions sont en gestation, comme les Hurricane, Stearman et P-38 Lightning. Mais comme le souligne l'artiste, ces illustrations de cockpit sont un travail de moine. Il faut un certain temps de réalisation.
Si la période des fêtes n’est plus qu’un lointain souvenir, rien n'empêche de se faire plaisir. Ce beau livre est parfait pour un «kiss landing» au cœur de votre bibliothèque aéronautique.

Philippe Degouy

«Cockpits», par Jean-Luc Beghin. Collection Cockpit. Éditions Paquet, 210 pages
Couverture : éditions Paquet

www.jeanlucbeghin.com

Posté le 28 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Gaston, toujours aussi gaffeur, fête ses 60 ans ...M'enfin!

    Par Philippe Degouy

En marge de l’exposition Gaston Lagaffe qui se tient au Centre Pompidou (1), le très beau catalogue mérite de rejoindre votre bédéthèque. Un bel objet à la couverture jaune, joyeux de la première à la dernière page. Avec des planches en couleur, des reproductions de documents, des photos de Franquin. Autant de trésors qui permettent de raviver les souvenirs aux plus anciens et d'amener une nouvelle génération de lecteurs à découvrir le talent d’André Franquin. Plus moderne que jamais. Un artiste soucieux d'écologie, sensible aux animaux, omniprésents dans son oeuvre, et à l'humour potache. Parfait pour se faire aimer des jeunes.

Qui mieux que son géniteur, pouvait raconter la vie de Gaston Lagaffe, ce personnage farfelu, ce poète rebelle? «Je dessine Gaston uniquement pour le plaisir de dessiner et faire rire les autres. La bande dessinée, ce n’est jamais qu’un enfant qui dessine pour d’autres enfants» déclarait Franquin à propos de son personnage d’employé de bureau sans emploi. Un anti-héros qui a pourtant su trouver sa place, en poussant un peu dans les cases.
«À cette époque, (nous sommes en 1957, ndla), on ne faisait pas de héros con.» Et ce con va devenir peu à peu une star auprès des lecteurs de Spirou. Immense, au point de générer une saga, célébrée à Paris. Excusez du peu.
L'héritage Gaston Lagaffe? C’est la somme de quelque 900 gags parus dans Spirou et qui ont mis à mal nos zygomatiques. On s’en voudrait de parler de Franquin sans citer la complicité d’Yvan Delporte, rédac chef du magazine Spirou et grand déconneur lui aussi. Une figure dont l’ombre plane sur cet ouvrage qui fête les 60 ans d’un garçon de bureau frappé du syndrome de Peter Pan.

Gaston-lagaffe-730x932C'est un fait. Ce beau livre se savoure. Il ravive une douce nostalgie pour ces années d'or. Avec des reproductions de planches commentées par le maître. À la lecture de ses commentaires ou de ses anecdotes, on entend presque sa voix souriante, empreinte d’amour paternel pour ce fils de papier pour lequel il éprouve un tendre amour. Car ce gamin, c’est un peu lui. Cet adulte qui se préfère en enfant. Et ses gaffes, ses révoltes sont les siennes.

Même si chacun d'entre nous a sans doute lu les albums, ces planches isolées et rassemblées dans le livre permettent de (re)découvrir des détails passés inaperçus jusqu’alors. Comme cette vignette d’une boutique de nettoyage à sec, baptisée Sec-shop. En lisant vite, on découvre le jeu de mots coquin de Franquin qui a réussi, dans un joyeux bras d’honneur, à contourner la censure de l'époque.
Les planches sont classées par thèmes. Pour révéler les pans de l’œuvre de Franquin. Son goût pour la nature et les animaux, avec les bestioles de Lagaffe, aussi cinglées que lui, son antimilitarisme et son allergie à l’autorité. Dont les cibles préférées seront Fantasio, le pauvre agent Longtarin et Léon Prunelle. On n’oublie pas non plus les gags relatifs aux recettes de cuisine inventées par un Gaston jamais en manque d’imagination. Sans parler de ses expériences de chimie amusante qui ont fait le bonheur des pompiers, alertés à de multiples reprises pour un début d'incendie chez Dupuis.
On se risque sur le bizarre avec sa fameuse morue aux fraises avec mayonnaise Chantilly aux câpres et flambée au pastis?

Bon, on a bien rigolé au fil de cette lecture, mais... et ce courrier en retard Gaston?
Rogntudjuuu!

