Posté le 8 février 2012 par Netto blog 1 réactions | Réagir

Des discussions (sur les pensions) qui dérangent

Le projet de réforme des pensions suscite de vifs débats et de tout aussi vives réactions.  Certains aspects de cette polémique sont cependant assez dérangeants.

Tout d’abord, même si l’accord de gouvernement est clair et limpide à ce sujet, les mesures ne sont pas encore toutes coulées dans des textes de loi.  La réforme des pensions a été approuvée au pas de charge, avec pour conséquence, une période intermédiaire qui crée de la confusion.  Et qui dit confusion dit inquiétude.  Cette inquiétude aurait pourtant pu être évitée.  On devrait même dire: aurait dû être évitée.

Une entorse à la vérité
Deuxièmement, les syndicats n’ont fait aucun effort pour calmer ces inquiétudes.  Au contraire!  On a souvent eu l’impression qu’ils utilisaient cette confusion pour accroître l’inquiétude.  Avaient-ils besoin de cette inquiétude pour motiver leurs troupes à faire grève?  Et avaient-ils besoin de cette grève pour obtenir une révision du projet?  En d’autres mots, sans la grève, le gouvernement aurait-il refusé toute discussion sur des mesures transitoires?  La FGTB laisse entendre que grâce à ces discussions, on a pu éviter la rupture.  Cela fait au minimum une entorse à la vérité.  Car dès le départ, les plans de réforme prévoyaient de ne pas toucher aux droits à la retraite des personnes qui bénéficiaient déjà d’une pré-retraite ou d’un crédit temps.

Beaucoup de bruit autour de l’âge de la retraite
Troisièmement, le gouvernement fait clairement usage du bâton pour décourager les gens d’arrêter trop tôt (de travailler).  Mais où est la carotte?  Comment faire en sorte que travailler plus longtemps soit “acceptable”?  Le gouvernement, avec en tête la ministre de l’Emploi Monica De Coninck, doit rapidement élaborer - avec les syndicats et les entreprises - une nouvelle politique de gestion des carrières qui fasse en sorte que chacun puisse travailler plus longtemps.  Beaucoup de travailleurs pensent encore qu’ils feront le même boulot toute leur vie (une idée qu’il faut se dépêcher d’oublier).  Et qu’il est normal de gagner plus parce qu’on est plus âgé (il faudra aussi l’oublier).  De leur côté, les employeurs doivent cesser de regarder  les quincas - et même les quadras, si l’on en croit certains – comme des “vieux”.

Tout le monde, sans exception
Quatrièmement, réformer les pensions exige une période de transition.  Les droits à la retraite se construisent tout au long de la carrière et les changer en deux coups de cuiller à pot n’est pas acceptable. Cela doit au contraire se faire graduellement.  Mais la vraie question est de se mettre d’accord sur ce que signifie graduellement.  Est-ce acceptable que la moitié des fonctionnaires âgés échappent aux mesures (défavorables) qui font que l’on calculera dorénavant les pensions sur le salaire des 10 dernières années au lieu des 5 dernières?

Cela n’arrive qu’aux autres
Et cinquièmement, on peut voir les réactions fortes à la réforme des retraites comme l’expression de l’effritement de l’esprit de solidarité chez beaucoup de personnes.  Et nous n’avons même pas abordé la problématique “vieux” contre “jeunes”.  Et si l’on regarde au sein d’une même génération, on trouve de nombreuses différences de statuts qui créent de la jalousie.  Personne n’accepte que son voisin bénéficie d’un régime préférentiel, mais chacun pense qu’il mérite, lui, un traitement de faveur.  Pendant qu’ils comparent ce que les autres ont avec ce qu’eux-mêmes n’ont pas, ils oublient de regarder ce qu’ils ont et que leurs voisins n’ont pas.  Et alors que presque tout le monde s’accorde pour dire qu’il va falloir travailler plus longtemps, il y en a beaucoup qui pensent encore qu’eux-mêmes ont de bonnes raisons de déroger à ce principe.

Ce sont des réflexes bien humains après tout, mais ils ne contribuent pas à apaiser le débat.  Quoi qu’il en soit, le gouvernement devrait en tirer une leçon capitale.  Ces réactions plaident – si c’était encore nécessaire – pour que l’on fasse disparaître au plus vite tous ces différents statuts d’ouvrier, d’employé, de fonctionnaire nommé, de fonctionnaire statutaire, etc.

