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Posté le 14 mars 2017 par Philippe Degouy

Fêter 70 ans de légende avec Enzo Ferrari

Une bonne surprise que cette nouvelle biographie luxueuse consacrée à Enzo Ferrari. Rédigée par William Huon et publiée aux éditions E-T-A-I. Un beau livre présenté sous coffret qui rappelle l’importance majeure d’Enzo Ferrari dans le monde de l’automobile.
L'ouvrage évite les écueils d’une biographie classique pour se focaliser sur ce qui intéresse surtout le lecteur : les faits de course. «Je ne me hasarderai pas à dire qui était le Commandatore. J’ai fait le choix de me concentrer sur l’expression la plus effervescente de sa passion pour l’automobile, celle qui le révèle le mieux : la course» souligne l’auteur dans sa préface. Les amateurs de belles carrosseries seront à la fête.

Si l'auteur ne s'attarde pas, trop, à retracer la vie de Ferrari, il est néanmoins possible de dresser son portrait via les témoignages rapportés par ceux qui ont eu la chance de l’approcher, de travailler à ses côtés. Autant de pièces de puzzle qui détaillent le patron. Un leader au caractère bien trempé mais aussi un être humain caché sous une carapace. William Huon explique notamment le pourquoi des lunettes foncées, portées en permanence par Enzo Ferrari. «Il était très timide et avait des difficultés à regarder les gens en face. Il était aussi enclin à éclater en sanglots.» Un cliché en témoigne, celui sur lequel Ferrari est en larmes, très marqué, après l’accident du 12 mai 1957 qui marquera la fin des Mille Miglia.
D’autres clichés, souvent inédits, montrent Ferrari avec son fils Dino, disparu trop tôt, ou au volant de bolides dans les années 20. Un pilote au talent limité, comme il le soulignait lui-même.

Sans offenser l’auteur, si ses textes se révèlent fort complets, l’intérêt de son album réside avant tout dans l’iconographie rassemblée. De toute beauté, avec de nombreux clichés inédits. On retrouve ainsi des courses aujourd’hui disparues, comme la fameuse Targa Florio ou les Mille Miglia. Il en va de même pour les bolides de la marque. Tous présents dans l'album. De la  Ferrari-Lancia D50 à la Ferrari 312 B2.
À noter cette vue du tournage du film «Grand Prix» (1966). Elle montre l’acteur italien Adolfo Celi discuter avec Enzo Ferrari, son rôle dans le film de John Frankenheimer.

ENZODes dizaines de clichés ravivent les souvenirs relatifs à toute une famille de pilotes disparus ou retirés des voitures. Comment ne pas éprouver de nostalgie face à ces nombreux portraits de Lauda, d’Alboreto, d’Arnoux, de Tambay, de Fangio ou de Jacky Ickx ? On en passe et des meilleurs, comme le duo formé par Gilles Villeneuve et Didier Pironi, dont le duel fratricide est resté dans les mémoires. Deux pilotes spectaculaires, victimes de leur passion pour la vitesse.

L’album se savoure avec délice, chapitre après chapitre, comme un album de famille. Il ravive des courses oubliées et rappelle ces bons moments passés au bord de pistes ou face à la télévision familiale les jours de course.
Si Ferrari a quelque peu perdu de sa puissance en course aujourd’hui, la légende reste aussi vivace. Incarnée par un homme qui a su se relever après chaque coup du sort.

Ce coffret, à la couverture magnifique, devrait ravir le fan de la marque au cheval cabré. Un livre à s'offrir pour célébrer le 70e anniversaire de la marque, pied au plancher.
È tutto li.

Philippe Degouy

«Enzo Ferrari, une vie pour la course», par William Huon. Éditions E-TA-I, 355 pages
Couverture : éditions E-T-A-I

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