«Gaston au-delà de Lagaffe. Une visite guidée dans l’univers de Gaston commentée par Franquin». Éditions Dupuis/Bibliothèque Centre Pompidou, 210 pages, 30 euros
Couverture : éditions Dupuis

(1) Gaston au-delà de Lagaffe. Bibliothèque publique d’information. Du 7 décembre 2016 au 10 avril 2017. Entrée libre. http://www.bpi.fr

Posté le 28 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Travailler, mais en mode «allegro ma non troppo»

    Par Philippe Degouy

Un collègue qui fait un burn-out. Un autre, décédé, victime d’une crise cardiaque, ou d’un AVC survenu après une période de stress intense. On a tous de tels exemples à raconter, de drames provoqués par un environnement professionnel nocif.
À l’aide de nombreux témoignages de témoins et d'avis d’experts du Credir, une start-up associative qui accompagne des victimes de problèmes professionnels, Jean-Denis Budin apporte une approche pratique d’un problème encore tabou au sein de notre société où le dépassement de soi est valorisé : l’abus de travail. «L’être humain est trop souvent sacrifié sur l’autel de la rentabilité» dit-il. Il faut désormais travailler sans compter, pour rester dans la course des rats et prouver sa juste place en entreprise. Une suractivité qui n’est pourtant pas sans risques. «Oui, au XXIe siècle, il est encore possible de mourir au travail dans nos pays développés, dotés de législations avancées sur les risques industriels et psychosociaux.» Bien entendu, ses propos ne visent pas les métiers où le risque d’accident est permanent et connu. Mais bien tous les autres, y compris ces postes sédentaires d’employés. Une pénibilité au travail encore aggravée par la technologie et ses outils qui rendent difficile la coupure entre travail et vie privée. Tablette, GSM, télétravail etc…

TRAVAILAvec «Ne vous tuez plus au travail» (éd. Alisio), Jean-Denis Budin ne prend pas de gants pour rappeler, avec raison, que la notion de surhomme chère à Nietzsche n’a pas lieu d’être. Dépasser la plage nominale d’utilisation du corps ne peut que conduire à la surchauffe et son cortège de conséquences : AVC, trouble de la libido, burn-out, sommeil perturbé, alimentation négligée…
D’où la nécessité d’équilibrer les deux plateaux de la balance professionnelle, entre travail et santé. Pour créer un être bien.
Aimer son travail, oui d'accord, mais dans la joie et sans abuser. Allegro ma non troppo.
L’objectif de l’ouvrage tend à rompre cette spirale du surplus de travail. L’auteur et son équipe du Credir jouent sur la prévention. Tant du côté de l’employeur que de celui du travailleur. Avec en ligne de mire ce syndrome des 3S. Trois indicateurs de bonne santé à tenir à l’œil : la suractivité, le stress prolongé et le sommeil insuffisant.

Être conscient de la zone de danger à ne pas dépasser, soit une période supérieure à 80 heures par semaine. Savoir changer drastiquement l’organisation et se ménager des temps de détente hebdomadaires. Autant d'attitudes à mettre en pratique. Une lutte contre la suractivité qui passe aussi par des phases de repos suffisantes, des activités sportives ou culturelles et des vacances à prendre obligatoirement, au moins deux fois par an, et d’une période de minimum deux semaines. Pour alléger l’organe le plus important et le plus fragile de notre corps : le cerveau. La première victime du surtravail.

Au fil des nombreux chapitres, illustrés de cas vécus et de conseils, chacun y trouvera certainement une partie de son expérience personnelle, avec des erreurs à corriger. Comme le manque de sommeil, fléau de notre époque. Nous avons tous tendance à diminuer notre temps passé à dormir pour avoir l’impression de vivre au maximum. Une action néfaste, à l’origine de possibles pathologies à ne pas négliger : tendances dépressives, problèmes cardiovasculaires, troubles de l’alimentation, pensée confuse…

L'ouvrage se referme sur une liste de recommandations à suivre et sur un coup de gueule de l'auteur. «Non, dit-il, la mort au travail n’est pas une fatalité

Devenez cet être bien dans sa tête et son corps, le souhait de Jean-Denis Budin.

«Ne vous tuez plus au travail», par Jean-Denis Budin. Éditions Alisio, 296 pages
Couverture : éditions Alisio

Posté le 28 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Créez «votre maison sur l’Internet» avec un blog

       Par Philippe Degouy

Méprisé par certains, le blog reste pourtant un outil indispensable pour se faire connaître sur la Toile.
Spécialiste du blogging et du marketing, Stéphane Briot partage une part de son expertise dans son ouvrage, Bien utiliser son blog (éd. Eyrolles). Comme il le précise d’emblée, «le blog est comme le bon vin. Un assemblage de méthodes qui se peaufine et se bonifie avec le temps pour donner le meilleur des nectars

