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Posté le 28 août 2017 par Philippe Degouy

Mireille Darc, un ange était passé dans «Schnock»

À l'occasion du décès de Mireille Darc, nous republions, en guise d'hommage ému et sincère, notre chronique du Schnock qui avait été consacré à Mireille Darc. L'occasion de la retrouver pour un entretien sans langue de bois.

Pour son numéro estival (n°19), «Schnock» fait grimper la température. D’un coup, avec une cover plutôt coquine, dédiée à Mireille Darc, drapée dans cette charmante robe Guy Laroche, devenue aussi mythique que le maillot blanc d’Ursula Andress dans Dr No. Une robe «décolletée jusqu’aux limites de la correctionnelle» déclarait avec humour Francis Veber. De fait, quelle audace. Sans doute la scène la plus mémorable du film «Le grand blond avec une chaussure noire» avec Pierre Richard. Mireille Darc? Une silhouette callipyge au visage espiègle enveloppé d’une chevelure blonde comme les blés. C’est aussi plus de 52 films tournés, avec les plus grands acteurs et réalisateurs. Bernard Blier, Jean Gabin, Lino Ventura, Michel Audiard ou Georges Lautner, Alain Delon ou Jean Yanne. «L’abonnée au cliché de la ravissante idiote mais pas si conne en fin de compte

Couv_schnock_19Comme en témoigne le long entretien accordé à «Schnock» et dans lequel elle dresse un bilan de sa carrière. Sans remords ni regrets. «Ce qui m’a le plus aidée, c’est d’en baver. J’ai fait les rencontres qu’il fallait faire. Je n’ai jamais tiré les sonnettes ni rien demandé à qui que ce soit.» Le résultat?
«Les barbouzes», «Les seins de glace», «Galia», «Ne nous fâchons pas», «Monsieur», «Le grand blond» et sa suite… Sans oublier la saga estivale de 1992, «Les coeurs brûlés». Excusez du peu.

Une jolie (fausse) blonde qui permet également à la rédaction de revenir sur les femmes d’Audiard. Celles qui ont marqué ses films. De sacrés numéros, comme Françoise Rosay, Marlène Jobert ou Dany Carrel. «Mireille, pour moi c’est un copain. Je peux pas dire que je la considère comme une bonne femme» expliquait le cinéaste.

«Schnock» ravive également les souvenirs de «l’ange». Ce surnom donné par le journal «L’Equipe» au champion cycliste luxembourgeois Charly Gaul. Le «Rimbaud du Tour de France», éternel rival de Louison Bobet. Pour ce dernier, «Charly n’était pas un coureur comme les autres. Ce n’était pas un homme mais un être surnaturel
C’est vrai que Charly Gaul est encore considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs grimpeurs de l’histoire du cyclisme. Un champion qui a gagné un Tour de France et deux Tours d’Italie dans des conditions qui ont forgé son mythe. De quoi contredire son nom, Gaul, qui signifie en dialecte luxembourgeois un mauvais cheval.

Cinéma, sport mais aussi musique au sommaire de «Schnock», qui n’est jamais le dernier pour raviver les bons souvenirs. Comme l’histoire de ce tube chanté par Patrick Hernandez en pleine période disco. «Born to be alive». Né pour être vivant. Joli pléonasme qui constitue aujourd’hui une belle rente d’un millier d’euros par jour.
À noter également ce portrait d’un artiste qui a marqué le blues à défaut d’être populaire. Le guitariste amérindien Jesse Ed Davis, accompagnateur de John Lennon, Eric Clapton ou de Taj Mahal. Un destin tragique pour un bluesman qui mélangeait les styles. À redécouvrir sans tarder. Tout comme «Et la tendresse bordel!» Son acteur principal, le Suisse Jean-Luc Bideau revient sur cette comédie devenue culte pour certaines scènes.
Bien d’autres sujets composent ce numéro estival à ne pas oublier dans la 2CV familiale, bien chargée pour rejoindre les campings du Midi, par les nationales bien sûr. «Schnock», le mook qui ouvre les portes du temps vers ces années 70 à 90. «Ni rétrograde, ni passéiste», juste un appel d’air vers ce patrimoine culturel à redécouvrir, excellent pour le palpitant .

Philippe Degouy

«Schnock n°19». La Tengo éditions, 178 pages, 14,5 euros
Couverture : La Tengo éditions

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