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Posté le 8 juillet 2017 par Philippe Degouy

Des champions réunis en peloton pour saluer le Tour de France

Par Philippe Degouy

Le Tour de France 2017 vient de prendre son élan pour le plus grand bonheur des amateurs de cyclisme. Parmi les ouvrages thématiques récemment publiés, la bande dessinée Le Tour de France tome 2. Petits et grands champions (éd. Dupuis) mérite une attention particulière. Un bon complément à l'événement sportif. Thomas Liera au dessin et Didier Ocula pour les textes, rendent hommage aux plus grands champions qui ont marqué l’histoire du Tour. Du moins une sélection, tant ils furent nombreux à avoir laissé une empreinte indélébile.
Herman Van Springel, Walter Godefroot, Georges Vandenberghe, Jacques Anquetil, Federico Bahamontes… Autant de noms rassemblés sur la ligne de départ. Très bien croqués par Thomas Liera. Tous savaient faire parler la classe sur le bitume.
Les auteurs ont réussi l’exploit de résumer en deux planches les exploits des champions sélectionnés parmi les éditions mythiques de la Grande Boucle. Le lecteur revit notamment le duel de 1971 entre Luis Ocana et Eddy Merckx, alias «le cannibale». Et prend plaisir à retrouver de sacrées personnalités. Comme Bernard Hinault, alias maître blaireau : «le troupeau c’est pas pour lui. Ceux qui ne suivent pas dans les montées n’ont qu’à prendre l’escalier. Un carnassier prêt à déchirer le bitume.» Et qui avait bien souvent la chaussette légère, au détriment de ses adversaires lancés à ses trousses.

TOURDEFRANCEDe multiples anecdotes émaillent le récit, de ces histoires qui pimentent une légende. Drôles et savoureuses. Comme celle relative à Jean Robic dans l’édition de 1953. Cette année-là, il roule au plomb, avec des bidons lestés pour mieux l'alourdir dans les descentes. Un champion qui avait gagné le Tour de France de 1947 sans jamais avoir porté le maillot jaune. Qui se souvient qu'en 1950, le départ du Tour avait été lancé par une autre star, du cinéma : Orson Welles. Toute une époque rappelée par cette BD qui se lit, se relit avec les souvenirs associés.

Des champions devenus immortels, qui laissent néanmoins une petite place dans l’album à la nouvelle génération : Peter Sagan, Thomas Voeckler ou Bradley Wiggins, premier Britannique à remporter le Tour. À signaler, pour la petite parenthèse, l’absence du champion américain Lance Armstrong, pudiquement passé sous silence par les auteurs. Sans doute a-t-il trop salé la soupe pour pouvoir figurer dans cette sélection de grands champions.

Un album au dessin réaliste, nerveux, à l’image de son sujet. Les visages, parfois déformés par l'effort, sont bien rendus. Thomas Liera n’omet pas de saluer ce qui fait aussi le succès de la compétition : les multiples paysages de cette belle France. Les décors sont aussi soignés que les coureurs. Tout concourt à faire de cette BD un gros coup de coeur estival. Qui se lit le nez dans le guidon, avec l'assurance de retrouver un nouveau tome à savourer pour l’édition 2018.
Et comme tout finit en chanson en France, pourquoi ne pas embrayer sur le classique des Frères Jacques, «Bon Dieu, où est ce peloton».

Le Tour de France tome 2. Petits et grands champions. Dessins de Thomas Liera et textes de Didier Ocula. Éditions Dupuis, 48 pages, 14,95 euros
Couverture : éditions Dupuis.

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