L’ouvrage, d'une lecture accessible, constitue une clé, un mode d’emploi.
De la création du blog à son référencement, chaque étape est expliquée en détails, articulée autour de l’expérience de l’auteur. Plusieurs questions doivent être envisagées avant de lancer dans le grand bain : pourquoi créer un blog? Quel sera mon public? De quels moyens je dispose?
Si l’on doit définir la qualité première de l’auteur, c’est son choix des mots. L’habitude du bloggeur confirmé pour convaincre et guider, sans user d’un langage abscons. «Votre blog, c’est un lien entre vous et votre société, entre elle et vos lecteurs, vos clients. C’est une trace, une empreinte que vous allez laisser sur l'Internet

BlogSi le particulier peut s’inspirer du contenu du manuel pour la création d'un blog personnel, Stéphane Briot s’adresse avant tout aux PME et aux micro-entrepreneurs. Ceux-ci trouveront un exposé axé sur le côté pratique de la création du blog. Comment se faire connaître, attirer de nouveaux clients, etc. L’auteur s’attache à distiller conseils et avis éclairés sur le blogging, avec de longs chapitres consacrés à la visibilité et au référencement, phases capitales de l’opération. «Votre blog, c’est un peu votre maison sur Internet, c’est là que vous allez recevoir vos invités
Chapitre après chapitre, le lecteur est guidé par un auteur qui relate ses premières erreurs, et pose les premiers jalons. Ses multiples conseils sont à méditer.
«Le plus compliqué, ce n’est pas d’ouvrir un blog, mais de durer. Ne perdez jamais l’aspect qualitatif de votre blog, c’est ce que vous allez écrire qui fera la différence.» Du bon sens, soit, mais pas inutile à rappeler.
L’importance des réseaux de veille, les moyens de rentabiliser le blog, ou le maintien du lien avec le public, rien n’est oublié.
L’ouvrage se referme sur une partie importante de la vie d’un blog : le référencement. Un chapitre rédigé par un autre spécialiste, Laurent Bourrely.

«Le blogging reste et restera une aventure humaine. Je ne vous dit pas que ce sera facile, mais que cela en vaudra la peine», explique Stéphane Briot en guise de conclusion à un ouvrage qui a réussi pleinement sa mission première : inciter à la création d’un blog. Quelque 200 millions de blogs sont déjà recensés dans le monde. Il ne manque que le vôtre.

«Bien utiliser son blog. Création, visibilité, influence et performance», par Stéphane Briot. Éditions Eyrolles, 208 pages, 20 euros

Rendez-vous également sur le blog de l'auteur : http://stephanebriot.xyz

Couverture : éditions Eyrolles

Posté le 21 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

George S. Patton, ce mélange de feu et de glace

Un livre de plus sur le général Patton? Certes, la question vient naturellement à l’esprit au moment de débuter cette nouveauté publiée aux éditions Tallandier. Plusieurs ouvrages publiés en français ont été consacrés au général. Mais incomplets, ou avec des erreurs. Spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, Benoît Rondeau présente «Patton, la chevauchée héroïque» comme le chaînon manquant d’une bibliographie consacrée à ce chef de guerre dont le nom est resté synonyme de courage. Le livre, qui a pu bénéficier de sources proches de son sujet, offre des éléments inédits. Il retrace la vie de Patton depuis son enfance dans une bonne famille sudiste jusqu’aux années quarante où il a pu exploiter ses dons innés de commandement. Les Allemands ont pu en témoigner. Des déserts d’Afrique du Nord aux forêts d’Ardenne et d’Allemagne, l’armée de Patton n’a guère eu le temps de débotter. Une charge de cavalerie mécanisée qui a tout bouleversé sur son passage. Adulé ou condamné (pour ses propos politiquement incorrects sur les juifs, les Noirs ou les Soviétiques), George Patton fut «indubitablement le général le plus flamboyant de la Seconde Guerre mondiale.» Qui d’autre que lui aurait pu se promener en première ligne, avec deux flingues à crosse d’ivoire à la ceinture? Adoré par ses hommes, respecté par les généraux nazis. S'il fallait le raconter en quelques mots.

