avril 2011

Posté le 17 avril 2011 par Netto blog 3 réactions | Réagir

Un artiste n'est pas une action

L’avènement d’un nouvel ordre économique mondial. C’était la conclusion d’une vaste étude de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques (OCDE) l’an dernier sur la répartition des richesses dans le monde. Le déplacement du centre de gravité économique vers l’Asie en général, et la Chine en particulier, y était établi. Chiffres à l’appui. Ce constat vaut aussi pour le marché de l’art. La Chine vient de détrôner les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne de la place de plus gros vendeur mondial d’art (aux enchères). En termes économiques, la Chine joue incontestablement un rôle moteur pour le marché de l’art. C’est d’ailleurs ce qui a permis aux prix d’atteindre des sommets après la chute constatée en 2009, dans la foulée de la crise financière.

Question de valeur

L’art étant devenu un actif financier presque comme un autre, il est bon de rappeler que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Investir en art comporte des risques non négligeables, dont le principal est qu’un artiste n’est pas une action. Si la valeur d’une action est intrinsèquement liée aux performances de l’entreprise qu’elle représente, il n’en va pas de même pour l’art. La cote d’un artiste est bien sûr fonction de son talent mais aussi et surtout des modes, de l’attention accordée dans les médias, des réseaux qui soutiennent l’artiste et… de l’économie! On l’a constaté entre 2008 et 2009, quand les effets de la crise financière étaient palpables. La chute du marché de l’art (en volumes et en prix), a été sévère. Si l’économie se remet doucement des affres de cette crise, la reprise est fragile. Le moteur des marchés émergents, Chine en tête, ronronne à nouveau, mais la mécanique, vulnérable, est soumises à de fortes pressions: l’envolée de l’inflation dont l’Asie est en grande partie responsable, pourrait finalement se retourner contre elle. En cas de renversement de tendance, le marché de l’art, à haute teneur émotionnelle, en subirait doublement le contrecoup! A méditer…

François Mathieu

Posté le 10 avril 2011 par Netto blog 0 réactions | Réagir

Retour à la case départ

C’est bien de prendre un peu de recul. Revenir 10 ou 20 ans en arrière dans le cadre du dossier de Mon argent consacré aux "vieux papiers" permet de prendre conscience qu’en matière de placements, rien n’a fondamentalement changé. Les institutions financières sont toujours promptes aujourd’hui à mettre sur le marché des produits complexes que des investisseurs peu regardants vont acheter les yeux fermés, le seul pourcentage de rendement "promis" retentissant à leurs oreilles comme une irrésistible invitation.

Directive MiFid

Mais il y a de l’espoir! La FSMA, nouveau nom de l’autorité de marché CBFA, lancera au plus tard au mois de juin un moratoire durant lequel les banques qui joueraient le jeu ne vendraient plus de produits complexes. "Pour offrir aux investisseurs particuliers des produits appropriés à leurs besoins", a dit son président. Tiens, n’est-ce pas là l’objectif de la directive européenne MiFid, qui imposait aux banques de passer en revue le profil d’investisseur de leurs clients? Serait-ce là un aveu d’échec à peine voilé?

Education et formation

Quoi qu’il en soit, ce moratoire recadre une nouvelle fois les institutions financières dont on surveillera avec grande attention la participation "volontaire" et la liste de produits "complexes" retirés du marché (sur ces points, tout reste flou...). Ce ne sera de toute façon pas suffisant. Pour que ces produits ne voient jamais le jour ou soient réservés à des investisseurs institutionnels, ou avertis, il faut travailler en amont, pas en aval. En éduquant les investisseurs de demain à séparer le bon grain de l’ivraie et en leur donnant les moyens de choisir eux-mêmes en connaissance de cause. Dommage que la FSMA, nouveau chantre de la protection des consommateurs, n’ait pas commencé à concocter un plan d’actions par le bout de cette lorgnette-là. D’autant que la formation et l’éducation des investisseurs fait partie de ses champs de compétence...

François Mathieu

Posté le 3 avril 2011 par Netto blog 1 réactions | Réagir

Veut-on protéger le consommateur?

Au-delà des chiffres qui démontrent la cherté de l’énergie en Belgique par rapport à chez nos voisins européens, il y a un vrai problème d’information aux consommateurs. Sur plusieurs plans. Celui de la facturation, d’abord. Si le manque de transparence de la facture est un grand classique, les paramètres utilisés pour déterminer le tarif énergétique sont désuets ou carrément "hors sujet". Ces paramètres correspondent peut-être aux pratiques commerciales des acteurs du secteur mais il est tout de même étonnant de voir sa facture de gaz dépendre… des cours pétroliers. Tout aussi étonnant: le fait que notre facture de gaz soit partiellement tributaire des prix… du charbon!

Pensions

Il est aussi étrange de constater que notre facture d’électricité mentionne un "supplément pensions". Non, il ne s’agit pas de supporter financièrement la reconversion des anciens charbonnages ou de se montrer solidaire à l’égard des moins favorisés - ce qui serait légitime. Il s’agit d’une participation au financement des pensions extra-légales des anciens employés des secteurs de la distribution et du transport! Etonnant, disait-on. Certes, cela ne représente que 7 euros (en Flandre) ou 10 euros (en Wallonie) pour une famille de 4 personnes en 2011! Dans le genre "étrange", ceci n’est cependant qu’un exemple parmi d’autres. Le fonctionnement du marché, pourtant libéralisé, s’articule ainsi encore en grande partie autour des trois niveaux de pouvoirs (fédéral, régional et communal) qui déterminent plus… de 50% de notre facture énergétique, avec des différences régionales parfois substantielles.

Protection

Ce manque de cohésion se retrouve aussi dans le contrôle du fonctionnement du marché: alors que la Commission européenne souhaite voir renforcé le rôle de notre régulateur national (dont la principale mission est de protéger les consommateurs), les autorités ont d’abord décidé de lui coller quatre belles-mères institutionnelles (dont l’Administration de l’énergie) pour l’assister dans sa mission avant de se raviser, contraintes et forcées par la même Commission européenne. Bref, il est plus que temps qu’on arrête de badiner avec cette "protection du consommateur". Cela prêterait presque à sourire…

François Mathieu

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