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Management

Posté le 12 avril 2017 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Le désordre élevé au rang d’art majeur

    De Philippe Degouy

«Votre bureau est un putain de foutoir? Vous savez qui avait ce genre de bureau? Einstein. Et vous savez qui avait un bureau rangé? Mussolini. Le sérial killer Ted Bundy avait aussi cette manie du rangement.»
Dès les premières pages de ce manuel pratique, le ton est donné. Politiquement incorrect, soit, mais drôle. Parfois coquin. La jeune journaliste Jennifer McCartney est bien connue sur les réseaux sociaux.
Avec son nouveau livre, elle se lève pour dénoncer, avec son vocabulaire imagé, cette folie de l’ordre à tout prix. Cette mode qui inonde magazines et autres ouvrages de développement personnel. Tous parfaitement inutiles, juge-t-elle.
De la joie d’être bordélique (éd. Mazarine) se révèle comme un joyeux bras d’honneur adressé à ceux qui nous poussent à ranger.  Pour faire ressembler notre home sweet home ou notre bureau à un banal show-room d’un magasin d’ameublement, parfaitement impersonnel. Il faut ranger, puis jeter et vider nos intérieurs. «Ranger, c’est tendance. Le désordre, démodé. Merci minimalisme» déplore-t-elle.
Une conspiration du rangement dirigée par un homme, monsieur Feng Sui, vénéré comme un gourou par ses adeptes du rangement. Quel fou Manchu.

À l’aide d’exemples, de conseils pratiques, l'auteur s’attache à aider ses lecteurs à adopter «l’approche idéale pour apprendre à laisser du foutoir partout.» Pour revenir à nos fondamentaux. Car oui, dit-elle, nous sommes naturellement doués pour le désordre. «Mais on subit tous un lavage de cerveau qui nous fait croire qu’on devrait être ordonné.»
Un art du désordre étouffé dans l’œuf. Par les parents (normalement), la vie en couple, en société, ou celle passée au sein de l’entreprise (barrez les mentions inutiles, cela mettra un peu d'ordre dans cette chronique, ndla).
En véritable porte-étendard de l’anti-rangement, Jennifer McCartney explique, chapitre après chapitre, comment cultiver notre don, pour transformer notre univers de vie en joyeux bordel.
«Être ordonné est un mode de vie ennuyeux qui ne fait envie à personne

BORDELDe nombreux tests permettent d’apprendre à vivre, sans remords, avec un dressing peu soigné, une salle à manger qui ressemble davantage à une pièce de vie après le passage d’une classe d’enfants. Les parents connaissent certainement cette impression.
Pour ne rien oublier, une check-list apporte la liste des objets à posséder pour vous prouver «que vous êtes sur la bonne voie d’une vie joyeusement bordélique
Un ouvrage construit comme un one-woman show joué par une auteure inspirée, qui multiplie les conseils déjantés, les traits d’humour. Si tout démarre comme un article de magazine de société, bien comme il faut, le sérieux fait vite place à un humour trash, au second degré (minimum).
Un petit bijou d’écriture, une joyeuse parodie de cette mode absurde du «consommé-jeté».

De la joie d’être bordélique. L’anti-art du rangement, par Jennifer McCartney. Éditions Mazarine, 152 pages
Couverture : éditions Mazarine

Posté le 16 septembre 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Ces dirigeants qui connaissent le succès

Après Cent jours pour réussir, son précédent ouvrage qui abordait la prise de fonction au sein d’une entreprise, Frédéric Marquette publie Pourquoi eux ? Les secrets d’une ascension. Le livre répond à la question qui taraude certainement les cadres. Pourquoi certains individus, qui ne semblent pas plus intelligents que les autres, occupent-ils, de manière presque naturelle, la position de leader ? Existe-t-il un code génétique de la réussite ? Ou tout est-il affaire de méthode, de points d’appui et de comportement ?
Que l’on ne s’y trompe pas, l'ouvrage ne donne pas la clé de la réussite. Non, plutôt des pistes de réflexion, des témoignages de grands patrons et des conseils de management. Bref, des voies d'accès, des moyens pour tenter de décrocher la timbale, le poste convoité de CEO.
Mais avant tout, posez-vous cette question : «pourquoi voulez-vous être manager ?» Elle doit temporiser le candidat patron. Car il n’y a pas de honte à avoir, «mieux vaut être un excellent technicien qu’au mauvais manager (…) Les entreprises ont besoin de tous».