Surnommé blood and guts (sang et tripes) pour sa dureté et ses entraînements poussés, il ne fut pas un boucher sans cœur, à l'instar de ses homologues soviétiques. Que du contraire, sa volonté d’endurcir ses hommes, en les bousculant, n’avait pour seul but que de leur éviter la mort. «Sans discipline, il est impossible de remporter des batailles et envoyer des hommes au combat sans discipline, c’est commettre un meurtre» aimait-il raconter, comme pour se justifier de ses fameux coups de gueule face aux trouillards.
Un génie de l’arme blindée  qui aurait pu devenir comédien avec ses discours fameux, construits en forme de one man show. Celui prononcé en Angleterre peu avant le débarquement en Normandie est resté célèbre. Par le ton et les formules fleuries employées. «Nous gagnerons cette guerre en montrant aux Allemands que nous avons plus de couilles qu’eux. Nous leur arracherons les tripes et nous graisserons les chenilles de nos chars avec

PATTONEt quid de la mort? Patton ne la craignait pas. «Je suis sûr que la mort est excitante parce que ce n’est qu’une étape dans le cycle de la vie». Elle fut son dernier adversaire, cadre de la dernière bataille livrée par un général qui avait toujours rêvé de finir tué par la dernière balle tirée lors de la dernière bataille. Et non couché dans un lit d’hôpital, paralysé après un banal accident de circulation survenu peu avant son retour définitif aux Etats-Unis.
Drôle de fin pour un homme qui aimait tant la guerre et qui redoutait plus que tout de n’avoir plus sa place en temps de paix.

L’ouvrage, richement illustré en anecdotes et témoignages, s’achève par un angle inédit. Pas encore abordé dans les précédents ouvrages sur Patton : le merchandising axé autour du général. BD, montres, figurines, modèles réduits, téléfilms, tout y passe. Benoît Rondeau n’oublie pas de chroniquer le célèbre film de Franklin J. Schaffner (1970) consacré à George Patton. Un film qui reste dans toutes les mémoires pour la prestation bluffante de George C. Scott mais aussi pour le discours qui ouvre le film. Une scène d’anthologie, même si quelque peu édulcorée. L’auteur rappelle également l’héritage Patton présent au sein des académies militaires et emprunté de plus en plus par les écoles de management.

Aujourd’hui, que reste-t-il de cet officier dans les livres d’histoire? Fut-il vraiment le meilleur chef de guerre américain? La question est débattue dans le document. Le plus grand général ou pas, peu importe au fond.
Il reste le plus populaire au sein de l’opinion publique européenne. Son nom est le plus souvent cité, avec Rommel ou Eisenhower. «Si Montgomery est le général attaché à la bataille d’El Alamein, Patton est celui de la percée d’Avranches et de la libération de Bastogne».
L’uchronie est à la mode et l’auteur n’y résiste pas quand il pose la question suivante, à laquelle nul ne pourra jamais répondre : «et s’il avait été le chef d’un groupe d’armées? Imaginons Patton en Normandie et aux commandes dès le jour J
Une question parmi d’autres extraite de ce document qui se lit avec la même passion que celle mise par l’auteur dans ses pages. Sans verser dans le panégyrique, Benoît Rondeau avoue cependant de la sympathie pour ce général qui ne fut pas celui présenté dans la presse ou certains ouvrages. Bien plus complexe, comme le mélange de la glace et du feu.
Un document historique qui mérite sa lecture, pour soulever le voile qui plane sur cette personnalité attachante, et finalement méconnue.

Philippe Degouy

«Patton, la chevauchée héroïque», par Benoît Rondeau. Éditions Tallandier, 608 pages, 27,90 euros
Couverture : éditions Tallandier

Posté le 21 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Avec «Not Dead Yet», Phil Collins joue son meilleur solo

Par Philippe Degouy

Titrée non sans ironie «Not Dead Yet» (pas encore mort), l'autobiographie (publiée chez Michel Lafon) de Phil Collins nous invite à découvrir le portrait attachant et intime de l’un des meilleurs batteurs au monde. L'ouvrage se lit avec plaisir et raconte, sans rien enjoliver, un parcours qui fut loin d’être un long fleuve tranquille. Le succès peut faire tourner la tête et entraîner un homme vers le fond. Cette expérience dramatique, Phil Collins peut en témoigner. Avec une vie privée pour le moins chaotique, la maladie et des soucis d’alcool qui ont failli nous priver d’un batteur de génie.
«Avant de penser à demain (aux futures tournées), il faut se souvenir d’hier. Comment en suis-je arrivé là, et pourquoi? Ce livre raconte ma vérité. Sur ce qui s’est passé, ce qui ne s’est pas passé. Je m’appelle Phil Collins et je suis batteur. Je sais que je ne suis pas indestructible. Voici mon histoire

Dès les premières pages, le lecteur est pris par le récit, par le ton amical employé par l’auteur. Qui se raconte simplement, comme il le ferait avec un ami. On le suit depuis ses débuts de batteur, encore enfant. On assiste à ses rencontres majeures pour sa carrière. On découvre sa passion pour le jeu de Ringo Starr et de Charlie Watts. Ses débuts comme chanteur au sein de Genesis, pour succèder à Peter Gabriel. 
Une autobiographie ponctuée de nombreux clichés, dont le plus beau sans doute : celui qui ouvre le livre. On y voit Phil Collins, photographié de dos, bras écartés, baguettes en main, face à son public plongé dans la pénombre.

