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Posté le 28 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Mireille Darc, un ange était passé dans «Schnock»

À l'occasion du décès de Mireille Darc, nous republions, en guise d'hommage ému et sincère, notre chronique du Schnock qui avait été consacré à Mireille Darc. L'occasion de la retrouver pour un entretien sans langue de bois.

Pour son numéro estival (n°19), «Schnock» fait grimper la température. D’un coup, avec une cover plutôt coquine, dédiée à Mireille Darc, drapée dans cette charmante robe Guy Laroche, devenue aussi mythique que le maillot blanc d’Ursula Andress dans Dr No. Une robe «décolletée jusqu’aux limites de la correctionnelle» déclarait avec humour Francis Veber. De fait, quelle audace. Sans doute la scène la plus mémorable du film «Le grand blond avec une chaussure noire» avec Pierre Richard. Mireille Darc? Une silhouette callipyge au visage espiègle enveloppé d’une chevelure blonde comme les blés. C’est aussi plus de 52 films tournés, avec les plus grands acteurs et réalisateurs. Bernard Blier, Jean Gabin, Lino Ventura, Michel Audiard ou Georges Lautner, Alain Delon ou Jean Yanne. «L’abonnée au cliché de la ravissante idiote mais pas si conne en fin de compte

Couv_schnock_19Comme en témoigne le long entretien accordé à «Schnock» et dans lequel elle dresse un bilan de sa carrière. Sans remords ni regrets. «Ce qui m’a le plus aidée, c’est d’en baver. J’ai fait les rencontres qu’il fallait faire. Je n’ai jamais tiré les sonnettes ni rien demandé à qui que ce soit.» Le résultat?
«Les barbouzes», «Les seins de glace», «Galia», «Ne nous fâchons pas», «Monsieur», «Le grand blond» et sa suite… Sans oublier la saga estivale de 1992, «Les coeurs brûlés». Excusez du peu.

Une jolie (fausse) blonde qui permet également à la rédaction de revenir sur les femmes d’Audiard. Celles qui ont marqué ses films. De sacrés numéros, comme Françoise Rosay, Marlène Jobert ou Dany Carrel. «Mireille, pour moi c’est un copain. Je peux pas dire que je la considère comme une bonne femme» expliquait le cinéaste.

«Schnock» ravive également les souvenirs de «l’ange». Ce surnom donné par le journal «L’Equipe» au champion cycliste luxembourgeois Charly Gaul. Le «Rimbaud du Tour de France», éternel rival de Louison Bobet. Pour ce dernier, «Charly n’était pas un coureur comme les autres. Ce n’était pas un homme mais un être surnaturel
C’est vrai que Charly Gaul est encore considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs grimpeurs de l’histoire du cyclisme. Un champion qui a gagné un Tour de France et deux Tours d’Italie dans des conditions qui ont forgé son mythe. De quoi contredire son nom, Gaul, qui signifie en dialecte luxembourgeois un mauvais cheval.

Cinéma, sport mais aussi musique au sommaire de «Schnock», qui n’est jamais le dernier pour raviver les bons souvenirs. Comme l’histoire de ce tube chanté par Patrick Hernandez en pleine période disco. «Born to be alive». Né pour être vivant. Joli pléonasme qui constitue aujourd’hui une belle rente d’un millier d’euros par jour.
À noter également ce portrait d’un artiste qui a marqué le blues à défaut d’être populaire. Le guitariste amérindien Jesse Ed Davis, accompagnateur de John Lennon, Eric Clapton ou de Taj Mahal. Un destin tragique pour un bluesman qui mélangeait les styles. À redécouvrir sans tarder. Tout comme «Et la tendresse bordel!» Son acteur principal, le Suisse Jean-Luc Bideau revient sur cette comédie devenue culte pour certaines scènes.
Bien d’autres sujets composent ce numéro estival à ne pas oublier dans la 2CV familiale, bien chargée pour rejoindre les campings du Midi, par les nationales bien sûr. «Schnock», le mook qui ouvre les portes du temps vers ces années 70 à 90. «Ni rétrograde, ni passéiste», juste un appel d’air vers ce patrimoine culturel à redécouvrir, excellent pour le palpitant .

