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Posté le 6 août 2017 par Philippe Degouy

Romy Schneider, l’écorchée vive aux 60 rôles

Par Philippe Degouy

Disparue le 29 mai 1982, Romy Schneider n’a jamais quitté la première place qu'elle occupe dans le coeur des cinéphiles.  Romancier et biographe de femmes d’exception (Dalida, Maria Callas ou Edith Piaf), David Lelait-Helo retrace aux éditions Télémaque son destin. Un portrait dressé sous le regard croisé de l’actrice et de la femme. Deux faces d’une personnalité complexe, à la voix qui n’a jamais perdu ce léger accent germanique.
Romy? C’est d’abord, pour le grand public, le visage au cinéma de Sissi. Un rôle populaire, une atteinte à sa fierté, qu’elle a toujours détesté, et qui lui collait à la peau malgré une filmographie d’exception. Comment oublier ces films devenus des classiques du cinéma français : La Piscine, La Banquière, Max et les ferrailleurs, Une Femme à sa fenêtre, Le Vieux fusil, L’Important c’est d’aimer, Garde à vue, Une Histoire simple
Autant de films, parmi d'autres, dans lesquels elle révèle son talent et quelques pans de sa personnalité, de ses faiblesses. «La période de solitude entre deux tournages me pèse de plus en plus. Chaque film m’insuffle une dose de vie intense dont j’ai besoin pour me sentir à l’aise» déclarait-elle. Un métier d'actrice vécu à 100% pour oublier les blessures de l'existence. Avec en point d'orgue la mort accidentelle de David, son fils adoré. Sans parler d'un passé familial tourmenté et d'une santé fragile.

RomyEntre les chapitres dédiés à la personnalité de Romy et les présentations de tournages, l’auteur donne la parole aux professionnels, ceux qui ont donné à Romy de très beaux rôles. Pour Robert Enrico, réalisateur du Vieux fusil, ce classique avec Philippe Noiret et Romy (qu'il faut revoir, encore et encore), «c’était quelqu’un que vous n’auriez pas remarqué au quotidien. Mais quand Romy sortait de la loge du maquillage, c’était une reine. Tout d’un coup, elle était le personnage. Sublime.» Les anecdotes de tournage de ce film de guerre sont révélateurs du jeu d'une écorchée vive. 
Claude Sautet a souvent dit de Romy Schneider qu’elle «lui évoquait Mozart». Pour Bertrand Tavernier, «elle s’apparentait davantage à Malher et plus encore à Verdi. Des opéras véristes italiens elle tenait toute la puissance dramatique et le lyrisme

Une biographie qui se lit avec beaucoup de nostalgie pour une actrice disparue bien trop tôt, trop fatiguée par le chagrin pour continuer. Une lecture qui bouleverse, qui laisse son lecteur dans l’incompréhension : pourquoi une femme belle et talentueuse pouvait être si malheureuse. «De Romy la star, il reste soixante films et des portraits sur papier glacé, mais de Rosemarie la femme, que reste-t-il?» s’interroge l’auteur.

Cette biographie, fort complète et qui évite le côté people, apporte de nombreuses réponses et laisse certains éléments pudiquement cachés.
Ce document dresse un joli portrait d'une star, ce terme si galvaudé aujourd'hui,  préfacé par Alain Delon, son plus fidèle soutien, son meilleur ami. «Elle était la vie, elle fut la mienne. A-t-elle un jour cessé d'être près de moi? Non. Je sais qu'elle m'attend...»

Romy. Par David Lelait-Helo. Préface d’Alain Delon. Nouvelle édition revue et augmentée. Éditions Télémaque. 288 pages, 18 euros
Couverture : éditions Télémaque

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