Accueil Les Marchés Mon Argent Sabato

Livre d'art

Posté le 23 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Sous la rouille d'une carrosserie bat encore un coeur

Belles endormies. Un beau livre, publié par les éditions E-T-A-I, qui raconte en images l’histoire d’une cinquantaine de légendes de l’automobile réduites à l'état d'épaves. Des voitures parmi les plus rares au monde. Elles attendent, en vain, qu’un prince charmant (au compte bancaire bien fourni) vienne les réveiller et leur redonner le lustre d’antan.
C’est aussi une rencontre et une promesse formulée par le photographe Herbert W. Hesselmann : ne jamais révéler le nom du propriétaire de ce patrimoine ni l’emplacement du trésor, un petit village du Midi de la France. Une aventure commencée au début des années 80 avec la possibilité offerte au photographe d’entrer dans un lieu magique, jalousement préservé du public et gardé par un riche propriétaire, quelque peu excentrique. Plus amoureux de ses vignes que de ses voitures.

Des belles endormies gardées sous un cocon végétal, dans l‘espoir d’un hypothétique retour à la vie. Devant ces épaves, couvertes de plantes sauvages, de mousse, magnifiées par les photos de Herbert W. Hesselmann, on imagine leur histoire. Ce qu’elles ont pu vivre du temps de leur splendeur. Des secrets entendus, des conversations surprises. Toute la mémoire de leurs propriétaires. Comment sont-elles arrivées dans ce parc envahi par les hautes herbes ? L’histoire ne le dit pas avec précision. Elles ont été retrouvées sur un bord de route, achetées pour une bouchée de pain ou reçues gratuitement. Cliché après cliché revient en mémoire le souvenir de lecture du roman de Stephen King, Christine.  Envoûté par l'ambiance qui se dégage de ce livre, le lecteur pourrait presque entendre dans le silence du parc, le démarrage soudain d'un moteur, un air de rock endiablé sortir d'une radio.
Une écurie automobile plutôt hétéroclite mais aux noms prestigieux. Chevrolet Bel Air, Cord L-29, Ferrari 340 America, Jaguar Type E, Lotus Elite, Panhard Dynamic 16CV, Lincoln Continental , Bugatti type 50 (produite à 66 exemplaires seulement)…

BELLESENDORMIES« La Ferrari qui appartenait au prince Rainier ne se garera plus jamais devant l’Hôtel de Paris à Monaco. Sous une bâche, une Rolls-Royce attend des jours meilleurs qui ne viendront sans doute plus jamais. Le délicat parfum de son cuir Connolly a cédé la place à la puanteur des déjections de poules » raconte Halwart Schrader, auteur des textes du livre, hommage au photographe, décédé.
Magnifiées par les clichés, ces beautés défient le temps avec une grâce intacte, malgré des phares cassés, absents, une mine défaite. Le charme opère encore. Le lecteur amoureux de belles carrosseries rutilantes ne peut s’empêcher de fulminer, face à ces mécaniques négligées. Remorquées par un vulgaire tracteur agricole, comme un taureau de combat conduit à l’abattoir.

Pour les besoins de la publication de son reportage dans les médias, et pour respecter son engagement, Hesselmann avait imaginé un prénom fictif pour le propriétaire et l'existence d'un manoir de Rampart inexistant. De quoi tenir les curieux éloignés du trésor. Mais le secret avait été rapidement éventé par la presse, obligeant le propriétaire de ce patrimoine de rouille et de tôles froissées, Michel Dovaz, à déménager vers un ailleurs plus secret encore. Avec armes et bagages. Ou plutôt voitures et poules. En quelque 24 heures. Comme un rêve évanoui dans la nature.

Aujourd’hui, « si elles n’ont pas été envoyées à la casse, les belles endormies rouillent encore quelque part. Certaines, vendues à un nouveau propriétaire, profitent sans doute d’une seconde vie. Quant aux autres, sans doute n’y a-t-il rien à tenter. Ce que la nature a commencé, elle doit le terminer. » 

Drôle de happy end pour un bien étrange conte de fée automobile, superbement raconté dans ce beau livre photographique.