Pourquoi_eux_copie_largeUn livre enivrant, au goût de réussite et de pouvoir, articulé autour de deux grandes parties. La première dresse le profil type d’un grand dirigeant. Doit-il être plutôt un visionnaire créatif ou bien un pragmatique réaliste ? Doit-il être davantage un homme d’écoute et d’empathie, ou un très bon communicant et négociateur ? La seconde partie aborde quant à elle la carrière du dirigeant et ses aspects plus personnels.
Avec une multitude de questions abordées. Que signifie vraiment le fait de «réussir» ? Qu’en est-il de la prise de risques ? Comment inspirer confiance aux troupes ? «Un (bon) dirigeant doit savoir naviguer entre la vision à long terme et la mise en œuvre concrète, avoir la tête dans les étoiles et les pieds dans la glaise

Pratique et bien illustré de cas concrets, le guide, destiné essentiellement aux cadres en début de carrière, laisse une grande place au vécu de ceux qui ont réussi. Refermé, il doit continuer à susciter la réflexion sur la réussite professionnelle. Avec ce point-clé à garder en mémoire : une belle carrière est affaire de stratégie, mais aussi de chance.
Si vous êtes conscient, après cette lecture, que vous n’atteindrez jamais la plus haute marche du podium, ces propos devraient vous consoler : «il n’y a pas de voie royale. On peut faire de belles carrières, sans pour autant devenir directeur général (…) Il faut réfléchir sur ce que l’on a vraiment envie de faire et ce pour quoi on est fait

Philippe Degouy

Pourquoi eux ? Les secrets d’une ascension. Paroles de dirigeants, par Frédéric Marquette. Éditions Alisio, 347 pages
Couverture : éditions Alisio

Posté le 18 mars 2016 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Gagnez la guerre des talents à l'ère digitale. Osez recruter!

«Je ne cherche pas, je trouve.» DRH ou patron, imitez Picasso et trouvez rapidement le collaborateur manquant. Oui, mais comment? Sans commettre d’erreurs.

Rédigé par Charles-Henri Dumon, l’un des fondateurs du groupe Michael Page (actif dans le recrutement de cadres, ndla), Recruter les meilleurs à l’ère digitale  (ed. Eyrolles) doit se lire comme un outil destiné à dénicher, recruter et garder la perle utile à votre entreprise.

Un guide pratique qui va droit à l’essentiel. Avec des schémas, des démonstrations livrées point par point. Le tout accompagné de citations («je n’embauche une personne que si j’accepterais de travailler pour elle», Mark Zuckerberg), de conseils de CEO’s, ou de slogans chocs («recruter, c’est comparer», «miser sur le talent, pas l’âge»). Comme le temps c'est de l'argent, l’auteur a évité toute littérature excédentaire.

RecruterÀ l’heure du digital, le marché du recrutement effectue sa mue. Bien fou est celui qui compte passer à côté de cette révolution axée, notamment, sur l’augmentation du freelancing et du phénomène d’uberisation de la société.
Les entreprises, comme les candidats, doivent veiller plus que jamais à leur e-réputation et se présenter comme une vitrine attractive. «Votre marque est ce que les gens disent de vous lorsque vous n’êtes pas dans la pièce» souligne le CEO d'Amazon Jeff Bezos.

Un recrutement qui se fait bien plus complexe aujourd’hui qu’hier. Une démarche qui coûte et doit prendre du temps (de 15 à 20% du temps de travail pour un dirigeant). De quoi éviter de mauvais choix et des pertes de revenus inutiles. Pour l'exemple, l’auteur a fait une simulation avec un cadre engagé et viré après deux ans. Une somme rondelette perdue par une erreur de jugement.