Philippe Degouy

«Schnock n°19». La Tengo éditions, 178 pages, 14,5 euros
Couverture : La Tengo éditions

Posté le 23 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

James Bond ou la résurrection d’un mythe

Bond, James Bond. Que n’a-t-on pas déjà écrit en ton nom. Dans Bond, l’espion qu’on aimait, Frédéric Albert Lévy, cofondateur du mythique magazine Starfix, part à la (re)découverte d’un mythe. L’histoire de ce héros pour adultes. Son ouvrage peut se découper en deux grandes parties. Avec un lexique non exhaustif des éléments récurrents des films (un méchant charismatique, des filles, des gadgets...) et une seconde partie consacrée à quelques films emblématiques de la série. Force est de constater que le document se lit avec grand plaisir. Même si certains chapitres alourdissent les propos. Mais pas de quoi bouder son plaisir face à un livre qui révèlent les rouages d’une mécanique complexe.
Chapitre après chapitre, il répond à une question quasi existentielle : pourquoi éprouvons-nous de la sympathie pour mister Bond? Les fidèles retrouveront des méchants légendaires, dont le célèbre Jaws, alias Richard Kiel, paisible professeur de mathématiques à San Francisco avant son rôle de tueur aux grands pieds dans deux épisodes de la série (L’espion qui m’aimait et Moonraker). De multiples entretiens permettent d’entrer dans les coulisses du mythe, comme avec cet entretien accordé par Terence Young, réalisateur des premiers films et père revendiqué du personnage au cinéma. Il serait dommage de passer sous silence l'introduction rédigée par Michael Lonsdale, le redoutable Hugo Drax dans Moonraker.

L-espion-qu-on-aimait-tea-9782258146020_0Frédéric Albert Lévy s'attache à décrypter un personnage que l’on a souvent déclaré déclassé, has-been pour le public de ce début de XXIe siècle. Et qui pourtant, revient toujours sur le devant de la scène. «Bond aujourd’hui n’est intéressant que parce qu’il a pu se réincarner dans une demi-douzaine de comédiens différents
Qui incarne le meilleur James Bond à l’écran? Une question stérile à laquelle personne ne peut apporter de réponse souligne l’auteur, qui s’attache à montrer l’évolution du personnage façonné par les apports des différents acteurs. Un «héros, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, présent dans chaque film de la série

Aujourd’hui, Daniel Craig, qui a resigné pour un prochain épisode, est le 6e acteur à incarner l’agent britannique. Qui sera le 7e? La 7e cible des attaques des fans de la première heure pour qui il n’y aura jamais qu’un seul Bond à l’écran : Sean Connery. Pour la petite histoire, l’auteur rappelle que le premier à endosser le costume de 007 n’était pas Connery mais bien Barry Nelson dans un épisode d’une série télévisée (Climax !) de 1954.
Une saga qui se recentre de film en film sur le personnage central, comme pour mieux l’humaniser, exposer ses failles et son passé dramatique. De quoi suivre la tendance actuelle des héros sombres et perturbés.
Et qu’en est-il de l’avenir de cet agent habitué à évoluer dans le monde des ombres ? «Si les journalistes ne cessent de se demander qui sera le prochain Bond, la question plus immédiate qui se pose est de savoir à quoi ressemblera Bond. Rien n’est encore en chantier

James Bond will return

Philippe Degouy

Bond, l’espion qu’on aimait. Par Frédéric Albert Lévy. Préface de Michael Lonsdale. Éditions Hors-Collection, 320 pages
Couverture : éditions Hors-Collection

Posté le 18 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Ku Klux Klan, l’empire de la haine

Au vu des récents événements aux Etats-Unis, il n'est sans doute pas inutile de relire cet ouvrage paru l'an passé. De quoi apporter un éclairage intéressant sur le renouveau d'idées issues d'un passé lointain, que chacun voudrait oublier.
Docteur en histoire et spécialiste des Etats-Unis, Farid Ameur dresse un portrait complet de l’un des acteurs de ce drame : le sinistre KKK, le Ku Klux Klan. Son ouvrage, publié chez Fayard, retrace l’histoire de ce mouvement né des cendres de la guerre civile américaine. 
Si, au départ, le KKK n’était qu’ un stupide «divertissement» destiné à resserrer les liens de camaraderie entre vétérans sudistes et impressionner les Noirs de la petite ville de Pulaski, Tennessee, il a rapidement échappé à ses fondateurs pour être repris par des individus bien plus violents.
Comme Nathan Bedford Forrest, un officier sudiste au lourd passé criminel. Sous son influence, le KKK est passé à la violence pure et dure à l’égard de la communauté noire. Le Ku Klux Klan est alors devenu un mouvement revanchard destiné à garantir le maintien de la suprématie de la race blanche. Comme le souligne l’auteur, «si les Noirs étaient la cible principale des Klansmen, le KKK s’est occupé aussi de protéger les bonnes mœurs en chassant les putes, les homos, les marginaux. Soit tout ce qui pouvait perturber l’ordre et l’Amérique puritaine