Belles endormies, par Herbert W. Hesselmann et Halwart Schrader. Éditions E-T-A-I, 213 pages
Couverture : éditions E-T-A-I

Posté le 22 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Rendez-vous à la Star Wars Cantina, la carte est fameuse

      Par Philippe Degouy

Passagers pour Tatooine, Kashyyyk, Mustafar, Jakku, Bespin, embarquement immédiat. Direction la Cantina Star Wars de Thibaud Villanova. Il était une fois dans la galaxie très, très lointaine des livres de cuisine un ouvrage pour le moins étonnant. Un document, connu désormais de Coruscant à Kashyyyk, qui propose quelque 40 recettes de cuisine inspirées par les épisodes de la saga galactique. Une idée originale que celle de l’auteur : associer des recettes de cuisine à l’univers de la plus célèbre saga intergalactique. « À mes yeux, la gastronomie et l’univers né de l’imaginaire de George Lucas ont ceci en commun qu’ils sont capables de vous transporter, de vous émouvoir, de vous nourrir et de vous donner l’impression que la vie est une grande quête du bien et du bon » explique l’auteur, chef cuisinier et expert en culture geek. Deux passions à l’origine, en 2014, du concept Gastronogeek.

STARWARSCANTINAL’ouvrage se révèle passionnant, de par son concept et les nombreux liens vers les films. Amusant aussi, pour son ambiance. Chaque planète présente dans les films est remise en mémoire,, avec les principaux éléments à connaître et des plats adaptés à son univers. Chaque recette est bien expliquée, illustrée et cotée selon le niveau de difficulté, padawan ou jedi. Précisons que tout est comestible, il n’y a que du bon dans ce qui est présenté.

Si vous passez un jour par Jakku, ne manquez pas le fameux Niima Polyamidon (ce que nous appelons sur Terre un mug cake citron et Earl Grey). Sur Mustafar, planète de la bordure extérieure située dans le secteur Atravis, à droite au feu rouge, le seul restaurant du coin propose des plats parfaitement adaptés aux paysages de volcans et de coulées de lave en fusion. Les travers volcaniques sont savoureux. Des travers de porcs cuits au four, sauce barbecue, accompagnés de frites de panais. Et comme dessert, la patronne recommande un chocolate lava cake, soit une part d’un moelleux au chocolat, cœur coulant et piment d’Espelette.
Sur Kamina, les légumes et poissons sont davantage à la fête. Comme avec cette ration principale, un tartare de thon rouge, épinards et sésame. Frais et parfait pour une soirée d’été.
Avouons un coup de cœur pour le dewback en ragoût de Tatooine (un délicieux navarin d’agneau, quinoa, légumes glacés et jus réduit épicé) ou pour ces ailes de poulet frites de Coruscant (à la sauce gochujang et cacahuètes pilées).

Des entrées, des plats principaux et des desserts. Au choix. Et comme boissons ? Précisons que l’alcool galactique est peu recommandé pour le foie humain. Soit, rabattons-nous sur un thé organique de Naboo (thé matcha, citron vert et miel), une ration fruitée de Kamino (à base de pamplemousse rose et ananas), un jawa juice de Coruscant (smoothie banane, figues, miel et amande) ou un blue milkshake de Tatooine, la spécialité de Mos Eisley, ville célèbre pour son spacioport et sa cantina. Un peu bruyante, selon le Routard galactique.

Une lecture de laquelle le lecteur ressort repus et impatient de reproduire sur Terre les recettes proposées. Si certaines sont un peu plus compliquées, elles ne sont pas insurmontables. Comme le souligne l’auteur, « même un droïde de protocole devrait pouvoir y arriver. »
Si l’auteur propose d’accompagner les recettes des musiques extraites de la saga, on peut y ajouter, par pur plaisir, d’autres morceaux. Comme le Starlight d’Electric Light Orchestra, le Moonraker de Shirley Bassey ou le tube de Frank Sinatra, Fly me to the moon.

Avant de rejoindre votre planète, vous prendrez bien quelques petits Espabiscuits pour la route ? Ce n’est que du bon : un biscuit de semoule fourré à la crème de dattes.

Que la force soit avec vous, pour faire de votre cuisine un espace d'évasion.

Star Wars Cantina. 40 recettes d’une galaxie très lointaine. Par Thibaud Villanova. Éditions Hachette Heroes, 145 pages, 25 euros environ
Couverture : éditions Hachette

Posté le 22 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

La Patrouille de France, une Grande Dame qui unit la Nation à l’Armée

Par Philippe Degouy

Faut-il encore la présenter cette Patrouille de France ? Ces AlphaJet peints aux couleurs nationales et qui se produisent dans les meetings aériens. Sans doute pas. Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer le large public présent à chaque démonstration. La présence de ces pilotes au programme assure le succès de tout show aérien. C’est dire que ce livre n’a pas à convaincre son lecteur, déjà conquis, sans nul doute. Mais comme le dit ce lieu commun, « quand on aime, on ne compte pas. » Un beau livre sur un sujet déjà largement traité, soit, qui mérite néanmoins sa place dans la bibliothèque.

