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septembre 2014

Quartier européen
Du rond-point Schuman au "Caprice des dieux", l'Europe bouillonne à Bruxelles. Parlementaires, diplomates, fonctionnaires, lobbyistes se livrent une bataille permanente dans les salons feutrés de la capitale de l’Union.

Ce blog est une fenêtre sur les petites et grandes histoires qui se jouent dans le quartier européen.
Par Olivier Gosset et @F_Rohart.

Posté le 30 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

Les petites corrections de Mme Malmström

Les grands oraux de la commission Juncker auront démarré avec une bourde de taille. En envoyant ses réponses écrites aux questions des eurodéputés, Cécilia Malmström a dans un premier temps soutenu la position de Juncker sur le traité de libre-échange qui se négocie avec les Etats-Unis... Avant de se raviser dans une deuxième version envoyée in extremis.

MalmstromafpCécilia Malmström devait aider les socialistes à la soutenir. Comme tous les commissaires désignés, la libérale suédoise a besoin de l'aval des eurodéputés des trois familles politiques qui forment le socle de la Commission Juncker. Et en l'occurrence, c'est la gauche que la future commissaire au Commerce devait convaincre. Elle n'a pas fondamentalement dévié de la ligne tracée par Karel De Gucht. Mais elle a infléchi son discours sur les tribunaux d'arbitrage privés en répétant plusieurs fois que les mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS) ne seront pas forcément dans l'accord de libre-échange avec les États-Unis (TTIP).

Rien de tel qu'un peu de flou artistique pour obtenir une adhésion large... Pourtant, dans la réponse qu'elle avait faite vendredi aux questions écrites du Parlement, elle s'était montrée beaucoup plus catégorique, annonçant que l'ISDS serait évacué. Et de citer une déclaration de Jean-Claude Juncker cet été au sujet de l'accord transatlantique : "Aucune limitation de la juridiction des courts et tribunaux dans les États membres de l'UE ne sera acceptée dans ce contexte; cela signifie clairement que cet accord ne comportera pas de mécanisme de résolution des différents investisseurs-États (ISDS)." Et Malmström d'ajouter, dans son courrier aux parlementaires : "Je soutien totalement cette approche du Président élu et je vais travailler en ce sens durant les négociations (...)."

Malmstromjuncker
Seulement voilà:la commissaire désignée a fait envoyer une deuxième version de ses réponses écrites la veille de l'audition (cf la version corrigée ci-dessus). Arguant d'une "erreur", elle a purement et simplement fait sauter la phrase où elle garanti l'abandon de l'ISDS.

Au cours de son audition de lundi, Cécilia Malmström a insisté sur l'utilité des ISDS en général pour protéger les investisseurs et sur le fait que la formule adoptée dans l'accord de libre-échange avec le Canada (CETA) - paraphé vendredi dernier - est un modèle du genre. "Peut-il être amélioré? Oui, c'est possible", a-t-elle concédé, tout en estimant que rouvrir les négociations avec le Canada "serait une erreur".

"Elle est venue défendre le bilan de la commission sortante plutôt qu'une vision", estime la socialiste Marie Arena, seule eurodéputée belge francophone à l'avoir interrogée. Mais malgré le "couac" de vendredi, la socialiste ne voit pas de raison valable pour son groupe de rejeter cette candidature - "elle ne s'est pas montrée incompétente" (1). Officiellement, l'avis des députés sur la candidate ne ne devait être révélé qu'au terme de l'ensemble des auditions. Mais la principale intéressée a fait connaître sur Twitter son bonheur d'avoir été admise :

Le résultat des discussions entre parlementaires est toutefois tombé mardi: la commission Commerce est passée au vote: 26 députés se sont prononcés pour, 10 contre et 5 se sont abstenus. Le co-président des Verts Philippe Lamberts a notamment indiqué que son groupe avait voté contre la désignation de Mme Malmström, "déçu par son recul" sur le traité de libre-échange transatlantique.

@F_Rohart

 

(1) Marie Arena a finalement décidé de voter contre Mme Malmström pour envoyer un signal à la Commission Juncker: "Le groupe socialiste n'a pas pu obtenir les clarifications qu'il voulait sur l'ISDF. Mme Malmström se montre inflexible sur ce dossier. Nous allons demander à Jean-Claude Juncker de clarifier cette question avant le vote en plénière [pour l'ensemble de la Commission, NDLR]." Les socialistes ont donc décidé de souligner leurs réticences par des votes non groupés.

N.B Version augmentée de l'article paru dans L'Echo ce 30 septembre 2014.