KKKLynchages, fusillades, croix brûlées lors de cérémonies, tabassages... nombreux seront les actes de violence perpétrés par cette société secrète. Au fil des pages se dévoilent également les rites d’initiation, la gestuelle et le vocabulaire employés par les membres du Klan. À titre d’exemple, si quelqu’un vous demande si vous connaissez un certain monsieur Ayak, la question en cache une autre, dont la réponse est connue des seuls initiés : «êtes-vous un membre du Klan ? (Are You A Klansman ?)» Une preuve du cloisonnement de ce mouvement raciste qui porte bien son surnom d’«Empire invisible». Tant le gouvernement fédéral que le mouvement Anonymous n’ont jamais réussi à le percer.
Aujourd’hui, le KKK existe toujours , mais sous perfusion. Les nombreux méfaits commis ont durablement marqué la société américaine. Dans l’imaginaire collectif , le KKK reste présent à jamais avec cette image, terrible, de cavaliers vêtus de blanc qui chevauchent au milieu de la nuit à la recherche de victimes à lyncher.

Philippe Degouy

«Le Ku Klux Klan», par Farid Ameur. Ed. Fayard, 224 pages
Couverture : éditions Fayard

Posté le 17 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Il s'en passe des choses en Belgique

Savez-vous ce qui est arrivé à un ami? Non? Lisez donc ce qui suit.
Bien avant l’arrivée des réseaux sociaux, terreau fertile pour certains cerveaux dérangés, des rumeurs plus folles les unes que les autres ont circulé de bouche à oreille. Pour mettre en garde, effrayer le brave citoyen qui n’en demandait pas tant pour être angoissé. Une histoire colportée, déformée. Et jamais prouvée. Ce que l’on appelle aujourd'hui une légende urbaine. Le sujet de cet essai étonnant et drôle publié aux éditions Avant-Propos par Aurore Van De Winkel, docteur en information et communication à l’UCL. Son livre, Les légendes urbaines de Belgique, recense la majorité des légendes urbaines qui ont circulé au sein de notre petit royaume. Un travail de recherche conséquent, bien illustré. Plaisant à lire. Comment définir une légende urbaine? «Elle raconte un événement inattendu qui se serait glissé dans le quotidien d’un citoyen lambda. Elle est présentée comme authentique. Pourtant, sa véracité ne résiste pas longtemps à une relecture critique. Des récits parfois belgicisés en les plaçant dans des lieux de passage quotidiens et connus du grand public
Au fil des pages du livre, certaines légendes font sourire, d’autres frémir. Elles sont toutes remises dans leur contexte historique et sociologique. L'écriture

Legendes-urbaines-de-BelgiqueComment ne pas s’esclaffer à la lecture de cette rumeur qui a longtemps circulé au sein de l’ULB dans les années 90. Celle d’un comptoir où les étudiantes pouvaient revendre leurs petites culottes usagées pour rejoindre la collection d’un pervers japonais. Une légende, bien entendu. Vous pouvez désormais laver votre lingerie.
Plus mémorable encore, celle qui s’était répandue dans les années 80, relative aux couloirs du métro bruxellois (stations Anneessens et Comte de Flandre). De jeunes hommes en parfaite santé étaient enlevés puis retrouvés avec une énorme cicatrice dans le bas du dos. Et des organes en moins. Les plus de 40 ans se souviennent certainement de cet épisode. Plus récemment, la presse a relayé certaines rumeurs, folles et infondées, relatives à des bananes infectées par la bactérie mangeuse de chair. Ou à propos d’un jeune Brésilien, jamais identifié, retrouvé mort après avoir mangé des bonbons Mentos avec du Coca-Cola. Parmi les autres sujets qui alimentent l'ouvrage, citons les crocodiles qui hantent les égouts, les toilettes publiques bruxelloises où disparaissent des jeunes femmes pour être menées sur un navire présent sur le canal…
Une autre légende urbaine, fameuse elle aussi, a marqué durablement le public. Elle concernait certains magasins de la Rue Neuve et de la Porte de Namur. Certaines femmes disparaissaient des cabines d’essayage pour être envoyées à l'autre bout du monde, en esclavage. À ce propos, qui se souvient de ce film étonnant des années 80, Mama Dracula? Une comédie d’horreur réalisée par Boris Szulzinger (1980) qui racontait l’histoire de jeunes filles, vierges de préférence, capturées dans une boutique pour être offertes à la comtesse Dracula. Une curiosité à revoir. Notamment pour le jeu des frères Wajnberg. Fermons la parenthèse.

«Si les légendes urbaines dépeignent la Belgique comme dangereuse, rappelons-nous que ces histoires racontées sont fausses et permettent simplement aux Belges de parler de leurs préoccupations et de rappeler leurs valeurs et de conjurer les peurs» explique l’auteure en guise de conclusion. Soit, mais avouez que vous n’aurez plus vraiment l’esprit tranquille au moment d’essayer ce  vêtement sympa déniché dans cette petite boutique obscure. Et pourquoi ce rideau de cabine d’essayage est-il donc si étroit? Oui, il s’en passe de drôles en Belgique.