Avec François Blanchard et David Bernigard en chefs d'escadrille, La Grande Dame (éd. Black Feather) est plus qu’un beau livre de photos aériennes. Plutôt un superbe hommage rendu aux aviateurs de la Patrouille de France, à ceux qui ont construit la légende et aux valeurs de la République. Rappelées dans un chapitre introductif, parfaitement en phase avec l’actualité. Comme le souligne le Général d’armée Jean-Louis Georgelin, « cet ouvrage souligne cette relation subtile, construite au fil du temps, entre les Français et leur armée. Il en montre différents aspects et illustre bien la variété des formes que peut prendre le lien Armée-Nation. »

PATROUILLEFRANCEUn album aux photos en couleur, sublimes. Les pilotes connaissent la musique au moment de lancer les réacteurs. C’est là-haut qu’ils laissent leur professionnalisme composer une œuvre dont le succès repose la cohésion du groupe. Tous pour un et un pour tous, tel est le credo de ces mousquetaires du ciel. Tous « unis pour faire face ».
Comme le soulignait Georges Guynemer, « tant que l’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné. » Page après page défilent les figures qui font briller les yeux des spectateurs. Gamins comme adultes, tous réunis dans le même émerveillement. Et ce dès la présentation de la Patrouille par le commentateur, sur fond de couleurs nationales peintes dans l'azur par les fumigènes des appareils. S’enchaînent ensuite des figures attendues par les photographes, présents à chaque meeting : le miroir, Apollo, Concorde, Diamant… Avec en guise de bouquet final le fameux cœur tracé à renfort de fumigènes. Ce moment complice qui ravit le public, toujours fidèle.

Des photos aériennes dépourvues de légendes, inutiles, mais agrémentées de nombreuses citations. D’écrivains, de politiques … Comme autant de sources d’inspiration positive. René Char, Winston Churchill , Charles de Gaulle, Antoine de Saint-Exupéry, Nelson Mandela, John F. Kennedy…

Une Patrouille de France dont le nom est né, pour rappel, d’un élan d’enthousiasme formulé lors d’un meeting aérien à Alger en mai 1953. Ce jour-là, le commentateur de l’événement, Jacques Noetinger avait ainsi annoncé au public la prestation d’une patrouille acrobatique : « Mesdames et Messieurs, la Patrouille de France vous salue. » Une petite « gaffe » qui allait faire adopter cette expression de manière plus « officielle ».

L'image de la France

« Aujourd’hui, évoluant à huit appareils, la Patrouille de France est plus que jamais l’ambassadrice de l’aéronautique française. Chaque apparition renforce le lien Armée-Nation, le sentiment d’appartenance à une grande nation éprise de liberté. » Un rappel nécessaire. Aujourd’hui, plus que jamais.
Un ouvrage qui se referme, provisoirement, sur la petite histoire de l’aviation moderne et de la genèse de l’idée de patrouille aérienne. Nourri de ces beaux clichés, tous pris du sol, le lecteur ne peut que voir la vie en bleu. Dans l’attente d’assister au programme prévu pour la saison 2017 et de savourer au mieux cette phrase du commentateur qui fait battre les cœurs : « Mesdames et Messieurs, voici la Patrouille de France. » Pour les couleurs, top !

« Les pilotes se moquent de marcher. Ce qui les motive, c’est de pouvoir voler » (Neil Armstrong)


La Grande Dame. Symbole du lien Armée-Nation, par François Blanchard et David Bernigard. Black Feather Éditions, 224 pages, 60 euros
Couverture : éditions Black Feather Éditions

Posté le 14 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Fêter 70 ans de légende avec Enzo Ferrari

Une bonne surprise que cette nouvelle biographie luxueuse consacrée à Enzo Ferrari. Rédigée par William Huon et publiée aux éditions E-T-A-I. Un beau livre présenté sous coffret qui rappelle l’importance majeure d’Enzo Ferrari dans le monde de l’automobile.
L'ouvrage évite les écueils d’une biographie classique pour se focaliser sur ce qui intéresse surtout le lecteur : les faits de course. «Je ne me hasarderai pas à dire qui était le Commandatore. J’ai fait le choix de me concentrer sur l’expression la plus effervescente de sa passion pour l’automobile, celle qui le révèle le mieux : la course» souligne l’auteur dans sa préface. Les amateurs de belles carrosseries seront à la fête.

