Accueil Les Marchés Mon Argent Sabato

Posté le 23 août 2017 par Philippe Degouy

James Bond ou la résurrection d’un mythe

Bond, James Bond. Que n’a-t-on pas déjà écrit en ton nom. Dans Bond, l’espion qu’on aimait, Frédéric Albert Lévy, cofondateur du mythique magazine Starfix, part à la (re)découverte d’un mythe. L’histoire de ce héros pour adultes. Son ouvrage peut se découper en deux grandes parties. Avec un lexique non exhaustif des éléments récurrents des films (un méchant charismatique, des filles, des gadgets...) et une seconde partie consacrée à quelques films emblématiques de la série. Force est de constater que le document se lit avec grand plaisir. Même si certains chapitres alourdissent les propos. Mais pas de quoi bouder son plaisir face à un livre qui révèlent les rouages d’une mécanique complexe.
Chapitre après chapitre, il répond à une question quasi existentielle : pourquoi éprouvons-nous de la sympathie pour mister Bond? Les fidèles retrouveront des méchants légendaires, dont le célèbre Jaws, alias Richard Kiel, paisible professeur de mathématiques à San Francisco avant son rôle de tueur aux grands pieds dans deux épisodes de la série (L’espion qui m’aimait et Moonraker). De multiples entretiens permettent d’entrer dans les coulisses du mythe, comme avec cet entretien accordé par Terence Young, réalisateur des premiers films et père revendiqué du personnage au cinéma. Il serait dommage de passer sous silence l'introduction rédigée par Michael Lonsdale, le redoutable Hugo Drax dans Moonraker.

L-espion-qu-on-aimait-tea-9782258146020_0Frédéric Albert Lévy s'attache à décrypter un personnage que l’on a souvent déclaré déclassé, has-been pour le public de ce début de XXIe siècle. Et qui pourtant, revient toujours sur le devant de la scène. «Bond aujourd’hui n’est intéressant que parce qu’il a pu se réincarner dans une demi-douzaine de comédiens différents
Qui incarne le meilleur James Bond à l’écran? Une question stérile à laquelle personne ne peut apporter de réponse souligne l’auteur, qui s’attache à montrer l’évolution du personnage façonné par les apports des différents acteurs. Un «héros, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, présent dans chaque film de la série

Aujourd’hui, Daniel Craig, qui a resigné pour un prochain épisode, est le 6e acteur à incarner l’agent britannique. Qui sera le 7e? La 7e cible des attaques des fans de la première heure pour qui il n’y aura jamais qu’un seul Bond à l’écran : Sean Connery. Pour la petite histoire, l’auteur rappelle que le premier à endosser le costume de 007 n’était pas Connery mais bien Barry Nelson dans un épisode d’une série télévisée (Climax !) de 1954.
Une saga qui se recentre de film en film sur le personnage central, comme pour mieux l’humaniser, exposer ses failles et son passé dramatique. De quoi suivre la tendance actuelle des héros sombres et perturbés.
Et qu’en est-il de l’avenir de cet agent habitué à évoluer dans le monde des ombres ? «Si les journalistes ne cessent de se demander qui sera le prochain Bond, la question plus immédiate qui se pose est de savoir à quoi ressemblera Bond. Rien n’est encore en chantier

James Bond will return

Philippe Degouy

Bond, l’espion qu’on aimait. Par Frédéric Albert Lévy. Préface de Michael Lonsdale. Éditions Hors-Collection, 320 pages
Couverture : éditions Hors-Collection

Réactions