Les légendes urbaines de Belgique. Par Aurore Van de Winkel. Éditions Avant-propos, 309 pages, 25 euros
Couverture : éditions Avant-propos

Posté le 16 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Le mythe Elvis Presley raconté en quelques livres

Disparu le 16 août 1977, Elvis Presley reste bien vivant dans la mémoire collective. Le mythe est loin d'être éteint. Ses disques se vendent toujours très bien, les fans défilent chaque jour à Graceland par milliers. Le roi du rock alimente toujours la passion de ses fans grâce aux rééditions d’albums. De très beaux livres se chargent également de raviver la flamme du souvenir et remplir la bibliothèque des fans.

À l’occasion du 40e anniversaire de sa mort, nous vous présentons une petite sélection de livres lus et commentés. Pas des nouveautés, mais des pépites. De beaux livres qui apportent un éclairage intéressant sur le chanteur, le mythe, son héritage.
Partons ensemble sur la route d'Elvis.

«I was the one!» aimait-il chanter. De fait.

Philippe Degouy

Elvis, «le king en devenir»

1956, un jeune chanteur de rock de 21 ans débute sa carrière. Son nom? Elvis Presley. Pour mieux le faire connaître au grand public, sa maison de disques, RCA Victor, demande au photographe Alfred Wertheimer de réaliser une séance de photos et d'immortaliser les débuts de cet artiste timide et mal dégrossi venu du Sud profond. Avec Elvis, «j'étais un journaliste avec un appareil photo en guise de plume
ELVISBONEntre les deux hommes, le courant passe rapidement, si bien qu'Elvis laisse le photographe le suivre au cours de ses déplacements, ses répétitions ou ses moments plus intimes au sein de sa famille. Des photos spontanées et encore libres du carcan médiatique qui allait étouffer l'idole des jeunes quelques années plus tard. Un Elvis encore heureux, accessible. Pour très peu de temps encore. Parmi les clichés présentés, retenons celui, superbe, où Elvis fixe un mur recouvert de photos d'artistes reconnus avec une moue qui semble dire: «moi aussi, je serai un jour sur ce mur
Elvis. Le King en devenir. 225 pages. Photographies d'Alfred Wertheimer. Editions Luc Pire/La Renaissance du livre

Ouvrez le livre aux trésors d’Elvis

Outre son érudition, bien loin des ouvrages purement «people», ce magnifique coffret rend hommage à Elvis de bien belle manière. Basé sur des sources de premier plan, Robert Gordon revient sur la carrière du king en y apportant quantité d'anecdotes. ELVIS2BONOutre le texte, très bien documenté, l'éditeur et l'auteur ont eu la bonne idée de glisser des reproductions de documents personnels qui permettent aux lecteurs de se rapprocher d'Elvis. Des photos de promo, des affiches de films, des lettres manuscrites, le ticket du premier concert important d'Elvis. Mais aussi des tickets pour le fameux '68 Comeback show ou pour le concert en mondiovision à Hawaii. En bonus, le coffret offre aussi un cd d'interviews. Une véritable pièce de collection, simplement magnifique.
Elvis Presley, le livre des trésors. Par Robert Gordon. 49,90 euros. K&B éditions.

Elvis, les fans et l’ethnologue

Qui aurait eu avant Gabriel Segré l'envie de consacrer aux fans d'Elvis une thèse universitaire, puis un livre? Ethnologue et maître de conférence, Gabriel Segré a ainsi suivi durant des mois ces fervents admirateurs d'Elvis Presley. Pour découvrir le pourquoi et le comment de cette admiration sans limite frôlant quelques fois le mouvement sectaire.
ELVIS4BONPour beaucoup d'entre eux, Elvis est réellement devenu une sorte de phare qui les aide à surmonter une vie d'obstacles et d'événements malheureux. Sans moquerie, souvent avec étonnement, le scientifique a cherché à comprendre, au fil des témoignages de témoins, comment un jeune blanc, pauvre au possible, a pu devenir une sorte de dieu personnifié.
Au nom du king. Elvis, les fans et l'ethnologue. Par Gabriel Segré. Editions aux lieux d'être.