Si l'auteur ne s'attarde pas, trop, à retracer la vie de Ferrari, il est néanmoins possible de dresser son portrait via les témoignages rapportés par ceux qui ont eu la chance de l’approcher, de travailler à ses côtés. Autant de pièces de puzzle qui détaillent le patron. Un leader au caractère bien trempé mais aussi un être humain caché sous une carapace. William Huon explique notamment le pourquoi des lunettes foncées, portées en permanence par Enzo Ferrari. «Il était très timide et avait des difficultés à regarder les gens en face. Il était aussi enclin à éclater en sanglots.» Un cliché en témoigne, celui sur lequel Ferrari est en larmes, très marqué, après l’accident du 12 mai 1957 qui marquera la fin des Mille Miglia.
D’autres clichés, souvent inédits, montrent Ferrari avec son fils Dino, disparu trop tôt, ou au volant de bolides dans les années 20. Un pilote au talent limité, comme il le soulignait lui-même.

Sans offenser l’auteur, si ses textes se révèlent fort complets, l’intérêt de son album réside avant tout dans l’iconographie rassemblée. De toute beauté, avec de nombreux clichés inédits. On retrouve ainsi des courses aujourd’hui disparues, comme la fameuse Targa Florio ou les Mille Miglia. Il en va de même pour les bolides de la marque. Tous présents dans l'album. De la  Ferrari-Lancia D50 à la Ferrari 312 B2.
À noter cette vue du tournage du film «Grand Prix» (1966). Elle montre l’acteur italien Adolfo Celi discuter avec Enzo Ferrari, son rôle dans le film de John Frankenheimer.

ENZODes dizaines de clichés ravivent les souvenirs relatifs à toute une famille de pilotes disparus ou retirés des voitures. Comment ne pas éprouver de nostalgie face à ces nombreux portraits de Lauda, d’Alboreto, d’Arnoux, de Tambay, de Fangio ou de Jacky Ickx ? On en passe et des meilleurs, comme le duo formé par Gilles Villeneuve et Didier Pironi, dont le duel fratricide est resté dans les mémoires. Deux pilotes spectaculaires, victimes de leur passion pour la vitesse.

L’album se savoure avec délice, chapitre après chapitre, comme un album de famille. Il ravive des courses oubliées et rappelle ces bons moments passés au bord de pistes ou face à la télévision familiale les jours de course.
Si Ferrari a quelque peu perdu de sa puissance en course aujourd’hui, la légende reste aussi vivace. Incarnée par un homme qui a su se relever après chaque coup du sort.

Ce coffret, à la couverture magnifique, devrait ravir le fan de la marque au cheval cabré. Un livre à s'offrir pour célébrer le 70e anniversaire de la marque, pied au plancher.
È tutto li.

Philippe Degouy

«Enzo Ferrari, une vie pour la course», par William Huon. Éditions E-TA-I, 355 pages
Couverture : éditions E-T-A-I

Posté le 7 mars 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Bienvenue à nos Visiteurs de l’enfance

    Par Philippe Degouy

Séquence émotion avec Les Visiteurs de notre enfance, un album publié aux éditions Hors-Collection. Une plongée effectuée dans un passé vieux de plus de trois décennies pour retrouver nos Visiteurs du mercredi et Les Visiteurs de Noël. Deux émissions diffusées sur TF1, de 1975 à 1982. Pour les plus de 40 ans, nul doute que les souvenirs du bonheur vécu via le petit écran vont revenir à la surface, d’un coup.  Fermons les yeux un instant. Et voilà que défilent les images, comme autant de flashes positifs.

Un beau livre, véritable coffre aux trésors, réalisé par deux passionnés : Pierre-Alek Beddiar et Arnaud Magnier. Ils ont épluché quelque 300 diffusions pour en extraire la saveur. « Avec ce livre, nous vous souhaitons de retrouver ces doux moments passés dans le canapé du salon, de savourer cette chance incroyable qu’ont vécu des millions d’enfants d’avoir pu vibrer chaque semaine et chaque jour durant les fêtes de Noël grâce à Christophe Izard et TF1 » expliquent-ils dans un édito en forme de porte d’entrée au paradis des souvenirs d’enfance.
De nombreux documents d’époque (comme ces coupures du magazine Télé7 Jours, une légende lui aussi), des captures d’écran, des génériques, des anecdotes font revivre le mythe. Sans compter de nombreux témoignages d’anciens animateurs.
Tout naturellement, c’est Christophe Izard qui ouvre le ban, juste hommage au créateur de ces émissions. Quant à la préface, c’est Soizic Corne qui s’en charge, pour un nouveau rendez-vous avec ses admirateurs. Qui ne l’était pas à l’époque ? Elle se souvient de « cette émission qui avait la volonté de mêler l’éducatif au rire et au spectacle. Une récréation magique. »