Ceci dit, la prudence excessive n’est pas de mise non plus dans le monde de la réussite. «Osez prendre des risques : recrutez des gens déraisonnables. Nous vivons dans un environnement connecté, multiculturel et mondialisé. Vous ne réussirez pas en ne recrutant que des clones. Acceptez d’être challengé!
Souvenez-vous aussi que la guerre des talents n’est pas un mythe.» En conséquence, explique l’auteur, «soyez prêt à recruter rapidement ; ayez des partenaires capables de vous présenter des talents pertinents ; créez un vivier et un flux continu de talents

Avec ses chapitres courts prêts à l’emploie, Charles-Henri Dumon n’oublie rien d’essentiel pour faciliter la démarche du recruteur. Et dans une moindre mesure celle du candidat, lequel peut bénéficier de cette ère digitale pour en apprendre beaucoup au sujet de sa société cible.

Avant de refermer l’ouvrage, posez-vous la question qui fâche : «si vous repartiez de zéro et deviez rebâtir entièrement votre organisation, quel pourcentage de collaborateurs garderiez-vous à vos côtés?» Vous hésitez? Si la réponse est oui, il est grand temps de procéder à la lecture de ce manuel. Et de corriger le tir.

Philippe Degouy

«Recruter les meilleurs à l’ère digitale», par Charles-Henri Dumon. Éditions Eyrolles, 144 pages, 14,90 euros environ
Couverture : éditions Eyrolles

Posté le 1 mai 2015 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Pipoter, le couteau suisse pour briller en société

Vous avez aimé son dernier ouvrage «Comment devenir un parfait fayot au bureau»? Parfait. Benjamin Fabre est de retour avec un nouvel essai, «L’art de pipoter» (également publié aux éditions Tut-Tut). Dérouillez vos zygomatiques et ouvrez votre portefeuille pour la petite dizaine d’euros à mettre sur la table pour acquérir «le guide indispensable pour devenir populaire en toutes circonstances.»  
Pipoter? Mais quel est donc ce terme abscons? Un verbe récent qui résume un art dont le principe remonte pourtant à la nuit des temps. Comme le précise l’auteur, «lorsqu’il est bien utilisé, avec rigueur, l’art du pipotage permet de briller dans toutes les configurations et de dissimuler les insuffisances les plus crasses. Le pipotage élève votre image de marque à des hauteurs stratosphériques. Un bon pipoteur paraît quatre fois (au moins) plus intelligent qu’il ne l’est vraiment et sait répondre aux questions les plus embarrassantes. Il possède en outre un capital sympathie au moins égal à celui de l’abbé Pierre

L_art_de_pipoter_c1_largeUn pipotage expliqué en 25 situations pratiques, avec des anti-sèches, des fiches pour remettre à jour (en deux minutes chrono) vos connaissances sur le vin, l’opéra, la philosophie (parfaite pour briller dans un groupe, ndla), le cinéma etc.  Des blagues et des citations complètent l’arsenal du parfait pipoteur sur le sentier de la guerre.

À vous maintenant les cocktails mondains, les dîners sans peur chez des gens cultivés... Ou les bons plans au boulot, le terrain professionnel, parfait terreau pour développer vos talents. L’auteur a préparé votre coaching avec de nombreux exemples pour se démarquer des collègues insignifiants ou cons. Terminé de vous énerver intérieurement en voyant votre chef, pourtant moins doué que vous, obtenir tous les lauriers. Benjamin Fabre, spécialiste du monde du travail, vous apporte les munitions nécessaires pour briller à la machine à café : «plus qu’un espace de papotage, la machine à café est 'la' zone de représentation de l’entreprise. Apprenez à utiliser cet espace pour assurer votre autopromotion. » Comment quitter une société avec panache, comment s’en sortir au séminaire d’entreprise, cette mise au vert en forme d’embuscade, bourrée de menaces et de chausse-trappes. Autant d’exemples détricotés. Dans beaucoup de cas, savoir pipoter vous sauvera la mise. Comme un couteau suisse, l’art du pipotage sert à tout. Et oui, y compris pour réussir votre vie amoureuse.  «Pour un rencard, vous devez l’aborder non pas comme un spectateur de cinéma mais comme un metteur en scène. Votre proie n’est pas venue pour boire un bol de verveine. Et vous n’êtes pas là, non plus, pour démarrer une amitié à la Starsky et Hutch».