Posté le 29 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

Comment Thyssen prépare son Grand Oral

La future commissaire belge passe son examen devant le Parlement européen mercredi. Elle a déjà convaincu certains députés et court peu de risques de subir de vraies attaques.

ThyssenDepuis que Jean-Claude Juncker a publié l'organigramme de son futur collège, les vingt-sept "commissaires désignés" se sont pour la plupart trouvé un appart'hotel à Bruxelles. Après une mise au vert à Genval, ils se sont plongés dans la préparation de leurs examens oraux devant le Parlement européen. Ils ont à leur disposition un bureau provisoire au côté de leur futur patron - au 9e étage du bâtiment Charlemagne, qui fait face au Berlaymont. En cette période de transition, Ils ont chacun droit à deux collaborateurs pour préparer ce qui est, pour beaucoup d'entre eux, l'épreuve la plus stressante de leur carrière.

Sur le gril

Les examens commencent cette semaine avec une habituée de l'exercice, la Suédoise Cécilia Malmström, et se terminent le 7 octobre avec le Néerlandais Frans Timmermans - désigné Premier vice-président. La Belge Marianne Thyssen passera sur le gril mercredi matin. Comme tous ses "collègues", elle va subir trois heures d'interrogatoire à un rythme effréné: une minute par question, deux minutes par réponse. Et comme tous les commissaires désignés, la Belge sait que l'examen n'a rien d'une formalité.

En 2004, deux candidats avaient été rejetés par le Parlement européen et un troisième s'était vu assigner un autre portefeuille après son passage devant les députés. Et la commission Barroso II est entrée en fonction avec plus de quatre mois de retard après que le Parlement eut recalé la Bulgare Rumiana Jeleva. En son temps, le Belge Philippe Busquin (PS) a lui aussi vu son audition tourner au cauchemar. Désigné commissaire à la Recherche en 1999, le président sortant du Parti socialiste s'est retrouvé forcé à défendre son honneur dans l'affaire Agusta/Dassault. La pression sera telle qu'il sortira de l'audition prêt à abandonner le poste, indiquait-on dans son entourage à l'époque.

Convaincre avant-coup

Marianne Thyssen n'a rien de tel à craindre, mais n'en prépare pas moins l'épreuve avec zèle. Encore députée européenne, elle ne s'enferme pas au Charlemagne, mais bûche ses dossiers depuis son bureau du Parlement européen, avec l'aide de ses collaborateurs. "Elle a reçu un paquet d'informations préparé par la Direction Générale Emploi, elle a rencontré des fonctionnaires... Elle passe la moitié de son temps à étudier, l'autre à discuter avec des gens", explique-t-on dans son entourage. Elle rencontre des membres de sa future administration, bien sûr, mais également des parlementaires.

C'est une des clés d'une audition réussie: convaincre des détracteurs potentiels avant la joute publique. "Elle nous a déjà montré qu'elle était sensible à nos préoccupations...", explique un collaborateur du groupe socialiste (S&D). Désignée à l'Emploi, aux Affaires sociales, aux Compétences et à la Mobilité du travail, elle a déjà une réponse toute faite sur le dossier le plus épineux qu'elle aura à gérer: Jean-Claude Juncker l'a déjà chargée de revoir la directive sur le détachement des travailleurs "pour éviter des risques de dumping social".

"J'ai rencontré Marianne Thyssen, nous avons eu une très bonne discussion. Elle a la même vision de la situation que moi", indique la Suédoise Marita Ulvskog (S&D), vice-présidente de la Commission Emploi et Affaires sociales, qui fera l'audition de Thyssen. Et comme elle le dit elle-même, "c'est un bon début".

Mercredi, à 9 heures, Marianne Thyssen se retrouvera donc seule sous le feu - 45 questions venues des quatre coins de la salle. Après l'échange, les coordinateurs des groupes politiques se réuniront à huis clos pour statuer sur son sort.

Pas de points ici, mais une "lettre d'évaluation" à signer pour envoi à Jean-Claude Juncker. Dans le cas très théorique où les coordinateurs ne seraient pas unanimes, le débat serait renvoyé devant la commission parlementaire dans son ensemble ce qui pourrait mener, en cas de désaccord persistant, à un vote.

@F_Rohart

N.B. Article paru dans L'Echo du 27 septembre 2014.

Posté le 23 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

Ces "spécialistes" exclus du navire Juncker

La Commission Barroso comptait 38 porte-paroles, spécialisés dans les compétences de "leur" commissaire, la Commission Juncker n'en comptera plus que 17. Popote interne ? Pas seulement.

Schinas"Moi je n'ai pas envie de me retrouver à devoir parler de tout. Je tiens au lien direct avec des matières précises, au fait d'être l'expert sur un sujet face au public." Ce porte-parole au sein de la Commission Barroso le sait déjà: il ne rejoindra pas l'équipe de porte-parole de Juncker.