VISITEURSENFANCERien n’est oublié dans cet album, qui se savoure avec délice (ou qui vous voulez). Ni personne. Soizic Corne, Michel Chevalet, qui a certainement inspiré de belles carrières scientifiques, mais aussi Claude Pierrard, Dorothée,, Nicolas Hulot, Patrick Sabatier, Gilles Arthur, Jacques Trémolin et ses histoires d’animaux, Garcimore et ses deux souris blanches, Tac et Tac-Tac…. Sans oublier les marionnettes Brok et Chnok.
Ils sont tous revenus, pour évoquer cette époque bénie pour les émissions pour enfants. Mais pas les mains vides. Accompagnés des séries et dessins animés d’alors : Scoubidou, Le Club des Cinq, La bataille des planètes, Barbapapa, Capitaine Caverne, Declic, Mister Magoo, Les Harlem Globetrotters en dessins animés, La pierre blanche, Corsaires et flibustiers... La liste est longue. Complète dans l'ouvrage, joyeux comme un mercredi après-midi. Une lecture de pure nostalgie, que l'on savoure sans honte.

Les Visiteurs ? Un rêve éveillé vécu par plus de 10 millions de téléspectateurs, jusqu'à la suppression de l’émission à l’arrivée du pouvoir socialiste. Pour la petite histoire.
Un album à laisser sur la table basse du salon (un de plus). Oui, pour s'y glisser un instant, quand la vie d’adulte se révèle parfois trop pénible.
Ceci dit, il est temps de clôturer cette chronique. Voici que débute le générique des Visiteurs du mercredi : « Voilà que tout à coup, le ciel est bleu. Voilà que tout à coup, on est joyeux. Ce sont les visiteurs du mercredi qui nous font voir la vie bien plus jolie… ».


Les visiteurs de notre enfance. Toute la magie des Visiteurs du mercredi et des Visiteurs de Noël, par Pierre-Alek Beddiar et Arnaud Magnier. Éditions Hors Collection, 177 pages, 29 euros
Couverture : éditions Hors-Collection
www.horscollection.com

Posté le 22 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Vaisseaux spatiaux, ces vecteurs de rêves de conquête spatiale

Avouons-le, notre regard se lève souvent vers les cieux, vers cette terra incognita qui nous laisse songeurs et alimente nos rêves. Qu’allons-nous y trouver en poursuivant la conquête spatiale? Et qui? 
«Les planètes et les étoiles continuent de fasciner le grand public» explique Ron Miller, auteur-illustrateur qui a occupé les fonctions de directeur artistique au musée national de l’Air et de l’Espace à Washington (une merveille qu'il faut visiter, ndla). Son beau livre «Vaisseaux spatiaux. Une histoire illustrée du réel et de l’imaginaire» (éd. Hors Collection) se révèle comme un étonnant coffre aux trésors. On y trouve tout ce qui a volé dans l’espace. Réellement ou via l’inventivité de cinéastes et d’auteurs passionnés eux aussi par cet infini qui nous entoure.
Vaisseaux spatiauxOn y retrouve notamment les premiers projets de vaisseaux spatiaux, l’histoire des avions-fusées de la Seconde Guerre mondiale, celle des fusées V2, ancêtres des fusées russes et américaines, ou l’évolution étonnante des combinaisons spatiales. «L’ouvrage tente d’évoquer la complexité de l’histoire des vaisseaux spatiaux et la diversité des idées qu’elle génère» explique Ron Miller dans son avant-propos.
Chapitre après chapitre, le lecteur découvre quantité de concepts d’engins spatiaux, devenus réels ou qui n’ont pas quitté la planche à dessin. Sans oublier les vues d’artiste et les engins popularisés par le cinéma, à tel point que l’on oublie parfois qu’ils n’ont jamais vu l’espace. Comme le vaisseau Enterprise de la saga Star Trek. Séquence émotion également avec ce chapitre dédié à la défunte navette spatiale américaine, désormais reléguée au musée et qui a émerveillé toute une génération de gamins dans les années 80 et 90.