La lecture de ces situations diverses terminée, il reste en mémoire un guide pratique, à savourer et à reconsulter dès que nécessaire. Autant pour son sujet que pour l’humour d’un auteur jamais avare en traits d’esprit. Ou en petites «piques», comme celle lancée à l’encontre des journalistes à qui est destiné le communiqué de presse commenté : «comment chroniquer un livre sans l’avoir lu
Nous rassurons monsieur Fabre. Son livre, nous l’avons lu et même pillé de ses petits trucs. Ils seront mis en action en cas de besoin. Spécialiste du pipotage, l’auteur l’est certainement. Et force est de constater qu'il maîtrise aussi bien l’art du marketing : «une fois (un auteur belge?) que vous aurez lu le livre, vous traverserez toutes les situations en riant à gorge déployée. Vous plairez à la terre entière et vous passerez vos journées à dictez votre numéro de téléphone. » Si, si. Puisqu’on vous le dit.

Philippe Degouy

«L’art de pipoter». Par Benjamin Fabre. Éditions Tut-Tut. 210 pages, 14 euros.
Couverture : éditions Tut-Tut

Posté le 17 mars 2015 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Ne pas subir le harcèlement moral, mais le dénoncer puis le vaincre

Après un précédent ouvrage consacré au burn-out, le docteur Christian Stock revient sur le devant de la scène avec un autre sujet tabou. Si l’on parle beaucoup dans la presse du harcèlement à l’école, avec de trop nombreux suicides d’adolescents, tel n’est pas le cas du harcèlement moral, qui ronge de l’intérieur de nombreux salariés au sein de leur milieu professionnel. Un sujet honteux, caché par les victimes.

HarcèlementDans «Le harcèlement au travail. Le reconnaître et s’en protéger» (éditions Ecolibris), Christian Stock dresse un tour de table d’un phénomène loin d’être marginal. Du harcèlement, qui est parfois confondu avec des mauvaises conditions de travail.  Comme le précise l’auteur, toutes les difficultés relationnelles entre salariés ne peuvent relever du harcèlement moral.  «Pour pouvoir qualifier de tels faits de harcèlement moral, il faut qu’ils soient répétés, réguliers, étalés sur une longue durée et qu’ils conduisent à une escalade qui place la victime dans une position d’infériorité
Un fléau social qui n’épargne personne et aucune profession. «Plus on occupe une position hiérarchique basse, plus on est harcelé par des collègues. Au contraire, plus la position hiérarchique occupée est élevée, plus le harcèlement implique les supérieurs

Que est le profil de la personne harcelée? Et celui du harceleur? Deux questions qui font l’objet d’un long chapitre ponctué de nombreux exemples de cas qui montrent les différentes attaques possibles et les facteurs aggravants (mais qui ne peuvent justifier les faits).

Un harcèlement qui provoque la rupture du tissu social au travail et donc l’isolement de l’individu. Et «personne ne résiste longtemps à l’isolement». Sans parler des diverses pathologies qui peuvent découler d’un état de stress permanent, souvent proche de celui d’un soldat de retour du front.
L’auteur revient également sur un secret de polichinelle présent dans les entreprises. Oui, le harcèlement est parfois programmé. Comme arme destinée à réduire les effectifs. Comme ces travailleurs âgés, trop chers à virer. Une campagne de harcèlement efficace peut les mener à quitter la société, volontairement.

Comment dès lors se défendre et mettre sur pied un plan anti-harcèlement? L’auteur apporte son point de vue axé sur trois étapes détaillées au fil des pages : se fixer des limites, changer sa situation de travail et se stabiliser personnellement.

Un dernier chapitre est destiné plus spécialement aux supérieurs, avec des pistes pour résoudre les soucis en interne. Que faire concrètement pour désamorcer un conflit? Comment mettre également en place un système d’alerte pour prévenir le harcèlement, qui n’apporte rien de bon dans une société? Autant de questions auxquelles répond le livre.