PhilcollinsUn récit où l’humour n’est pas absent. Comme lors de ses rencontres avec la famille royale britannique, dignes de sketches à la mister Bean. Notamment, raconte-t-il, lors de ce concert intimiste donné pour l’anniversaire du prince Charles et durant lequel il ne joue que des chansons relativement tristes et liées à la séparation. Sans savoir que le couple Charles et Diana est déjà un échec et prêt à se briser. Drôle aussi son explication de texte pour le tube «In the Air tonight», succès international en quatre accords. Une chanson décortiquée, analysée par des «spécialistes» au même titre que le tube des Eagles «Hotel California». Beaucoup de bruit pour une «production à 99,9% spontanée. Les paroles me sont venues de nulle part.» D’autres chansons composent la bande son de cette biographie. «Against all Odds», «No Jacket Required», «Mamma», «Another Day in Paradise» ou «You’ll be in my Heart». Notamment.

De cette lecture ressort le côté humain de la star. Jamais l’artiste ne cherche à se mettre en avant malgré ses décennies de carrière et plus de 250 millions d’albums vendus. De quoi assurer une aisance financière, mais pas de protéger des excès ou des drames. «J’ai dû attendre 55 ans pour devenir alcoolique. Soudain, j’ai eu trop de temps pour moi

Une biographie qui pourrait se résumer au titre de la campagne 2016 pour promouvoir la réédition des albums : «Take a look at me now». Aujourd’hui, l’artiste est encore fragile, après ses multiples ennuis de santé, mais pas «encore mort». La Camarde a déjà fauché beaucoup trop d'artistes l'an dernier, elle attendra.

 «Je fais partie de ceux qui ont de la chance (…) J’ai traversé la fièvre des sixties, les hallucinations des seventies, la gloire des eighties et le déchirement des nineties

«Phil Collins. Not Dead Yet. Autobiographie». Éditions Michel Lafon, 400 pages, 23,70 euros
Couverture : éditions Michel Lafon

Posté le 20 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Arnaques, erreurs et impostures médicales

Par Philippe Degouy

Médecin et chroniqueur santé, Michel Cymes publie avec la journaliste Emma Strack Les arnaques de la médecine (éd. Du Chêne). Connu du grand public, le scientifique n’est pas homme à garder sa langue en poche. Avec cet ouvrage, il ne fait pas exception pour dénoncer ces quelque cinquante arnaques, impostures ou erreurs médicales qui composent le livre et jettent une ombre sur la médecine. «Ce qui fait le succès d’une arnaque, dit-il, c’est qu’elle s’assoit sur deux sentiments profondément humains : l’espoir et la confiance. L’espoir de se voir soulagé, et la confiance (parfois mal) placée en une personne convaincante et a priori bienveillante

Précisons d’emblée qu’il n’est pas nécessaire d’avoir suivi des études de médecine pendant des lustres pour comprendre les propos tenus dans l’ouvrage. Le langage choisi par les auteurs le rend accessible à tous. Du Moyen Âge et l’usage de limaçons pour soigner la dysenterie aux médecines alternatives actuelles, l’ouvrage, à la riche iconographie, réserve bien des surprises.
Il captive et mélange histoire et médecine, indissociables l'une de l'autre. Des chapitres aérés avec de nombreux encadrés. Sur des pathologies, des conseils, des anecdotes. On découvre notamment l’origine du placebo. Ou l’usage répandu du Pervitin au sein des troupes allemandes lors de la Seconde guerre mondiale. Un produit miracle contre l’anxiété, mais qui n’était au fond qu’une drogue addictive.
Michel-Cymes-raconte-les-arnaques-de-la-medecine_width1024Certains traits d'humour ou le récit de pratiques médicales pour le moins bizarres désamorcent le côté sérieux du livre. Des parenthèses bienvenues. Comme l’explication de l’urinothérapie, soit la guérison par la dégustation de l’or jaune, l’urine. Quant à Louis XI, il soignait ses crises hémorroïdaires par des bains de limaces. Fallait-il avoir vraiment mal pour en arriver à croire en cette pratique pour le moins douteuse.
Si, aujourd’hui, les vibromasseurs se retrouvent dans les rayons de grandes surfaces, leurs ancêtres ont donné lieu à de drôles de pratiques utilisées pour soigner l’hystérie féminine.
Ces quelques exemples, presque dignes d’un baptême estudiantin, ne doivent pas cacher ces vastes scandales médicaux qui ont ruiné la santé de milliers de patients, ou provoqué leur mort. Comme le dossier lié au Thalidomine, ce produit utilisé dans les années 50 et 60 par les femmes enceintes pour atténuer les nausées. Un poison terrible, dont une seule prise suffisait à provoquer de graves malformations aux bébés.