Nadine Bollen

Posté le 14 novembre 2011 par Netto blog 1 réactions | Réagir

La nouvelle valeur de l'Euro(pe)

Le Fonds Monétaire International (FMI) et les pays riches (Brésil, Chine, Russie, etc.) vont donc venir au chevet des pays pauvres de la zone euro, entendez la majorité des Etats-membres. Propos choquant? Peut-être. Provocateur? Evidemment. Mais c’est aussi une triste réalité que nos politiques européens n’ont jamais réussi à masquer. Leur manque de cohésion, leur manque de volonté à affronter unis cette crise sans précédent sont trop criants. Ce n’est pas la fin de la zone euro pour autant. Faire marche arrière serait encore plus dommageable, de toute façon.

Contraintes

Nous serons contraints de baisser la tête, de tendre le cou… et la main! A qui? A la Chine par exemple... Les réserves de change de la Chine se montent à 3.500 milliards de dollars. A peu de choses près l’équivalent de la dette cumulée de la France et de l’Italie! Comme il s’agit de préserver son principal débouché commercial, la Chine allongera de la monnaie à coup sûr. Mais pas à n’importe quel prix, et encore moins à n’importe quelles conditions. Qu’elle émane de la Chine ou du FMI, de la Russie ou d’Hout-si-Plu les bains d’pieds, la mise sous tutelle étrangère des pays dits "développés" (sic) s’accompagnera de solides contraintes budgétaires durant des générations.

Planche de salut

Les 10 ans de diète évoqués par Merkel ne doivent leurrer personne: on n’efface pas 6.000 milliards de dettes européennes en si peu de temps. Mais au-delà de ces basculements économico-stratégiques, il ne faut pas sombrer dans le défaitisme. Aussi pénible que soit cette perspective de rigueur, elle sera notre seule planche de salut. Elle demandera courage et créativité investir dans l’éducation et la formation - à la prochaine génération politique. L’Europe dit avoir des valeurs. Fort bien. Elle devra dorénavant créer davantage de valeur avec moins de moyens. Pour les investisseurs, une nouvelle ère, enfin plus porteuse, devrait ainsi voir le jour. Encore faudra-t-il encourager l’investissement (et pas la spéculation) de manière intelligente. Mais ça, c’est une autre histoire.

François Mathieu

Posté le 21 octobre 2011 par Netto blog 0 réactions | Réagir

Les mauvais résultats financiers des assureurs...

Assuralia, la Fédération des entreprises d'assurance, est convaincue que les assurances auto vont devenir plus chères. Ce serait une conséquence des résultats financiers négatifs des investissements des assureurs… Citons-les. "Leur portefeuille d'actions ne se porte pas bien mais pour la première fois depuis des années, il y a également une baisse de la valeur sur le portefeuille d'obligations", a précisé René Dhondt, directeur-général d'Assuralia, lors d'une conférence de presse.

Cet extrait est une partie de la dépêche Belga qui nous est arrivée hier. Elle a de quoi faire bondir. Les assureurs ne prennent même plus de précautions oratoires, où vat-on ? Quand les assureurs justifient l’augmentation des assurances « hospitalisation » par la hausse du coût du matériel médical et des honoraires de médecins- c’est un grand classique-, on peut ne pas l’admettre mais comprendre le raisonnement.

De même, quand il y a des inondations à répétition, on peut s’attendre à ce que les primes de l’assurance habitation prennent de l’ascendant. C’est ce qui s’est d’ailleurs produit en début d’année. Mais qu’on justifie la hausse des primes «auto» par les mauvais résultats financiers des assureurs, c’est effrayant. On peut se demander quelle serait l’ampleur de la hausse des primes l’an prochain si les sinistres avaient fortement augmenté cette année… Tiens, tant qu’on y est à lancer des fleurs aux assureurs, allons-y d’un dernier coup de grattoir. Dans leur communiqué, les assureurs affirment que les «primes pour les polices automobile et incendie sont restées stables pendant longtemps». Corrigeons  tout de suite : en 2010, la plupart des primes d’assurance auto ont augmenté de 4% en moyenne (hors indexation). Et en début d’année, Assuralia s’était fendu d’une explication très différente pour justifier la hausse des primes en assurance auto chez certains assureurs comme les AP (8% si je me souviens bien). A cette époque, la Fédération des assureurs avait argué que cette évolution était attribuable «au mauvais état de routes et aux maigres résultats des compagnies d’assurance».  Corrigeons aussi l’inexactitude du propos en matière d’assurance habitation. En 2010, les assurances incendie ont été augmentées en moyenne deux fois, dans des proportions encore un peu plus importantes, de «pas loin de 10% en moyenne», nous confirme un courtier bruxellois.