Que retenir de sa lecture?  Qu’«il faut toujours commencer par essayer de mettre un terme au harcèlement et non pas de le supporter héroïquement sans rien faire. L’attentisme a ses limites. Dans tous les cas, ne gardez pas tout pour vous. Si vous constatez que vous avez besoin d’un soutien complémentaire, n’hésitez pas à consulter un médecin ou un psychothérapeute» souligne l’auteur, en guise de conclusion à son manuel pratique, facile à mettre en œuvre. Il n’y a, en effet, aucune raison de subir votre rôle de victime, ni face à un collègue, ni face à un chef de bureau frustré, qui cherche à s’amuser avec vous.

Philippe Degouy

«Le harcèlement au travail. Le reconnaître et s’en protéger». Par Christian Stock. Ecolibris (Ixelles éditions), 153 pages

Couverture : éditions Ecolibris

Posté le 12 mars 2015 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Séduire les générations Y et Z, le nouveau défi du marketing

Historienne et sociologue, Katherine Khodorowsky a longuement étudié le milieu de la jeunesse. Son expérience, elle la dévoile dans un nouveau guide pour le moins original : «Marketing et communication jeunes. Vendre aux générations Y et Z» (éd. Dunod). Nul doute que les publicitaires et responsables marketing vont jeter plus qu’un œil sur ce livre pratique qui répond à cette question générale : comment réussir à vendre une marque aux jeunes de la génération internet? Un vaste sujet qui doit s'aborder par la définition d’un «jeune». Selon la définition des Nations Unies, sont considérés comme «jeunes» les 15-24 ans. Soit, mais pour l'auteur, la jeunesse est avant tout un état d’esprit, «une obsession collective qui touche toutes les générations.» Comme le disait fort à propos le général américain Douglas Mac Arthur, cité dans les pages : «vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif à ce qui est beau, bon et grand, réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini. (...) Si un jour, votre cœur devait être mordu par le pessimisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard
MarketingUn premier chapitre, axé davantage sur le côté sociologique de la cible à atteindre, suivi par la présentation des codes liés aux générations Y (jeunes nés de 1980 à l’an 2000) et Z (nés après 1995 ou à partir de l’an 2000). Ces jeunes qui abordent davantage la communication et la pub sur le mode mobile, «où je veux, quand je veux».  Avec parmi les codes, une langue à usage interne. Le plus grand piège pour le publiciste serait d'ailleurs de tenter de se l’approprier. Katherine Khodorowky le prouve avec des exemples de campagnes ratées, descendues en flammes par la cible. 
Alors, comment et avec quels moyens séduire les jeunes? Il faut débuter une campagne avec en tête de liste le credo de la cool attitude teintée de sérieux.  Puis trouver le juste équilibre pour éviter de faire fuir une cible marketing bien plus complexe que le public adulte. Comme l’explique l’auteur : «les jeunes sont moins crédules, plus exigeants et critiques que leurs parents. La publicité doit être pour eux un élément identitaire qui les fait parler.» Aux responsables marketing de découvrir à quoi ils adhèrent, n’adhèrent pas ou plus et à organiser ensuite le plan média et le buzz sur les réseaux sociaux, terrain de chasse idéal pour la génération google. Le marketing, explique l’ouvrage, doit permettre au jeune de se distinguer, de conforter son appartenance à une communauté culturelle. La marque doit lui apporter de la considération. «Pour briller en société, les jeunes sont prêts à dépenser beaucoup (…) La consommation est pour eux moins une nécessité qu’un plaisir.»  Apple, par exemple, l’a très bien compris, avec des gadgets élitistes, inutilement chers, qui permettent aux jeunes acheteurs de se démarquer. D’autres marques surfent également sur la même vague identitaire. Avec des slogans puissants : «Parce que je le vaux bien» (L’Oréal), «Just do it» (Nike).

Cet ouvrage, richement illustré de nombreux exemples de campagnes réussies ou…ratées, traite également du traitement de campagnes officielles, encore plus délicates à réussir dès lors qu’il s’agit de marketing gouvernemental. La question de «propagande» est souvent évoquée par cette jeunesse influencée par les séries TV et le cinéma. Là aussi, les responsables marketing doivent suivre «la» règle, immuable :  «les adultes ne pourront jamais se mettre dans la peau des jeunes pour les persuader d’acheter (ou de s’engager). À chacun sa place
Soit la conclusion à retenir de la lecture d’un manuel pratique, professionnel mais accessible à un large public, à l’écriture dynamique. Un outil utile pour la profession, sans aucun doute.  À titre d’exemples à suivre, l’ouvrage propose un cahier photographique avec des reproductions d’affiches qui ont réussi l’exercice périlleux de la séduction d’un jeune public.