L’ouvrage revient aussi sur ces traitements de charlatans suivis par des personnalités un peu trop crédules. Comme le président Mitterrand qui soignait son cancer à grands coups de produits alternatifs, sans réelle efficacité. Tout comme Steve Jobs. Quant à Adolf Hitler, il était sous la coupe du fameux docteur Morell, surnommé «le maître-piqueur du IIIe Reich». Un adepte de l’injection intensive qui avait transformé le dictateur en junkie. Quant à parler de drogue, les auteurs reviennent sur l’usage du tabac. Avant d’être devenu notre ennemi, il a longtemps été utilisé comme un médicament pour lutter contre une foule de pathologies. Imposture aussi cet usage conseillé du Coca-Cola pour soigner nos petits soucis intestinaux et nos maux de tête.
Aujourd’hui, il devient heureusement de plus en plus difficile pour les charlatans de tromper le monde. Des lanceurs d’alerte activent les réseaux et préviennent. Comme pour deux dossiers récents, relatifs au Mediator et aux prothèses PIP.
Côté face, l'Internet est devenu également le terrain idéal pour vendre à des gogos des produits sans efficacité, voire dangereux.

L'album se clôture par une question importante, désarmante pour le grand public : «comment reconnaître ce qui peut servir la santé et ce qui la met en danger?» Pour Michel Cymes, l’une des clés de la réponse réside dans le côté impérieux de s’informer, de multiplier les avis avant de prendre une décision. Aussi bien sur le traitement proposé que sur le médecin.
Une lecture qui vous coûtera 30 euros pour la consultation, non remboursés par la sécurité sociale.

«Les arnaques de la médecine», par Michel Cymes et Emma Strack. Éditions du Chêne, 290 pages, 30 euros
Couverture : éditions du Chêne

Posté le 20 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

La 4 CV, la voiture qui ne devait pas naître

   Par Philippe Degouy

1939, au Salon de l’automobile de Berlin. Les ingénieurs de Renault sont séduits par la petite KDF Wagen allemande, présentée comme la voiture du peuple. De retour en France, la délégation française fait face au refus sévère du patron, Louis Renault. Il ne croit pas du tout en l’avenir d’une petite voiture pour les classes populaires. Il mise davantage sur sa Juvaquatre. La guerre éclate et l’usine Renault est désormais soumise aux ordres des Allemands. Toute la production est tournée vers l’effort de guerre. Mais dans les coulisses, la résistance s’organise au sein de Renault pour produire cette fameuse voiture populaire. Les quatre ingénieurs, réunis dans un petit groupe clandestin, misent sur l’après-guerre et la nécessité d’avoir une voiture de crise, leur 4 CV.
Le 4 janvier 1943, la première 4 CV, un prototype construit en secret, effectue ses premiers essais nocturnes. Prometteurs.
La guerre terminée, avec l’usine nationalisée et un nouveau patron, le ciel s’éclaire pour la 4CV. Enfin acceptée et produite en masse. Lors du premier Salon de l’automobile en octobre 1946, le succès populaire est immédiat. La 4 CV, surnommée la motte de beurre, sera vendue plus d’un million d’exemplaires jusqu’au début des années 60.

4CVPubliée dans collection Plein gaz des éditions Glénat, La naissance de la 4CV rend hommage à cette voiture populaire, restée, aujourd’hui encore, l’une des favorites d’après-guerre avec sa bonne bouille. Une petite quatre places qui a sans doute traversé l’histoire de nombreuses familles françaises.
Sur un dessin de Bruno Bazile, au style très ligne claire, Dugomier retrace l’histoire de cette légende en même temps que l'atmosphère de ces terribles années 40 dans un scénario articulé autour du personnage fictif de Wirtz. Un ingénieur français qui sert de guide à cette histoire digne d’un roman, avec cette voiture conçue dans les caves d’une usine dirigée par les Allemands et truffée de mouchards.
De nombreuses anecdotes relatives à la marque sont intégrées dans le scénario, même si certaines peuvent relever de la rumeur. Peu importe, le lecteur se laisse entraîner par ce récit digne d’une comédie des années 60, avec des Allemands ridiculisés par de bons Français patriotes, qui travaillent à l’avenir de la France d’après-guerre, persuadés de la victoire alliée.
Nostalgique à souhait, l’album représente un heureux intermède dans l’excellente collection Plein gaz, entre deux albums de courses automobiles.