Elvis par les Presley

Cet album, axé sur une très belle iconographie, donne la parole aux proches d'Elvis: son ex-femme, sa fille, sa tante...et jusqu'à la cuisinière. Illustré de très nombreux documents personnels, l'album dresse le portrait de l'homme qui se cachait derrière la star. ELVIS5BONUn homme très entouré, mais souffrant terriblement de solitude. Un homme déchiré par la perte de sa mère et n'ayant jamais accepté réellement son statut de dieu vivant.
Elvis par les Presley. Editions Michel Lafon

Ensemble, sur la route d’Elvis

C'est le parcours extraordinaire d'un petit Blanc né dans un quartier pauvre et noir de Tupelo (Mississippi) en 1935 que raconte ici Patrick Mahé. Ancien rédacteur en chef de Paris Match , il nous fait partager avec passion La route d'Elvis de Tupelo à Memphis, Mississippi, en passant par Las Vegas ou l'Allemagne. Une passion pour Elvis qui aurait pu lui faire prononcer aussi l'hommage rendu par John Lennon: «Personne ne m'a jamais vraiment touché jusqu'à ce que j'entende ElvisELVIS6BONL'auteur consacre plusieurs chapitres, fort complets et amusants, à l'influence d'Elvis sur des chanteurs comme Johnny Hallyday ou Dick Rivers, dont le nom de scène a d'ailleurs été emprunté à un personnage joué par Elvis dans Loving You , Deke Rivers... Une anecdote parmi tant d'autres racontées dans ce livre qui fera le bonheur de tous les fans du King.
Sur la route d'Elvis. Par Patrick Mahé. Editions Grasset. 323 pages.

Ladies and gentlemen, «Elvis has left the building». Forever young.

 

Posté le 12 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Do you do Saint-Tropez?

Son port pour milliardaires, ses nuits folles, ses plages de sable fin, ses gendarmes... Saint-Tropez inspire l'imagination. Mais que trouve-t-on derrière ces images d’Epinal pour touristes?
Tropézien pur jus, l’écrivain et éditeur Michel Goujon publie chez Michel Lafon le portrait de L'autre Saint-Tropez, son bréviaire sentimental. Pour (re)découvrir l’authentique et historique cité.  Celle qui s'ouvre davantage après le raz-de-marée touristique estival.
«Saint-Tropez a accédé à une notoriété internationale, souvent tapageuse. Du fait de son décor d'opérette. Mais l’autre Saint-Tropez existe encore. Il existera toujours pour ceux qui se lèvent avant l’aube, explique l’auteur, amoureux fou de son lieu de naissance, à qui il a fait quelques infidélités parisiennes, avant de le retrouver. Les yeux dans le bleu du Midi. Avec l’odeur de la lavande, le chant des vagues sur la petite plage de son enfance.
ReduitSAINTOKAu gré de la lecture défilent lieux mythiques, personnages pittoresques ou musées d’exception. Le Byblos, l’Annonciade, le vieux port, la place Blanqui et l’ancienne gendarmerie transformée en musée du cinéma, la brasserie Sénéquier où chacun aime voir et être vu. Un ouvrage qui rend hommage aux disparus, comme la boutique Vachon, Le Gorille, et à celles qui ont participé à la notoriété des lieux, Françoise Sagan, Colette et Brigitte Bardot.
De A comme aïoli à Z comme porte de Zanzibar, il ne manque rien dans les pages de ce livre émouvant, tendre et coloré comme un livre de Pagnol. Ah si, il manque quelque chose : pas de n comme dans nudistes. Cauchemar vivant de l’adjudant Gerber qui perdait la fesse, la face dans sa lutte pour les coffrer dans la saga du Gendarme de Saint-Tropez.

SAINTROPEZBREVIAIRECe bréviaire, savoureux comme une bonne portion de tarte tropézienne, offre un menu séduisant, composé de quelque 180 entrées. Dans lesquelles chacun peut picorer selon son appétit.

REDUITOKIUne visite guidée dans les coulisses d’un décor de cinéma qui distille les bons conseils pour profiter au mieux des richesses de l’endroit. On suit avec plaisir Michel Goujon, fin connaisseur de son alma mater. «Le soir à Saint-Tropez, si la saison s’y prête, il faut passer au bar très british de l’hôtel Sube (autrefois fréquenté par Guy de Maupassant). De ce point de vue idéal, on a tout le loisir d’observer les bateaux et d’admirer les façades des vieilles maisons du port. (…) Les soirs d’été, on ‘farniente’ plage des Salins, jusqu’à pas d’heure, jusqu’à la nuit
REDUITok4L’auteur, pas avare en bon conseils, invite également à la redécouverte de vieux quartiers, comme celui de la Ponche, pour y retrouver les sons de Saint-Germain-des-Prés, avec les fantômes de Mouloudji ou de Boris Vian.
Si le cœur de la ville mérite le détour, il ne faut pas avoir peur de s’aventurer hors-les-murs, pour découvrir des lieux à couper le souffle : Gassin, Grimaud ou Ramatuelle, charmant village où repose le comédien Gérard Philipe. «L’éternel estivant qui passe sa mort en vacances», pour reprendre les propos de Georges Brassens, qui préférait quant à lui Sète. Soit.