Philippe Degouy

«Marketing et communication jeunes. Vendre aux générations Y et Z.» Par Katherine Khodorowsky. Éditions Dunod, 198 pages

Couverture : éditions Dunod

Posté le 19 janvier 2015 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Colorier pour oublier le stress (au bureau)

Le stress, on en parle et on lui fait face dans le monde professionnel. Souvent à grand renfort de médicaments, de congés médicaux. Avec ce sous-main anti-stress, publié aux éditions Michel Lafon et qui devrait remplacer avantageusement l’affreux sous-main en papier buvard, le stress fait désormais  place au développement de vos talents artistiques.  Un sous-main présenté sous forme de calendrier 2015 et qui offre 52 planches à colorier selon votre humeur du jour.
Un objet original avec ses vues magnifiques à colorier, qui sauront sans peine vous tenir éveillé pendant vos (trop longues) journées passées au bureau. Un ouvrage pratique pour ceux qui occupent des fonctions solitaires, au téléphone ou ailleurs. Plus la peine de s’énerver quand monte la tension avec un client ou un chef de bureau : un coup de crayon, un sujet colorié et à vous la zen attitude. Seule limite à l’usage de ce sous-main, votre imagination.

Sous-mainSi vous n’avez pas réussi à emprunter en douceur les crayons ou les feutres de vos enfants, il reste une solution. Délicate, mais jouable : subtiliser dans l’armoire à fournitures de votre employeur le matériel nécessaire. Seul inconvénient : le manque de choix dans les couleurs. Force est de constater que le bleu, le rouge et le noir tiennent la corde.
Ceci dit, si votre vie professionnelle est pleinement épanouie et ne vous laisse guère de temps pour colorier, pas de panique. Il est toujours possible d’offrir ce sous-main à un collègue qui souffre de bore out (contraire du burn out, soit l’absence d’objectifs à atteindre). Il aura au moins quelque chose à se mettre sous la dent jusque 17h. Grâce à vous, de janvier à décembre, ses journées perdues, pardon, passées, au bureau seront joyeuses comme ces bouquets de fleurs à colorier pour la planche dédiée à février. Merci qui?

Philippe Degouy

«Sous-main anti-stress. L’art de l’âme. 52 semaines de coloriage zen». Ouvrage collectif. Éditions Michel Lafon. 8,95 euros

Couverture : éditions Michel Lafon

Posté le 14 novembre 2014 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

La prise de fonction, une étape à ne pas négliger

Mondialisation, fusions, Pdg débarqué ou décédé… Les exemples sont nombreux pour illustrer les changements de CEO qui s'opèrent régulièrement dans les entreprises. Pour le nouveau CEO, la tâche est loin d’être évidente s’il n’est pas issu de l’entreprise. Car la prise de fonction doit se dérouler rapidement pour être efficace.
Directeur associé chez EIM, une firme spécialisée dans le conseil en solutions managériales, Frédéric Marquette propose avec «Cent jours pour réussir» (publié aux éditions à contre-courant), un véritable manuel de guerre pour reprendre en main une firme et acquérir la confiance de son personnel.
Cent jours. C’est à la fois beaucoup et bien peu. Une période critique qui constitue une moyenne, pour réussir la réussite d’une prise de fonction. Comme l’explique l’auteur dans son introduction, «le temps compte et il faudra l’utiliser judicieusement, à quelle tâche faudra-t-il consacrer plus de temps, dans quel domaine devra-t-on agir rapidement?» Deux questions auxquelles le manuel répond avec de nombreux arguments.