Les mauvais résultats financiers…

François Mathieu

Posté le 6 septembre 2011 par Netto blog 2 réactions | Réagir

L'immo: pas un rempart sans faille

immo

On a longtemps cru que toute action "dotcom" pouvait grimper de 10 % par semaine. On a ensuite longtemps présumé que les valeurs dites de bon père de famille traverseraient sans trop d’encombres n’importe quel contexte boursier.

On s’est ensuite longtemps imaginé que les dettes souveraines étaient gage indéfectible de qualité… S’il y a une leçon que nous devrions avoir tirée des crises qui ont tourmenté les marchés depuis l’aube des années 2000, c’est que plus rien n’est sûr en termes d’investissements. L’immobilier ne fait pas exception. Après avoir doublé entre 2000 et 2008, après avoir fait mieux que résister à la crise bancaire, après avoir fait office de valeur refuge récemment, il faut briser ce mythe d’une "brique incassable".

L’immobilier est certes un rempart contre beaucoup de maux mais toute forteresse a ses faiblesses. Dont la moindre n’est pas la capacité de financement des ménages. L’enquête menée avec Immoweb montre qu’on a suffisamment tiré sur la corde des revenus disponibles. Un seul chiffre résume à lui seul ce constat: seul un tiers des Belges se disent capables d’assumer le financement d’une maison s’ils devaient acheter aujourd’hui. Comme d’autres facteurs sont au rouge (quotité, montants empruntés), il n’est pas étonnant que les derniers chiffres du SPF Économie, retraités pour ne prendre que les 6 derniers mois (lire L’Echo du 25 août), montrent un net ralentissement de l’activité et une légère diminution des prix.

Osons dire que ce repli n’est peut-être pas terminé. Simplement parce que les revenus disponibles, le facteur déterminant les prix le plus important, seront inévitablement sous pression ces prochaines années. La Belgique devra nécessairement prendre des mesures, à l’instar de tous (!) ses pairs européens, pour asseoir et assainir sa situation financière à long terme. L’État belge n’a pas d’autre choix que de partir à la pêche et de harponner les revenus des ménages et des entreprises. Et qui dit revenus sous pression, dit marché immobilier sous tension.

François Mathieu

Posté le 27 juin 2011 par Netto blog 5 réactions | Réagir

Stop aux réformettes

Même s’il a finalement été abrogé par le Sénat français, le projet de taxer les résidences secondaires détenues par les non –résidents (étrangers ou expatriés) en France est très révélateur des dissonances  européennes actuelles. En Europe, on a une monnaie en commun, mais c’est tout ou presque. La crise des dettes souveraines montre l’urgence qu’il y a à accorder la tenue d’une devise aux atours budgétaires de chacun de ses Etats-membres.

Lobbying

Mais accorder ses violons sur le plan budgétaire ne suffira pas à apporter la stabilité dont la zone euro a besoin. Une réforme fiscale devra y contribuer aussi! Le projet de taxer les biens des étrangers était très tentant pour gonfler les recettes fiscales de l’Hexagone, sans craindre les foudres de ses habitants. Sauf qu’un million de Français expatriés ont manifestement joué leur lobbying à plein. Les dizaines de milliers de Belges ayant un pied à terre en France ne s’en plaindront pas. Au-delà de ce projet et de ces «discussions» anecdotiques (voire stériles) à l’échelle européenne, il y a un véritable défi pour l’Europe: parvenir à assainir les  finances publiques des Etats-membres sans tomber dans le piège d’une fiscalité plus poussée et débridée. La capacité à se financer par recours à l’emprunt en ayant pris un fameux coup ces derniers temps, il est facile pour un Etat d’instaurer de nouvelles formes d’impôt à l’adresse des particuliers.