Le bréviaire sentimental (et nostalgique) se referme sur un air d’opéra : Casta Diva, le préféré de «la» légende de Saint-Tropez, Brigitte Bardot. La meilleure ambassadrice des lieux, omniprésente dans les vitrines de la cité historique. 
Oui, Françoise Sagan avait bien raison quand elle déclarait que «Saint-Tropez est beau, étonnamment beau. Il a une beauté indestructible.» Quant à citer Françoise Sagan, pourquoi ne pas l'imiter et rouler toute la nuit pour prendre le petit-déjeuner sur le vieux port. Chiche?

Philippe Degouy

L’autre Saint-Tropez. Bréviaire sentimental. Par Michel Goujon. Éditions Michel Lafon.
Photos thématiques de Philippe Degouy

Posté le 8 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Avec Garden Lab, explorons le jardin de demain

Dans la famille des mooks (cette publication hybride entre magazine et livre, ndlr) il manquait une thématique à succès : le jardinage. Un vide aujourd’hui comblé avec Garden Lab, édité par la Fabrique de jardin. Un mook, publié quatre fois par an, qui n’est pas un guide de jardinage, précisons-le d’emblée. Il ne vous aidera pas à planter vos tomates et ne vous donnera pas davantage la date des pleines lunes. Comme l’indique son titre, il s’agit d’un laboratoire d’idées, une sorte d’auberge d’espagnole pour férus de jardinage avec, comme idée principale le développement de votre jardin. Explorer le jardin de demain, pour reprendre le slogan général de la publication.

GardenLabUn mook qui multiplie les conseils aux amateurs de jardins organisés. Avec des conseils, des entretiens avec des spécialistes ou des visites de jardins destinées à servir d’exemples. Au sommaire de ce numéro deux, consacré aux structures et formes, une présentation des graminées, «naturellement modernes» au jardin. Mais aussi une conversation avec Jean Mus, créateur de jardins méditerranéens, un «marchand de bonheur». Dans la rubrique «Journal d’un jardinier», le lecteur apprend à optimiser l’espace quand il manque cruellement. Avec une présentation de jolis espaces bruxellois à titre d’exemples.
Illustré de nombreux clichés, le mook se déguste comme un beau livre plus que comme un magazine. Si le jardin est mis en valeur, la rédaction n’oublie pas ce qui le compose : les plantes mais aussi la faune. Une rubrique explique notamment comment nourrir les abeilles, élément capital pour la biodiversité. Le saviez-vous ? «Une colonie de 50.000 abeilles butine en moyenne plus de 4 milliards de fleurs par an

Si le jardin nécessite un peu (beaucoup) d’huile de bras, il constitue aussi, et surtout, une source de bien-être. Comme le suggère cet article consacré au hygge au jardin. «Une philosophie de vie pratiquée au Danemark qui vise à apprécier les moindres choses du quotidien afin de se chouchouter. Et le jardin, plus que n'importe quel endroit de la maison, est un lieu propice à la pratique de cet art de vivre hédoniste
Un Garden Lab, qui se lit jusqu’à l’ours, et qui donne envie de poursuivre l’aventure avec le tome 3.
Il se referme sur une vérité puisée au fil de ses pages : «le dernier mot, c’est le bon sens de la nature qui l’aura
Un mook estival qui s’accompagne d’une boîte à outils avec le site www.gardenfab.fr et d’une multitude de boutures sur les réseaux sociaux.

Philippe Degouy

Garden Lab n°2. Structures et formes. Éditions Fabrique de jardin, 178 pages, 19,90 euros
Couverture : éditions Fabrique de jardin

Posté le 6 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Romy Schneider, l’écorchée vive aux 60 rôles

Par Philippe Degouy

Disparue le 29 mai 1982, Romy Schneider n’a jamais quitté la première place qu'elle occupe dans le coeur des cinéphiles.  Romancier et biographe de femmes d’exception (Dalida, Maria Callas ou Edith Piaf), David Lelait-Helo retrace aux éditions Télémaque son destin. Un portrait dressé sous le regard croisé de l’actrice et de la femme. Deux faces d’une personnalité complexe, à la voix qui n’a jamais perdu ce léger accent germanique.
Romy? C’est d’abord, pour le grand public, le visage au cinéma de Sissi. Un rôle populaire, une atteinte à sa fierté, qu’elle a toujours détesté, et qui lui collait à la peau malgré une filmographie d’exception. Comment oublier ces films devenus des classiques du cinéma français : La Piscine, La Banquière, Max et les ferrailleurs, Une Femme à sa fenêtre, Le Vieux fusil, L’Important c’est d’aimer, Garde à vue, Une Histoire simple
Autant de films, parmi d'autres, dans lesquels elle révèle son talent et quelques pans de sa personnalité, de ses faiblesses. «La période de solitude entre deux tournages me pèse de plus en plus. Chaque film m’insuffle une dose de vie intense dont j’ai besoin pour me sentir à l’aise» déclarait-elle. Un métier d'actrice vécu à 100% pour oublier les blessures de l'existence. Avec en point d'orgue la mort accidentelle de David, son fils adoré. Sans parler d'un passé familial tourmenté et d'une santé fragile.