Cent_Jours_pour_r_ussir_c1_largeDans sa préface, Jean-Pierre Clamadieu, président de Solvay, évoque quant à lui son expérience personnelle avec le cas de Rhodia. Il précise notamment les deux principes jugés essentiels pour la réussite de la  création d'une nouvelle direction : «la franchise dans les mots pour traduire la gravité de la situation quand c'est nécessaire et la détermination dans les actes pour faire accepter les changements utiles.» Frédéric Marquette ne dit pas autre chose quand il insiste sur l’importance de la communication entre le nouveau dirigeant et le personnel, souvent aussi perplexe que lui face aux changements à opérer. Il lui faut donc écouter ses troupes, «jusqu’à la dernière goutte» et descendre dans l’arène. Pour diversifier les sources et se choisir une équipe. Une étape importante pour séparer le bon grain de l’ivraie, les réfractaires au changement. Comme le disait Lao Tzu, «pour commander les hommes, marche avec eux

Ce n’est qu’après ces mesures, souvent difficiles à prendre, que le nouveau CEO pourra poursuivre sa poursuite en avant, pour profiter de cet état de grâce temporaire et engager l’entreprise sur la voie de réformes stratégiques.

Bien rédigé, dynamique et agréable, l’ouvrage délaisse le langage technique, trop abscons, pour cibler davantage le pragmatisme. Tic-tac, tic-tac. Pour le dirigeant, le temps c’est de l’argent. L’auteur va donc droit au but avec un discours directement opérationnel, renforcé par de nombreux conseils pratiques et les témoignages de plus de quarante CEO’s.  Plus que précieux.

Le guide refermé, il reste en tête ces propos attribués à Héraclite : «Dans l’univers, il y a une chose qui ne change pas, c’est la permanence du changement». Une pensée qui peut, et qui doit, être rattachée au sujet de ce manuel. La juste conclusion.

Philippe Degouy

«Cent jours pour réussir. Paroles de dirigeants», par Frédéric Marquette. Préface de Jean-Pierre Clamadieu. Éditions À Contre-Courant. 204 pages, 20 euros

Couverture : éditions À contre-courant

Posté le 30 septembre 2014 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Survivre à l’open-space? Oui, c’est possible

Si vous travaillez en open-space, cet espace baptisé aussi bureau paysager, et que vous rentrez chez vous en larmes tous les soirs ou avec l’envie de jouer au serial killer, ce guide de survie vous est destiné. Maintenant, séchez vos larmes, et savourez avec délice ce manuel bourré d’humour publié aux éditions Tut-Tut. De victime abattue, il va vous transformer en redoutable adversaire pour les malfaisants qui ruinent votre santé mentale de 9 à 5. Rédigé par Pétronille, un auteur qui préfère prendre un pseudo que du Xanax, ce manuel de management peut être lu sans problème par ceux qui ont travaillé, travaillent ou vont travailler dans cet espace censé développer la cordialité et l’esprit jeune entreprise. Pour reprendre les termes de l’auteur.
Rédigé au second degré (vraiment?), il fourmille de bons conseils et de tests pour savoir si vous êtes réellement fait pour travailler en open-space. «Parce que sinon, il n’est pas trop tard pour partir dresser des grizzlis dans le Grand Nord américain

Guide_de_survie_en_open-space_c1_large.jpgAREDUIRECe manuel, c’est un peu l’auberge espagnole de la vie au bureau. On trouve de tout et pour tous. Comment repérer le collègue parano, le boulet, découvrir les moyens de buller sévère au bureau, les dix feintes pour passer du temps quand vous n’avez plus du tout envie de travailler… Ou comment acquérir les bons trucs pour survivre au collègue en face de vous qui veut absolument devenir votre ami, connaître les cinq endroits de l’open-space à éviter (dont le pire de tous, le bureau qui tourne le dos à l’entrée, voire aussi la place sous la clim', synonyme de rendez-vous réguliers chez un bon généraliste). Auriez-vous imaginé des points communs entre l’open-space et le film Le seigneur des anneaux?  Non? Et pourtant il y en a au moins 10.  Ainsi, «quel que soit le moment où vous levez la tête de votre écran, il y a forcément un œil de Sauron qui vous regarde».  Comment connaître les choses à ne pas dire au chef, les conseils pour rester digne en apéro d’entreprise, les nourritures interdites en open-space (sauf pour déranger volontairement vos collègues) ou détecter quand une journée sera très très dure... Quelques autres sujets parmi d’autres repris par ce guide de l’anti-management qui génère sourires et ricanements à sa lecture.