«La naissance de la 4CV», dessin de Bruno Bazile, scénario de Dugomier. Collection Plein gaz. Éditions Glénat. 48 pages, 13,90 euros environ
Couverture : éditions Glénat

Posté le 13 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Avoir vingt ans en 44, avec la guerre comme cadeau

   Par Philippe Degouy

De nombreux liens subsistent entre les vétérans américains et la Belgique. Certains reviennent à Bastogne, pour le souvenir, d’autres sont restés après la guerre. Pour y vivre avec une femme rencontrée après la Libération. Comme ces deux GI’s dont il est question dans l’ouvrage de Philippe Carrozza, J’ai vingt ans, on fait la guerre et on se marie, publié aux éditions Weyrich.
«Leur vie qu’ils déroulent devant nos yeux est un formidable message d’espoir et de fraîcheur» déclare l’auteur.

Ce document, constitué de souvenirs de guerre, d’entretiens accordés à l'auteur, raconte le destin de Curtis Phillips et Sergio Moirano. Deux soldats américains envoyés en Europe pour la libérer du joug nazi. Un récit terrible de deux jeunes soldats qui ont connu l’horreur du débarquement en Normandie puis celle de la Libération, en France et en Belgique.
Très souvent, lors de la lecture de ces quelque 100 pages, on pense entendre ces vétérans, avec la voix tremblante d'émotion. On imagine sans peine leur visage aux yeux humides. Pour le souvenir de ces moments d’enfer et la perte de tant de frères d’armes. Comme en témoigne Sergio Moirano, resté hanté jusqu’à sa mort par les images du débarquement sur les plages de Normandie : «je n’ai jamais eu la force mentale de retourner sur les plages d’Utah Beach, ni d’ailleurs sur aucune plage du débarquement, tellement c’est dur. Même après autant d’années, la douleur est toujours là, bien présente

Les témoignages se succèdent et amènent aussi leur lot d'anecdotes étonnantes. Curtis Phillips, par exemple, avait bien failli trouver la mort bien avant de débarquer en France. Lors d’un entraînement en Floride, il s'était fait mordre trois fois par un serpent corail. Une quatrième morsure aurait été fatale au soldat. Lui aussi avait préféré le front européen, car il jugeait les Allemands plus «civilisés» que les Japonais. Un vétéran resté marqué lui aussi par les combats et la vision des champs de bataille : «j’ai bien cru que cette guerre allait me rendre fou. Malgré tous les efforts, je n’ai jamais réussi à me souvenir de tous les détails

VINGTANSUn livre illustré de nombreux clichés personnels. Mention spéciale pour le dernier de Sergio Moirano, avec son casque, fidèle compagnon d’une épopée meurtrière. Ou celui où il pose avec la petite-fille du fameux général George S. Patton, dont les chars ont permis de rompre l’encerclement de Bastogne. «Oui, chaque homme est effrayé par sa première bataille. S’il dit qu’il ne l’est pas, c’est un menteur. Le vrai héros est l’homme qui combat même s’il a peur» avait déclaré l'officier à ses hommes lors d’un discours devenu mythique (et reproduit dans le livre, à lire pour le langage fleuri adopté par le général ndla).
Un récit émouvant qui laisse un témoignage fort de ces libérateurs. Deux parmi des millions. Sergio Moirano est décédé en 2016, mais son histoire est désormais imprimée. Tout comme celle de Curtis Phillips.
Deux hommes qui ont connu l’horreur chez nous, mais également l’amour. Avec deux Wallonnes, l’une à Binche, l’autre à Marchin. Juste récompense pour ces deux soldats qui ont fêté leurs 20 ans en plein cœur du bocage normand. Sans cadeau ni gâteau, mais sous le feu allemand.

Comme l’a souligné le général Douglas MacArthur lors de son discours d’adieu au Congrès américain le 19 avril 1951, «old soldiers never die, they just fade away» («les vieux soldats ne meurent jamais, ils disparaissent tout simplement.»).

«J’ai vingt ans, on fait la guerre et on se marie», par Philippe Carrozza. Éditions Weyrich, 115 pages
Couverture : éditions Weyrich

Posté le 11 février 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Réussir sa vie et éviter les pantoufles en ciment

Par Philippe Degouy

Jeune entrepreneur autodidacte, star sur Youtube, Olivier Roland jette un fameux pavé dans la mare avec son ouvrage au titre volontairement provocateur : «Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études» (éd. Alisio). Tout part d'un constat. Oui, dit-il, il est possible de réussir dans la vie sans avoir aucun diplôme. De vivre libre sans devenir pendant plus de quarante ans le béni-oui-oui d'un petit chef.
Son livre constitue un véritable manuel de résistance. Il doit se lire comme un joli pied de nez, une vaste farce diront certains, aux longues années d’étude qui s’avèrent, à ses yeux, «davantage être des citrouilles que des carrosses.» Beaucoup d’appelés pour peu d’élus feront face à des postes relativement intéressants.