RomyEntre les chapitres dédiés à la personnalité de Romy et les présentations de tournages, l’auteur donne la parole aux professionnels, ceux qui ont donné à Romy de très beaux rôles. Pour Robert Enrico, réalisateur du Vieux fusil, ce classique avec Philippe Noiret et Romy (qu'il faut revoir, encore et encore), «c’était quelqu’un que vous n’auriez pas remarqué au quotidien. Mais quand Romy sortait de la loge du maquillage, c’était une reine. Tout d’un coup, elle était le personnage. Sublime.» Les anecdotes de tournage de ce film de guerre sont révélateurs du jeu d'une écorchée vive. 
Claude Sautet a souvent dit de Romy Schneider qu’elle «lui évoquait Mozart». Pour Bertrand Tavernier, «elle s’apparentait davantage à Malher et plus encore à Verdi. Des opéras véristes italiens elle tenait toute la puissance dramatique et le lyrisme

Une biographie qui se lit avec beaucoup de nostalgie pour une actrice disparue bien trop tôt, trop fatiguée par le chagrin pour continuer. Une lecture qui bouleverse, qui laisse son lecteur dans l’incompréhension : pourquoi une femme belle et talentueuse pouvait être si malheureuse. «De Romy la star, il reste soixante films et des portraits sur papier glacé, mais de Rosemarie la femme, que reste-t-il?» s’interroge l’auteur.

Cette biographie, fort complète et qui évite le côté people, apporte de nombreuses réponses et laisse certains éléments pudiquement cachés.
Ce document dresse un joli portrait d'une star, ce terme si galvaudé aujourd'hui,  préfacé par Alain Delon, son plus fidèle soutien, son meilleur ami. «Elle était la vie, elle fut la mienne. A-t-elle un jour cessé d'être près de moi? Non. Je sais qu'elle m'attend...»

Romy. Par David Lelait-Helo. Préface d’Alain Delon. Nouvelle édition revue et augmentée. Éditions Télémaque. 288 pages, 18 euros
Couverture : éditions Télémaque

Posté le 6 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Des plantes sauvages au menu du jour

Et si l’homme du XXIe reprenait les (bonnes) habitudes de ramasseur-cueilleur de son ancêtre préhistorique pour assurer une part de sa subsistance? Une question qui peut se poser à la lecture de cet ouvrage insolite. Naturopathe, herbaliste et botaniste, Christophe De Hody publie chez Arthaud un guide pour découvrir les plantes sauvages et comestibles que l’on trouve en ville et à la campagne. Les ramasser permet de se composer une pharmacopée naturelle au gré des promenades. Des plantes très communes, aisées à reconnaître, dont les vertus sont rappelées par un auteur favorable à une plus grande autonomie alimentaire.
«Cueillir une plante, c’est d’abord l’observer, la toucher, la sentir, et éventuellement y goûter. Les plantes sauvages, associées à une alimentation saine et diversifiée, peuvent jouer un rôle majeur pour notre santé. Elles sont riches en nutriments, en acides gras variés, en glucides, en vitamines, en minéraux et autres oligo-éléments. » précise-t-il en guise d’avant-propos.

Un auteur passionné par son sujet, pas avare en conseils. «Privilégiez les plants les plus forts, ne prenez que les parties dont vous avez besoin, et pas plus d’un tiers de la population totale à chaque fois.» Des plantes sauvages parfaites pour remplir nos assiettes mais également pour servir de remèdes à nos petits maux du quotidien. L’avantage majeur des plantes décrites dans l’ouvrage est d’offrir une abondance de récoltes. Gratuites. Les illustrations de Julie Terrazzoni permettent de se faire une idée de la plante présentée. Un précieux secours qui doit vous éviter de confondre une plante avec une autre.

