Obligations "poubelles" synthétiques
L’actualité des derniers mois a été pour le moins agitée: crise de l’endettement dans la zone euro, tensions au Moyen-Orient, flambée des cours des matières premières, menaces de catastrophe nucléaire au Japon… Et pourtant. Aucun de ces nuages sombres ne semble venir à bout de l’enthousiasme des marchés. Les fluctuations sont certes importantes, mais les mouvements de repli sont jusqu’ici restés limités. Les Bourses affichent aujourd’hui le même niveau qu’il y a douze mois.
Plancher
Quant aux sociétés, la plupart ont battu les attentes des analystes en 2010 et respirent la santé. Selon la Federal Reserve, les sociétés américaines non-financières disposaient fin 2010 de 1.900 milliards de dollars sous forme de liquidités et de titres à brève échéance au bilan, soit 7% de l’ensemble des actions, le plus haut niveau depuis 1963.
Revers
Cette montagne de liquidités n’a cependant pas que des avantages. Elle suggère en effet que les entreprises se retiennent d’investir et d’innover, deux conditions pourtant essentielles à la croissance économique. Reste par ailleurs à savoir si elles parviendront encore, en 2011, à surclasser le consensus - beaucoup plus ambitieux – des analystes. Dans le cas contraire, les valorisations des actions risquent d’être bien moins alléchantes.
Leçons
Les investisseurs ne semblent pas encore prendre acte de ce risque. Au lieu de couvrir leurs portefeuilles, ils se laissent en effet tenter par des produits financiers «dernier cri», comme les obligations synthétiques. Les leçons tirées en 2007 ont-elles déjà été oubliées?
Peter van Maldegem

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