Un ouvrage qui n’oublie pas de rappeler le rôle joué par les animaux dans la conquête spatiale. Les singes, et ceux qui devaient les remplacer, des cochons. Car ceux-ci ont une masse qui s’approche de celle du corps humain.
Formidablement illustré de dizaines de clichés, de reproductions de plans ou d’extraits d’œuvres de fiction, voilà un album indispensable. Une pépite qui se lit, se relit avec le même plaisir, passeport pour le rêve d'un séjour spatial. Avec la présentation de ces engins imaginés pour aller encore plus loin dans le cosmos. Mars, mais qui n’est qu’une étape vers une marche en avant limitée presque exclusivement par les moyens financiers à trouver. Mars, mais aussi la Lune, cet astre qui n’a pas livré tous ses secrets et qui pourrait accueillir une colonie humaine permanente, comme tremplin vers les confins du cosmos.
Comme l’auteur le précise en guise de conclusion, «ce livre est dédié à tous les utopistes et ingénieurs qui imagineront les vaisseaux spatiaux du futur.» Le chemin est encore long et semé d’embûches, pour la conquête de Mars comme pour d'autres projets présents dans les cartons. De nombreuses pages blanches sont encore à noircir dans l’histoire des vaisseaux spatiaux. Mais nous y arriverons. Nous le devons. Pour donner raison au physicien russe Konstantin Tsiolkovski qui déclarait en 1911 : «la Terre est le berceau de l’Humanité, mais nul ne peut vivre dans un berceau pour toujours

Philippe Degouy

«Vaisseaux spatiaux. Une histoire illustrée du réel et de l’imaginaire», par Ron Miller. Éditions Hors Collection, 260 pages, 42 euros
Couverture : éditions Hors Collection

Posté le 22 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Heureux qui, comme Anna, a fait de beaux voyages

«Où es-tu aujourd’hui, mon très cher Jules. Tu m’appelais ‘ta muse’ et cela m’amusait. Pardonne-moi encore de n’avoir pas vu alors ce qui me saute aux yeux aujourd’hui : tu m’aimais. J’ai presque 100 ans. Où es-tu mon très cher Jules? C’est toi que je veux comme compagnon pour mon tout dernier voyage

Aventurière, incapable depuis toujours de rester en place et de construire quelque chose de durable, Anna se souvient de ses voyages passés avec Jules. Son très cher Jules, peintre voyageur, à qui elle n’avait jamais avoué un quelconque sentiment d'attachement. Enfin, elle se décide à lui envoyer une lettre d’amour. Trop tardive sans doute. Une lettre écrite en consultant les carnets du peintre, derniers témoins de voyages effectués ensemble aux quatre coins du monde. Ensemble, mais vécus en parallèle par deux êtres si différents, incapables de ne faire qu’un. Anna, la sauvage, éternelle gamine qui n'a pas le mot durable dans son vocabulaire, et Jules, peintre effacé, incapable quant à lui d’avouer son amour à Anna.
Ce scénario, c’est celui de l’ouvrage «Les voyages d’Anna». Enfin republié aux éditions Daniel Maghem. Il était épuisé depuis bien longtemps, depuis la première édition de 2005. Il se voit enrichi d’une quarantaine de pages. Sur le scénario de Sophie Michel, romantique et poétique à souhait, Emmanuel Lepage a réussi un réel chef-d’œuvre artistique. N’ayons pas peur des mots, au risque de tomber dans le lieu commun.

ANNATout en finesse, l’album retrace les amours impossibles de deux êtres égarés, Anna et Jules Toulet, qui tentent la fuite en avant pour échapper à leur univers, à leurs familles. Des voyages effectués le plus loin possible, pour se perdre et effectuer des rencontres insolites. Du Maroc au Pérou, en passant par Venise, le Mexique, la mythique île de Pâques ou le désert de Gobi.
Entre crayonnés, esquisses de fresques et reproductions magnifiques de paysages exotiques, le travail d’Emmanuel Lepage est somptueux, magnifié par le papier adéquat. Ces «Voyages d’Anna» sont-ils une BD, un livre d’art ou des carnets de voyage? Qu’importe, la jeune Anna est impossible à enfermer dans un genre. Omniprésente, croquée par un auteur dont on devine l'attachement pour son personnage de papier. Une Anna flamboyante, nue très souvent, pour être parfaitement en phase avec son côté sauvage.
On savoure également les portraits des autochtones pris lors de chaque escale. Saisis avec humanité.
Avouons un sacré coup de cœur pour ces paysages de l’île de Pâques. Intenses sous les coups de pinceau d'Emmanuel Page et que l’on souhaite voir en grand format, encadrés dans un salon. Pour s’y perdre, souvent, et donner l’envie de boucler une valise. D’ailleurs, l’album entier donne envie de partir, et de penser comme Anna : «ne faire qu’un avec le monde

Philippe Degouy

«Les voyages d’Anna», dessin d’Emmanuel Lepage, scénario de Sophie Michel. Éditions Daniel Maghem, 120 pages, 29 euros
Couverture : éditions Daniel Maghem

Posté le 20 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

La vie en bleu, en Polynésie française

Avec ce froid piquant, emmitouflés dans nos vêtements chauds, comment pourrions-nous éviter de penser à ces îles lointaines où il fait toujours chaud, avec leurs plages à perte de vue et ce bleu profond des lagons? Une vision idyllique de ce qui doit ressembler au paradis. Comment en douter à la lecture de cet album paru aux éditions Hachette, consacré à la Polynésie française. D’un coup, la température semble avoir grimpé de quelques degrés.

