La nouvelle valeur de l'Euro(pe)
Le Fonds Monétaire International (FMI) et les pays riches (Brésil, Chine, Russie, etc.) vont donc venir au chevet des pays pauvres de la zone euro, entendez la majorité des Etats-membres. Propos choquant? Peut-être. Provocateur? Evidemment. Mais c’est aussi une triste réalité que nos politiques européens n’ont jamais réussi à masquer. Leur manque de cohésion, leur manque de volonté à affronter unis cette crise sans précédent sont trop criants. Ce n’est pas la fin de la zone euro pour autant. Faire marche arrière serait encore plus dommageable, de toute façon.
Contraintes
Nous serons contraints de baisser la tête, de tendre le cou… et la main! A qui? A la Chine par exemple... Les réserves de change de la Chine se montent à 3.500 milliards de dollars. A peu de choses près l’équivalent de la dette cumulée de la France et de l’Italie! Comme il s’agit de préserver son principal débouché commercial, la Chine allongera de la monnaie à coup sûr. Mais pas à n’importe quel prix, et encore moins à n’importe quelles conditions. Qu’elle émane de la Chine ou du FMI, de la Russie ou d’Hout-si-Plu les bains d’pieds, la mise sous tutelle étrangère des pays dits "développés" (sic) s’accompagnera de solides contraintes budgétaires durant des générations.
Planche de salut
Les 10 ans de diète évoqués par Merkel ne doivent leurrer personne: on n’efface pas 6.000 milliards de dettes européennes en si peu de temps. Mais au-delà de ces basculements économico-stratégiques, il ne faut pas sombrer dans le défaitisme. Aussi pénible que soit cette perspective de rigueur, elle sera notre seule planche de salut. Elle demandera courage et créativité investir dans l’éducation et la formation - à la prochaine génération politique. L’Europe dit avoir des valeurs. Fort bien. Elle devra dorénavant créer davantage de valeur avec moins de moyens. Pour les investisseurs, une nouvelle ère, enfin plus porteuse, devrait ainsi voir le jour. Encore faudra-t-il encourager l’investissement (et pas la spéculation) de manière intelligente. Mais ça, c’est une autre histoire.
François Mathieu

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