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Posté le 6 juillet 2016 par L'Echo

Victoire de Big Mac sur MacCoffee

Mcdonalds

Un "Mac" peut-il en cacher un autre? Et un "MacCoffee" peut-il progresser (commercialement) en se dissimulant derrière un "McFish" ou un "Big Mac"? Pour le tribunal de l’Union européenne, la réponse est "oui".

L’affaire opposait depuis des années le géant de la restauration rapide McDonald’s au groupe singapourien Future Enterprises. Ce dernier voulait enregistrer sa marque MacCoffee pour des produits alimentaires et des boissons en Europe. Dans un premier temps, l’Office de l’UE pour la propriété intellectuelle (Euipo) avait accepté de le faire. Puis McDonald’s s’était manifesté en arguant de l’antériorité de sa marque mère ainsi que de douze marques dérivées comportant les éléments verbaux "Mc" ou "Mac" pour demander l’annulation de l’enregistrement de MacCoffee. En 2013, l’Euipo a reconnu le bien-fondé de la plaidoirie du groupe américain et annulé sa première décision. Refusant de s’avouer vaincus, les Singapouriens sont allés en appel devant le tribunal de l’UE. Ce dernier a rejeté leur recours hier.

Aux yeux des juges européens, le public pertinent, auquel s’adressent les produits des deux sociétés en présence, risque bien d’associer la marque MacCoffee à la famille des marques "Mc" et "Mac" de McDonald’s. Facteur aggravant, certains produits commercialisés par MacCoffee sont proches de ceux proposés par la chaîne de fast-food dans ses restaurants: sa gamme renseigne des crèmes glacées, des muffins, des sandwiches garnis ou grillés… Mêmes types de produits, mêmes consommateurs potentiels: l’utilisation par Future Enterprises de la marque MacCoffee lui permet donc de "tirer indûment profit de la renommée des marques de McDonald’s", estime le tribunal. Formulé autrement, cela donne: le risque est élevé que "MacCoffee se place dans le sillage de McDonald’s pour bénéficier de son pouvoir d’attraction".

Résultat des courses, Future Enterprises devra se faire un avenir en trouvant un autre nom de marque pour démarcher les marchés européens. Fin du micmac judiciaire. Et aucun risque que l’affaire fasse jurisprudence dans le secteur des PC, puisque le dossier était circonscrit aux marchés alimentaires et des boissons…

-Michel Lauwers

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