PolynésieLa Polynésie? Ce territoire équivalent à l’Europe, ou peu s’en faut, et composé de cinq archipels. Celui des Tuamotu, des Australes, des Gambier, de la Société et des Marquises. Comme en témoigne la couverture, prometteuse, cet album donne la priorité aux photos. Des clichés pris lors de l’expédition menée par le groupe des «Explorers», une association d’amoureux de la nature qui a décidé de laisser au monde futur un inventaire en images des richesses naturelles de la Terre. Un état des lieux prévu sur une période de 12 ans. L’association, conçue par le médecin Olivier Chiabodo, a pour but de «préserver notre patrimoine commun, cette planète bleue dont nous devons veiller à ce qu’elle reste une Terre humaine.» Le projet est ambitieux. Mais superbe, comme avec cette Polynésie, sujet de ce beau livre qui emmène son lecteur au cœur des îles. Rien qu’à l’évocation des noms de lieux, la magie opère sans tarder : Tahiti, Bora Bora, les Marquises…

En fermant les yeux, on entend le bruit des vagues qui s’écrasent sur les plages ou contre les rochers. Des paysages sauvages capturés en images, mais aussi un portrait des habitants et de leurs coutumes ancestrales. Vie quotidienne, religion, traditions, rien n'est oublié. Avec des cérémonies jamais montrées aux touristes.
Page après page, alternent moments d’envie et de rêve. Et l’on comprend aisément pourquoi Gauguin et Brel ont décidé de déposer leurs valises en ces lieux magiques, où la beauté de la faune et la flore compensent largement le manque de confort matériel.
Des lagons sauvages, des plages sans fin, des jungles touffues, des aquariums naturels aux centaines d'espèces de poissons... Non, décidément, «gémir n’est pas de mise aux Marquises», comme le chantait le grand Jacques, hôte éternel de ces lieux

Philippe Degouy

«La Polynésie française». Collection L’inventaire de la Terre. Éditions Hachette, 195 pages, 26 euros
Couverture : éditions Hachette

Posté le 11 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

À la table d’Auguste Escoffier, roi des cuisiniers

Auguste Escoffier? Faut-il vraiment présenter le chef des chefs? Celui que l’on a surnommé roi des cuisiniers. Son ombre, immense, plane sur «La cuisine d'Auguste Escoffier» (éd. Michel Lafon), très beau livre présenté par deux chefs actuels, Christian Constant et Yves Camdeborde. Le juste hommage à celui qui a tant apporté à la profession, à notre façon de cuisiner.
Un héritage présent dans les cuisines de tous les grands restaurants. L’organisation de brigades, c’est son idée, tout comme la répartition du travail en parties et des recettes devenues classiques. Comme les crêpes Suzette, la pêche Melba ou la crème Agnès Sorel.

On savoure avec délice le chapitre biographique qui ouvre ce gros livre prometteur de plaisir. Pour redécouvrir le parcours particulier de ce maître de la gastronomie française qui, au départ, ne se destinait pas à la grande cuisine mais aux Arts. Jeune, il se voyait en effet comme sculpteur. Un cuisinier capable de réussir des merveilles en cuisine. Une anecdote raconte comment il a réussi, un jour, à compenser un manque de poissons pour le menu par un autre produit «bien camouflé». Escoffier? Pas le genre à s'embrocher sur une épée pour une déconvenue. L’anti-Vatel, comme le soulignent les auteurs. En cuisine, «il ne faut jamais perdre la tête, même dans les plus grandes difficultés.» Tel était son credo, à retenir comme «le» conseil à retenir face à une recette ratée.
Un chef capable de composer des recettes pour tous les budgets, fervent partisan du bon produit, adepte de la politique anti-gaspillage. Les clichés reproduits dans le chapitre biographique permettent de retrouver le maître, de le découvrir au travail ou en privé. Savoureux sont aussi ses menus de festins, reproduits au fil des pages. 
Pour la petite digression, on imagine à la table du chef des bons clients comme Bernard Blier, Lino Ventura, Gérard Depardieu ou un Jean Gabin pour fermer le ban.
ESCOFFIER «Pour qu’un peuple ait une bonne cuisine, il faut aussi qu’il ait un long passé de vie courtoise qui fait apprécier la fête d’un bon repas pris entre amis. Dans le renom de notre cuisine, je veux voir une preuve de notre civilisation» déclarait Auguste Escoffier dans ses «Souvenirs culinaires».