Véritable réforme fiscale

Mais est-ce bien là le socle d’une grande réforme fiscale censée sauver l’Europe? La TVA, les taux d’imposition des sociétés, la transparence fiscale, les privilèges fiscaux de «minorités», la simplification fiscale …  Autant de thèmes qui méritent une véritable réforme fiscale en Europe. Regonfler les budgets en pensant un peu plus «solidarité», sans entraver la libre circulation des biens et des capitaux, ce n’est pas facile, certes. Mais l’avenir de l’Europe est en jeu. Tout simplement.

François Mathieu

Posté le 22 mai 2011 par Netto blog 0 réactions | Réagir

5 personnalités parlent de Mon Argent

A l'occasion des 5 ans d'existence du magazine Mon argent, supplément 'finances personnelles' du journal L'Echo, nous avons demandé à quelques personnalités de nous dire ce qu'elles pensaient de 'Mon argent'. Voici un petit recueil de témoignages.

Bernard Clerfayt, secrétaire d'Etat adjoint aux Finances:
«Mon Argent» est un magazine qui fournit de bons conseils aux particuliers. Il informe les lecteurs des mécanismes d’optimalisation et joue un rôle de pédagogue face à notre législation consistante.  En ce sens, il encourage les contribuables à se conformer aux règles avec astuces et brio. Il participe ainsi, en quelque sorte, à un volet important de mon plan de lutte contre la fraude fiscale qui vise à encourager les citoyens à se conformer à la législation. Informer, éduquer et veiller à la bonne application des règles est un service que votre magazine rencontre certainement, et je vous en félicite.

Etienne de Callataÿ, économiste en chef de la Banque Degroof
«Le lay-out de Mon Argent est particulièrement appréciable. Je suis surtout intéressé par l’immobilier et les investissements. Les articles qui traitent de sociétés cotées, je les passe, à plus forte raison lorsqu’elles sont mises en avant par un gestionnaire de fonds. Le ‘cherry picking’ des actions n’est pas mon fort car généralement, ce type d’articles manque de nuances. En revanche, je lis systématiquement certaines rubriques, comme les dix questions d’argent.»

Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test-Achats:
Le consommateur a besoin d’information financière et d’éducation financière, et certainement depuis l’onde de choc de la crise financière. Et vous y contribuez. Nos initiatives au travers de Budget et Droits ou encore de TA Invest sont complémentaires des vôtres, tout en étant très différentes. Votre approche est d’ordre journalistique, tout à fait louable et positive, la nôtre est d’ordre «défense des intérêts des consommateurs» et donc teintée notamment de revendications et d’aspirations aux changements là où nous décelons des défauts ou des anomalies. Organe de presse vs organe de pression, en somme. Mais de nouveau, chacune des approches est respectable et nécessaire. J’ai parfois le sentiment que certains veulent faire du TA à la place de TA mais que les moyens mis en œuvre ne permettent pas d’aller aussi loin, avec la même vigueur militante de défense du consommateur. Pour conclure, vous avez des lecteurs, nous nous avons des lecteurs et des affiliés. Voilà pour le test comparatif...

Philippe Defeyt, économiste - Institut pour le développement durable:
J’apprécie particulièrement dans Mon argent les sujets qui permettent de "sortir" d'une vision financière ou boursière pour aborder, au travers de l'argent, des questions de société (exemple du conjoint au foyer dans le dernier numéro). J'aime aussi la répartition en 3 catégories de sujets. D'accord ou pas, tout cela amène à réfléchir.