Le prochain président de la Commission a décidé de révolutionner le fonctionnement de l'institution, et notamment sa communication : il faut qu'elle soit plus politique, moins jargonneuse. Aussi, au lieu d'avoir 38 (!) porte-parole, spécialisés pour la plupart, sur les matières de "leur" commissaire, Juncker en veut 17:

-Un porte-parole en chef, le grec Margaritis Schinas, avec deux adjoints ;
-Deux coordinateurs ;
-Deux porte-parole pour la Haute représentante Federica Mogherini ;
-Et dix autres porte-parole qui dépendront directement du Président de la Commission.

On passe donc d'une équipe de communicants arc-boutés sur leurs matières à une équipe restreinte moins technique, plus politique. En "écrémant" au passage un certain nombre de contractuels - le service du porte-parole de la prochaine Commission doit, comme tous les autres, réduire son personnel de 5%.

De la popote interne, tout ça ? Peut-être, mais elle aura à n'en pas douter un impact - on verra lequel à l'usage - sur la manière dont parle l'Europe aux Européens. Le président désigné de la Commission veut en particulier que "ses" commissaires apprennent à entrer dans l'arène : "Jean-Claude Juncker veut que les Commissaires descendent eux-même devant la presse, non seulement quand les choses vont bien mais aussi quand les choses vont mal. Ce sont les Commissaires, des politiciens, qui sont les mieux placés pour communiquer les décisions", indique Natasha Bertaud, elle-même porte-parole au sein de l'équipe de transition de Juncker. Plus question donc de se cacher derrière un porte-parole quand un dossier tourne au vinaigre...

@F_Rohart 

Photo: Margaritis Schinas, futur porte-parole de la commission Juncker.

Posté le 22 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

Renfort caisse anti-terroriste à la Commission

Que la menace terroriste contre la Commission soit réelle ou non, la sécurité a bel et bien été renforcée aux abords du Berlaymont. Comme la menace n'est pas avérée, ce n'est pas la police belge qui veille, mais bien un groupe de sécurité privé...

BerlaymontChacun au Berlaymont n'avait qu'une chose en tête, ce lundi: la menace d'attentats contre les bâtiments de la Commission européenne. Après l'annonce, par "L'Echo" et "De Tijd", samedi, que plusieurs attentats de fondamentalistes islamistes ont été déjoués, la chaîne néerlandaise "NOS" a affirmé que l'exécutif européen avait été spécifiquement visé.

Deux djihadistes présumés originaires de La Haye ont été arrêtés en Belgique alors qu'ils "auraient planifié un attentat contre le bâtiment de la Commission européenne", croyait savoir "NOS" samedi, citant "des sources" sans les identifier. Le quotidien flamand "Het Laatste Niews" en a rajouté une couche en affirmant que des explosifs "prêts à l'emploi" destinés à un attentat contre la Commission avaient été saisis.

Mais tout cela est faux, affirment en coeur le parquet fédéral belge et la Commission : il n'existe à ce stade aucune preuve solide de projet "très concret" d'attentat contre la Commission.

En attendant, le quidam qui se promène aux abords du rond-point Schuman aura remarqué une concentration inhabituelle d'agents du groupe de sécurité G4S autour des bâtiments européens, ce lundi. "Des agents de sécurité qui ne portent pas le même uniforme [que les agents habituels] sont postés à l'extérieur du bâtiment et nous demandent nos badges", observe un journaliste étranger. Et ce bouleversement du train train devient un objet de curiosité sur les réseaux sociaux, comme ici sur Twitter: 

C'est à la Belgique de prendre, si nécessaire, des mesures pour protéger les bâtiments européens. Mais en l'absence de menace précise, l'organisme de prévention pour l'analyse de la menace (OPAM) n'a pas jugé nécessaire de faire mobiliser des policiers belges autour du Berlaymont.

Sevcovic sécurité

En attendant la Commission a donc sollicité les équipes de G4S - même si au Berlaymont comme chez G4S on refuse de préciser si les agents mobilisés sont des extras ou des contracturels déplacés.

Dans un e-mail envoyé dimanche soir aux fonctionnaires de la Commission (ci-dessus), le commissaire en charge de la sécurité, Maros Sevcovic, indique être attentif à la menace éventuelle : "Soyez assurés que toutes les mesures possibles sont en place, tant pour anticiper que pour réagir à de telles menaces." Comme mesure "de précaution", Sevcovic a décidé "d'augmenter les mesures de sécurité sur les bâtiments de la Ccmmission", ajoutant que "d'autres mesures de sécurité pourraient être mises en place si nécessaire". Menace ou pas, voilà déjà de quoi rassurer les fonctionnaires.