La seconde partie du livre reprend quelque 600 recettes «nettoyées et remises au goût du jour» par Christian Constant et Yves Camdeborde. On reste sans voix devant ces bonnes choses à cuisiner et à savourer. Mais pas seul, car le plaisir de bien manger se partage. Les recettes sont classées par genre, des potages aux desserts en passant par les poissons, les sauces, le gibier, les fruits et légumes etc.
On ne dirait pas non à une assiette de gnocchis au gratin, de fondus au parmesan. Pour débuter. Avant de goûter à cet aspic de foie-gras sur socle et ces rognons d’agneau sautés aux champignons. Ajoutez donc, pour goûter, un peu de ce faisan à la crème et deux ou trois cailles au raisin.

Seul petit bémol à ce gros volume dédié à ce cher plaisir de la table, l’absence de photos pour les recettes présentées. Soit, mais pas de quoi nuire à notre enthousiasme, ni nous couper l’appétit. Un glossaire présent en fin d’ouvrage reprend et explique certains termes usités, parfois abscons. Vous saurez ce qu’est une crépine, comment préparer un beurre maître d’hôtel comme un chef, trousser une volaille, vanner etc...

Philippe Degouy

«La cuisine d’Auguste Escoffier. 600 recettes du père de la gastronomie française», par Christian Constant et Yves Camdeborde. Éditions Michel Lafon, 324 pages, 30 euros environ
Couverture : éditions Michel Lafon

Posté le 3 janvier 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Alain Ernoult, un photographe complètement fou d'ailes

Photographe aéronautique connu et reconnu, Alain Ernoult a l’action dans le sang. Un aventurier qui n'a pas froid aux yeux quand il s’agit de vivre sa passion pour toutes les machines qui volent.
Et qui peut se targuer de ses 3000 heures de vol, assis dans les plus beaux avions. Sa passion, il nous l'offre dans ce très beau livre, «Fou d’ailes», publié aux Éditions de la Martinière. Disons-le tout net, c’est une tuerie, pour reprendre l’expression des jeunes. Dès les premières pages, on décolle à ses côtés pour le plaisir des yeux.

Ses photos racontent en parallèle toute l’histoire de l’aviation. Des premiers avions à hélice aux chasseurs de dernière génération en passant par les voilures tournantes ou les géants des airs, comme l’A400 ou l’A350. Awacs, hélicoptères Apache ou Tigre, avions de voltige, jets civils, ils sont tous là. Tous issus d’une révolution technologique menée à vitesse grand V. Comme le dit l’auteur, «il aura fallu moins d’une quarantaine d’années pour passer du biplan au vol hésitant au chasseur P-51 Mustang, capable de dépasser les 700 km/h

FouLes photos présentes dans les pages de l’album ont fait l’objet d’un subtil et méticuleux travail de composition. Comme autant de tableaux aériens. De nombreux clichés, qui paraissent être le fruit d’un déclenchement chanceux, font l’objet d’un making of. Il offre à voir les coulisses de nombreuses prises de vue. De quoi se rendre compte du travail précis d’Alain Ernoult : «en une fraction de seconde, il faut être capable de saisir une organisation rigoureuse de l’action, du mouvement, de l’espace, des lumières et des ombres. Chaque photo présentée est une alchimie entre un dessin que j’ai esquissé dans un carnet de croquis et un instant éphémère que mon œil guette dans le viseur.» Comme les as de la Patrouille de France, Alain Ernoult peut se vanter de connaître «la musique».

Comment ne pas être séduit face à ce cliché qui réunit sur un même plan un P-38, semblable à celui piloté par l’auteur du Petit prince pour son dernier vol en juillet 1944, et un Rafale, fer de lance de l’armée de l’air française. On reste sans voix également devant ce chapitre dédié aux patrouilles aériennes. Dont la Patrouille de France, ambassadrice de France à travers le monde. Des prestations qui apportent la cerise sur le gâteau lors de tout meeting aérien.

En tout, ce sont plus de 500 photographies rassemblées dans ce superbe album pour rendre l’hommage mérité à ces fous d’ailes qui titillent les cieux dans le sillage d’Icare. Pour survoler un monde bien plus beau vu d’en haut. Photographe de l’extrême, Alain Ernoult est aussi et surtout un passeur d’émotions.

Philippe Degouy

«Fou d’ailes», par Alain Ernoult. Éditions de la Martinière, 312 pages, 39 euros
Couverture : éditions de la Martinière

Dernières réactions sur nos blogs