Philippe Ledent, senior economist ING:
Le point fort de «mon argent» est d’aborder des questions centrales de la vie «financière» de tout un chacun sous différents angles (juridique, économique, fiscal, etc…), mais toujours de manière très pratique. Ce point de vue a réellement sa place dans le paysage médiatique, et complète judicieusement l’information quotidienne qui est couverte par le journal L’Echo. Les dossiers y sont bien documentés, et je dois avouer que je conserve quelques numéros car ils pourront me servir selon les circonstances. Les thèmes récurrents comme le «baromètre immobilier», ne dérogent pas à la règle de la priorité au volet pratique de l’info. Un défi pour les 5 prochaines années? Pourquoi ne pas aborder des questions économiques moins liées à des événements particuliers, mais davantage à notre comportement quotidien de consommateur/épargnant: «D’où vient l’inflation et comment s’en protéger?», «La BCE relève se taux: pourquoi? Quelles conséquences attendues?»…Joyeux anniversaire à «mon argent»...

Posté le 8 mai 2011 par Netto blog 0 réactions | Réagir

Phénomènes de société

Etonnant. Nous n’avons jamais consacré autant de temps aux activités sportives et récréatives, pourtant, très peu d’études circulent sur ce thème des loisirs. En Région Wallonne, il n’en existe même pas. Les autorités publiques, au Nord comme au Sud du pays,  mettent cependant davantage la main au portefeuille pour favoriser le développement du sport. Sur les 5 dernières années, le budget a doublé pour la Communauté française et la Région wallonne, à plus de 140 millions d’euros.

Inadéquation

La question est: dépense-t-on correctement cet argent, en matière d’infrastructures, par exemple? Pas sûr puisqu’il n’y a pas d’analyse en la matière. Tout juste dispose-t-on de cette étude de la KUL en Flandre qui est très révélatrice de l’inadéquation des infrastructures par rapport aux desiderata des pratiquants de sports. C’est dommage. Nos autorités loupent un virage important.

Réalisation de soi

Les loisirs de manière générale– et pas seulement les sports, donc - sont l’une des formes de réalisation de soi par excellence dans notre société. Ne pas prendre la peine de décortiquer ce phénomène de société est une forme de déni de nos aspirations profondes. Certes, la marchandisation à outrance des loisirs a quelque chose de détestable et est difficilement défendable. Mais comme le budget temps n’a jamais été aussi important et que le budget dépenses peut difficilement être rationalisé quand on parle de loisirs, cela vaudrait la peine de se pencher plus profondément sur la meilleure allocation possible des deniers publics pour favoriser notre bien-être.

François Mathieu

Posté le 17 avril 2011 par Netto blog 3 réactions | Réagir

Un artiste n'est pas une action

L’avènement d’un nouvel ordre économique mondial. C’était la conclusion d’une vaste étude de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques (OCDE) l’an dernier sur la répartition des richesses dans le monde. Le déplacement du centre de gravité économique vers l’Asie en général, et la Chine en particulier, y était établi. Chiffres à l’appui. Ce constat vaut aussi pour le marché de l’art. La Chine vient de détrôner les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne de la place de plus gros vendeur mondial d’art (aux enchères). En termes économiques, la Chine joue incontestablement un rôle moteur pour le marché de l’art. C’est d’ailleurs ce qui a permis aux prix d’atteindre des sommets après la chute constatée en 2009, dans la foulée de la crise financière.

Question de valeur

L’art étant devenu un actif financier presque comme un autre, il est bon de rappeler que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Investir en art comporte des risques non négligeables, dont le principal est qu’un artiste n’est pas une action. Si la valeur d’une action est intrinsèquement liée aux performances de l’entreprise qu’elle représente, il n’en va pas de même pour l’art. La cote d’un artiste est bien sûr fonction de son talent mais aussi et surtout des modes, de l’attention accordée dans les médias, des réseaux qui soutiennent l’artiste et… de l’économie! On l’a constaté entre 2008 et 2009, quand les effets de la crise financière étaient palpables. La chute du marché de l’art (en volumes et en prix), a été sévère. Si l’économie se remet doucement des affres de cette crise, la reprise est fragile. Le moteur des marchés émergents, Chine en tête, ronronne à nouveau, mais la mécanique, vulnérable, est soumises à de fortes pressions: l’envolée de l’inflation dont l’Asie est en grande partie responsable, pourrait finalement se retourner contre elle. En cas de renversement de tendance, le marché de l’art, à haute teneur émotionnelle, en subirait doublement le contrecoup! A méditer…

François Mathieu

Posté le 10 avril 2011 par Netto blog 0 réactions | Réagir

Retour à la case départ

C’est bien de prendre un peu de recul. Revenir 10 ou 20 ans en arrière dans le cadre du dossier de Mon argent consacré aux "vieux papiers" permet de prendre conscience qu’en matière de placements, rien n’a fondamentalement changé. Les institutions financières sont toujours promptes aujourd’hui à mettre sur le marché des produits complexes que des investisseurs peu regardants vont acheter les yeux fermés, le seul pourcentage de rendement "promis" retentissant à leurs oreilles comme une irrésistible invitation.