Un jeune auteur qui a pris à la lettre ces propos attribués à Isaac Asimov : «l’auto-éducation est, je le crois sincèrement, la seule forme d’éducation qui soit.» Ses études? Celles d'un autodidacte un peu plus fûté que les autres. Qui utilise Youtube comme forum, et avec un certain succès d'ailleurs.
Même si le lecteur peut rester quelque peu dubitatif face au fait de pouvoir réussir sans étudier, on ne peut qu’approuver le bon sens de l’auteur dans bien des domaines. Avec de nombreux conseils à suivre. Comme le fait de poursuivre une formation continue, de lire, beaucoup, de s’informer auprès de multiples sources, de garder l’esprit ouvert, de bien s’alimenter et de dormir…assez.
Une gestion du bien-être qui passe également par la diète médiatique. «Évitez les sources d’infos généralistes et choisissez à la place des sources d’information liées à votre métier au lieu de subir un bourrage de crâne de mauvaises nouvelles.» Pas faux.
Tout_le_monde_c1__1__large
Son ouvrage, qui se lit avec un réel plaisir, au style énergique, ressemble à un raisonnement de joueur d’échecs. «L’entrepreneur malin est celui qui embrasse la marche du progrès. Pour éviter de se retrouver parmi ceux qui n’ont rien vu venir et qui défilent dans les rues pour défendre un monde qui n’existe déjà plus. Il faut se préparer au futur pour avoir toujours un coup d’avance.» Chapitre après chapitre, Olivier Roland délivre ses conseils, nombreux : comme savoir déléguer, user efficacement du marketing, créer une entreprise et la faire durer. Chaque chapitre est accompagné d'un résumé de ce qu'il faut retenir. Le temps, c'est de l'argent aussi. Bon à prendre.
Un auteur qui n’a pas sa langue en poche, ni ne manque d'imagination pour créer de la richesse, potentielle. Comme autant de conseils offerts, il livre des méthodes, simples comme bonjour, pour gagner de l’argent au quotidien. Au culot. Pour lui, il s’agit «simplement de réfléchir un peu plus loin que la concurrence, un peu en dehors de la boîte

Pourquoi se résoudre à cette vie morne de métro-boulot-dodo au sein d’une entreprise? Ce qu'il appelle le piège des pantoufles en ciment. Le coach incite plutôt ses lecteurs à l’imiter. Et ses arguments sont pour le moins séduisants : «Pour qu’une entreprise soit rentable, elle doit toujours payer ses salariés moins que ce qu’ils lui rapportent. Si vous êtes salariés, vous ne serez jamais payés selon votre plein potentiel. Être salarié est tout simplement la méthode la moins efficace pour gagner de l’argent.» Face à la course des rats pour le morceau de fromage, il préconise les voies parallèles. Développer sa propre société, épisode expliqué longuement dans l'ouvrage. Une expérience à tenter pour vivre libre et indépendant. Une idée qui tente de plus en plus les jeunes , comme le souligne un sondage OpinionWay dont les résultats récemment publiés dans «Le Figaro Magazine» soulignent que «60% des jeunes de 18 à 29 ans envisagent de se mettre à leur compte
Un auteur qui a réponse à tout, même en ce qui concerne les coups durs. «Si vous vous retrouvez au chômage malgré vous, voilà une belle occasion de vous lancer dans ce projet que vous avez trop longtemps mis de côté. Aux frais de l'Etat en plus

Un ouvrage pour le moins original, qui peut se refermer sur l’une des nombreuses citations qui illustrent l’ouvrage, savamment choisies par l’auteur pour motiver les lecteurs : «si vous ne bâtissez pas votre rêve, quelqu’un va vous embaucher pour l’aider à bâtir les siens.» (Tony A. Gaskins Jr)
Un livre qui incite à rester sceptique, y compris envers les propos tenus au fil de ses pages, mais qui donne la patate, pour parler familièrement. On ressort de sa lecture plus optimiste que jamais, le cerveau rempli d'idées nouvelles à tester.

«Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études. Comment devenir libre, vivre et réussir en dehors du système», par Olivier Roland. Éditions Alisio, 519 pages
Couverture : éditions Alisio

Dernières réactions sur nos blogs