CUEILLEURURBAINChaque plante sélectionnée par l’auteur est présenté avec ses propriétés, sa période de floraison et son terrain idéal. Sans oublier les méthodes de conservation et les risques de confusion.
Un guide nature qui offre à lire, et à manger. Avec de nombreuses recettes. De quoi renouveler les repas quotidiens. Comme avec ce velouté de carottes sauvages (plus fortes en goût et en arômes) et cultivées ou cette soupe d'épiaire au délicieux goût de champignon.
Que diriez-vous d’une petite tisane d’aubépine épineuse avant de dormir? Parfaite pour calmer l’anxiété et les arythmies cardiaques. Dans un autre style, l’auteur recommande la consommation de roquette sauvage, du moins si vous manquez de vitalité sexuelle. Le pissenlit bénéficie d'un large chapitre qui célèbre ses qualités. Une plante à consommer sans modération et qui offre l’assurance de ne pas risquer l’extinction. À consommer en salade. Avec quelques œufs en garniture.
De son côté, le plantain lancéolé est parfait pour réaliser des pansements cicatrisants pour piqûres, brûlures ou ampoules. Autant de plantes qui figurent parmi d’autres dans la pharmacopée des tribus amérindiennes.

Un ouvrage didactique, axé sur notre bien-être, qui doit se refermer sur un conseil, à retenir : «ne cueillez une plante sauvage pour la consommer que si vous êtes absolument sûr de son identité et de sa comestibilité

Philippe Degouy

Cueilleur urbain. À la découverte des plantes sauvages et comestibles dans la ville. Par Christophe De Hody. Illustrations de Julie Terrazzoni. Éditions Arthaud, 161 pages.
Couverture : éditions Arthaud

Posté le 4 août 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Ces séries TV qui se savourent, à l’écran et dans l’assiette

Par Philippe Degouy

Après Star Wars Cantina, son voyage gastronomique au cœur d’une galaxie très lointaine, Thibaud Villanova est revenu les pieds sur terre. Mais avec encore une petite faim. Avec Mathilde Bourge, fin gourmet elle aussi et passionnée de séries TV, il remet le couvert. Pour un hommage culinaire à la culture populaire de ce début de XXIe siècle : les séries TV.
Quelque 37 recettes inspirées par les shows les plus populaires sont présentées, expliquées et remises dans leur contexte télévisé.  L’ouvrage (éd. Hachette Heroes), joliment présenté, comme pour une joyeuse tablée, ne se prend pas au sérieux. Il brise cette idée fausse du geek nourri au menu soda-pizza-milkshake. Croire qu’il n’aime pas la bonne pitance serait faire affront au docteur Hannibal Lecteur. Lui qui cuisine la chair humaine mieux que personne. Son osso-buco de veau à la milanaise (présent dans le livre) mérite le détour même si les auteurs ont préféré remplacer la jambe humaine par du jarret de veau. C’est moins savoureux, certes, mais ça permet d’éviter quelques ennuis avec les pandores. Chaque recette du livre est expliquée avec son temps de préparation, de cuisson et le niveau de difficulté. Les plats sont mis en scène dans un décor tiré de la série concernée. De quoi mettre en appétit.

Gastronogeek-series-cultes-le-livre-de-cuisine-qui-nous-manquait_width1024Vous voulez essayer la recette du Haggis de Glenfinnan? C’est très bon, mais c’est long  : plus de six heures de préparation et de cuisson. Laissez donc cette recette à Highlander. Il ne manque pas de temps lui. Si vous avez l’esprit taquin et que vous souhaitez jeter un froid parmi l’assemblée réunie autour de votre table, servez cette tourte mortelle du roi Joffrey, une tourte au pigeon et champignons. Et pour le show, digne de la série Game of Thrones, découpez-là à l’épée. Sans vous blesser.
Non, les végétariens ne sont pas oubliés. Ils peuvent apprécier ce   double meat veggie burger inspiré par la série Buffy contre les vampires.

Et après cela, vous prendrez bien un peu de dessert? Quelques  muffins au chocolat? Les mêmes que ceux préparés par Constance dans American Horror Story. Si vous avez un peu de respect pour vos invités, évitez de cracher dans la préparation comme il est prévu de le faire dans la recette originale. On n’est pas des sauvages. Vous préférez déguster le dessert favori de l’agent fédéral Fox « Spooky » Mulder? Un bon morceau de tarte à la patate douce garnie de crème fouettée.
Gotham, Smallville, Dexter, Once upon a time, Twin Peaks, Doctor Who… Elles ont inspiré une recette savoureuse à deux auteurs qui n’ont pas fini de nous faire saliver. Nul doute qu’ils nous préparent déjà une nouvelle préparation. Dans l’attente, savourez et regardez celle-ci. Mais ne touchez pas au foie de l’employé du recensement. Même avec un bon chianti. Il faut raison garder.

Gastronogeek. 37 recettes inspirées des séries cultes. Par Thibaud Villanova et Mathilde Bourge. Éditions Hachette Heroes, 96 pages, 15 euros
Couverture : éditions Hachette

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