Directive MiFid

Mais il y a de l’espoir! La FSMA, nouveau nom de l’autorité de marché CBFA, lancera au plus tard au mois de juin un moratoire durant lequel les banques qui joueraient le jeu ne vendraient plus de produits complexes. "Pour offrir aux investisseurs particuliers des produits appropriés à leurs besoins", a dit son président. Tiens, n’est-ce pas là l’objectif de la directive européenne MiFid, qui imposait aux banques de passer en revue le profil d’investisseur de leurs clients? Serait-ce là un aveu d’échec à peine voilé?

Education et formation

Quoi qu’il en soit, ce moratoire recadre une nouvelle fois les institutions financières dont on surveillera avec grande attention la participation "volontaire" et la liste de produits "complexes" retirés du marché (sur ces points, tout reste flou...). Ce ne sera de toute façon pas suffisant. Pour que ces produits ne voient jamais le jour ou soient réservés à des investisseurs institutionnels, ou avertis, il faut travailler en amont, pas en aval. En éduquant les investisseurs de demain à séparer le bon grain de l’ivraie et en leur donnant les moyens de choisir eux-mêmes en connaissance de cause. Dommage que la FSMA, nouveau chantre de la protection des consommateurs, n’ait pas commencé à concocter un plan d’actions par le bout de cette lorgnette-là. D’autant que la formation et l’éducation des investisseurs fait partie de ses champs de compétence...

François Mathieu

Posté le 3 avril 2011 par Netto blog 1 réactions | Réagir

Veut-on protéger le consommateur?

Au-delà des chiffres qui démontrent la cherté de l’énergie en Belgique par rapport à chez nos voisins européens, il y a un vrai problème d’information aux consommateurs. Sur plusieurs plans. Celui de la facturation, d’abord. Si le manque de transparence de la facture est un grand classique, les paramètres utilisés pour déterminer le tarif énergétique sont désuets ou carrément "hors sujet". Ces paramètres correspondent peut-être aux pratiques commerciales des acteurs du secteur mais il est tout de même étonnant de voir sa facture de gaz dépendre… des cours pétroliers. Tout aussi étonnant: le fait que notre facture de gaz soit partiellement tributaire des prix… du charbon!

Pensions

Il est aussi étrange de constater que notre facture d’électricité mentionne un "supplément pensions". Non, il ne s’agit pas de supporter financièrement la reconversion des anciens charbonnages ou de se montrer solidaire à l’égard des moins favorisés - ce qui serait légitime. Il s’agit d’une participation au financement des pensions extra-légales des anciens employés des secteurs de la distribution et du transport! Etonnant, disait-on. Certes, cela ne représente que 7 euros (en Flandre) ou 10 euros (en Wallonie) pour une famille de 4 personnes en 2011! Dans le genre "étrange", ceci n’est cependant qu’un exemple parmi d’autres. Le fonctionnement du marché, pourtant libéralisé, s’articule ainsi encore en grande partie autour des trois niveaux de pouvoirs (fédéral, régional et communal) qui déterminent plus… de 50% de notre facture énergétique, avec des différences régionales parfois substantielles.

Protection

Ce manque de cohésion se retrouve aussi dans le contrôle du fonctionnement du marché: alors que la Commission européenne souhaite voir renforcé le rôle de notre régulateur national (dont la principale mission est de protéger les consommateurs), les autorités ont d’abord décidé de lui coller quatre belles-mères institutionnelles (dont l’Administration de l’énergie) pour l’assister dans sa mission avant de se raviser, contraintes et forcées par la même Commission européenne. Bref, il est plus que temps qu’on arrête de badiner avec cette "protection du consommateur". Cela prêterait presque à sourire…

François Mathieu

Dernières réactions sur nos blogs