Retour à la case départ
C’est bien de prendre un peu de recul. Revenir 10 ou 20 ans en arrière dans le cadre du dossier de Mon argent consacré aux "vieux papiers" permet de prendre conscience qu’en matière de placements, rien n’a fondamentalement changé. Les institutions financières sont toujours promptes aujourd’hui à mettre sur le marché des produits complexes que des investisseurs peu regardants vont acheter les yeux fermés, le seul pourcentage de rendement "promis" retentissant à leurs oreilles comme une irrésistible invitation.
Directive MiFid
Mais il y a de l’espoir! La FSMA, nouveau nom de l’autorité de marché CBFA, lancera au plus tard au mois de juin un moratoire durant lequel les banques qui joueraient le jeu ne vendraient plus de produits complexes. "Pour offrir aux investisseurs particuliers des produits appropriés à leurs besoins", a dit son président. Tiens, n’est-ce pas là l’objectif de la directive européenne MiFid, qui imposait aux banques de passer en revue le profil d’investisseur de leurs clients? Serait-ce là un aveu d’échec à peine voilé?
Education et formation
Quoi qu’il en soit, ce moratoire recadre une nouvelle fois les institutions financières dont on surveillera avec grande attention la participation "volontaire" et la liste de produits "complexes" retirés du marché (sur ces points, tout reste flou...). Ce ne sera de toute façon pas suffisant. Pour que ces produits ne voient jamais le jour ou soient réservés à des investisseurs institutionnels, ou avertis, il faut travailler en amont, pas en aval. En éduquant les investisseurs de demain à séparer le bon grain de l’ivraie et en leur donnant les moyens de choisir eux-mêmes en connaissance de cause. Dommage que la FSMA, nouveau chantre de la protection des consommateurs, n’ait pas commencé à concocter un plan d’actions par le bout de cette lorgnette-là. D’autant que la formation et l’éducation des investisseurs fait partie de ses champs de compétence...
François Mathieu

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