Et non aux mauvaises langues. L’open-space n’a pas que des aspects négatifs. L’auteur, qui se veut positif dans sa démarche, a ainsi dressé la liste de 25 petits plaisirs du bureau paysager (terme aussi ridicule que celui d’open-space). Comme profiter des nocturnes pour organiser des courses de chaises à roulettes, s’acheter ses propres viennoiseries et les manger uniquement avec les gens que vous aimez, apprendre des trucs confidentiels rien qu’en allant chercher ses documents à l’imprimante…

Et si la vie en espace ouvert avec vos collègues enfermés avec vous pendant huit heures vous oblige à changer d’air et donc d’entreprise, la guide a pensé à vous. Avec une belle sélection de phrases percutantes à retenir pour un pot de départ plutôt…rock ‘n roll. De quoi laisser un souvenir mémorable de votre passage.

Philippe Degouy

«Guide de survie en open-space (parce que les collègues, ça va bien 5 minutes !)», par Pétronille. Éditions Tut-Tut, 176 pages, 9,90 euros

Couverture : éditions Tut-Tut

Posté le 25 septembre 2014 par Philippe Degouy Réactions | Réagir

Ce XXIe siècle sera africain pour les investisseurs

De l’Afrique, force est de constater que nous avons une vision déformée par les images de conflits et d’épidémies. Mais quelle est réellement la vérité sur ce continent devant lequel hésitent les investisseurs occidentaux?

Journaliste, écrivain, consultant spécialiste des pays émergents, et plus spécialement de l’Afrique, Jonathan Berman publie chez Diateino une solide étude destinée aux investisseurs qui souhaitent réussir en Afrique. «Il est temps de renouveler notre vieille image de l’Afrique». Et comment!
«On trouve en Afrique plus de 150 sociétés dégageant un chiffre d’affaires annuel d’1 milliard de dollars, et plus de 500 qui dépassent la barre des 100 millions de dollars.» Mais qui peut se targuer de les connaître?

AFRIQUEAREDUIREJonathan Berman n’est pas un intellectuel de laboratoire. La réalité de terrain, il la connaît. Notamment la vie professionnelle en Afrique, dont il raconte les espoirs et les difficultés. «Travailler sur le continent africain est extraordinairement motivant. C’est motivant parce que c’est le lieu d’une révolution, ou peut-être le redressement le plus important de notre époque» explique-t-il. Son essai, qui fourmille de tableaux, de graphiques et de témoignages directs de CEO’s locaux ou étrangers (General Electric, Nestlé, Unilever…) se veut positif et prometteur pour ceux qui oseront faire le premier pas.  Il répond à des questions essentielles comme, «quels sont les facteurs clés de succès sur un marché comme l’Afrique? Quels sont les plus grands obstacles que l’on y rencontre et comment les surmonter
Par ailleurs, on parle beaucoup des investisseurs chinois en Afrique, mais quelle est le mode opératoire de la Chine? Un important chapitre  répond à nos questions. «La Chine investit de façon différente de l’Occident. Car elle voit l’Afrique comme son passé lointain». Pour la Chine, l’Afrique est un investissement, un partenariat destiné à gagner de l’argent. Une méthode éloignée de l’œuvre de bienfaisance occidentale.

Jonathan Berman aime à le souligner, son livre ne dresse pas un tableau exhaustif de la situation africaine. Il se concentre uniquement sur la question du succès commercial en Afrique. Il laisse à d’autres le soin de traiter de domaines comme l’art ou la santé. Par ailleurs, son essai, pourtant bien documenté, n’est pas une œuvre achevée.  «Mon livre raconte une histoire qui est en train de s’écrire. Le continent africain est à l’aube de son éclosion

Quant à savoir si les efforts à produire par les investisseurs vont se révéler productifs, Jonathan Berman rappelle que «l’Afrique comptera près de 2 milliards de personnes en 2050, dont 600 millions de francophones. L’Afrique est un continent qui s’éveille et qui éveille les ambitions.» Peut-être les vôtres?

Philippe Degouy

 «Ces entreprises qui réussissent en Afrique», par Jonathan Berman. Éditions Diateino, 204 pages, 22, 00 euros

Couverture : éditions Diateino

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