@F_Rohart

Photo : le Berlaymont, vaisseau amiral de la Commission européenne à Bruxelles (Belga).

Posté le 19 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

Quand Tarabella se fait Mélenchon (in English, please)

C’est ce qui s’appelle une crise de laïcisme. Cette semaine, le leader de gauche radicale français Jean-Luc Mélenchon a sauté sur l'annonce de la visite du pape François au Parlement européen pour fondre le sabre au clair sur le camp socialiste. "Que le social-démocrate allemand Martin Schulz (Président du Parlement, NDLR) soit à l'origine de cette venue cléricale couvre de honte le parti socialiste européen" a vitupéré Mélenchon dans un communiqué dans lequel il appelle ses camarades à faire comme lui: boycotter la séance.

Tarabella Melenchon
Souillé à jamais par sa propre génuflexion, le parti socialiste ne pouvait rester coi. L'eurodéputé belge Marc Tarabella (PS) a donc pris la plume pour envoyer ses hommages cabochard (et, tant qu'à faire, à tout le Parlement). "La question n'est pas d'avoir ou non la foi, mais de suivre les principes européens: ouverture d'esprit et tolérance", a-t-il lancé - en anglais s'il vous plaît, on n'est pas à la fête de l'huma. Et sur un air de défi: "Des commentaires à propos de Conchita Wurst le mois prochain ?"

Conchita Wurst, le travesti barbu autrichien vainqueur de l'Eurovision de la chanson, se produira sur l'esplanade du Parlement européen le 8 octobre. Quant à Jorge Mario Bergoglio, il est attendu à Strasbourg le 25 novembre - ce sera la deuxième visite d'un pape au Parlement européen depuis celle de Jean-Paul II en 1988.

Des réponses ont fusé des quatre coins du Parlement : "Au début, on a eu peur de n'avoir des remerciements que du PPE (centre-droite), mais on en a même reçu de l'ALDE (libéraux) et même des Verts", , indique-t-on dans l'entourage de Marc Tarabella. Aux dernières nouvelles, par contre, ni Jean-Luc Mélenchon ni ses collègues de la Gauche unitaire (GUE/NGL) n’a pas répondu au Belge.

@F_Rohart

Posté le 19 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

L'influence de la Belgique sur l'Europe réduite à peau de chagrin

Avec le départ de Herman Van Rompuy, les décès de Wilfried Martens et Jean-Luc Dehaene, les défaites de Guy Verhofstadt, la désignation à l'Emploi de Marianne Thyssen et le positionnement eurosceptique de la N-VA, l'influence de la Belgique au sein de l'Union européenne vient d'en prendre un sérieux coup.

C'est une lame de fond. En quelques mois, l'influence belge au sein de l'Union européenne s'est brutalement tassée. Cela a commencé en octobre dernier, avec la disparition d'une figure de la construction européenne: le chrétien-démocrate flamand Wilfried Martens, qui présidait aux destinées du plus grand parti politique d'Europe (le PPE) depuis un quart de siècle. Quelques mois plus tard, son coreligionnaire Jean-Luc Dehaene, artisan indirect du Traité de Lisbonne et pilier du Parlement européen, décédait à son tour. Encore endeuillé, Herman Van Rompuy s'apprête à céder son siège de président du Conseil européen au polonais Donald Tusk, sans que la Belgique ne puisse espérer retrouver un tel poste avant de longues décennies. Au Parlement européen, les Belges n'ont plus de vice-président, après le départ de l'écologiste Isabelle Durant. Et si Guy Verhofstadt reste président du groupe politique libéral (ALDE), la formation est tombée de la 3e à la 4e place, réduisant son poids relatif dans l'hémicycle. Quant à la prochaine commissaire belge, Marianne Thyssen (CD&V), elle hérite d'un poste de faible l'influence, bien loin de l'envergure de celui de son prédécesseur Karel De Gucht.

Influence belge
La Belgique peut-elle se relever d'un fléchissement aussi brutal de ses relais aux sommets de l'Union?

Dans une Europe à Vingt-Huit où les derniers arrivés commencent à prendre la place qui leur revient, rien n'est moins sûr. La perte d'influence au sein de l'Union est une donnée constante pour les anciens États-membres - sauf peut-être l'Allemagne, et il n'y a pas de raison pour que la Belgique y échappe.

"Elle a eu une visibilité disproportionnée au sein de la construction européenne. Grâce à une diplomatie très efficace et active, grâce à la présence des institutions à Bruxelles... Une page se tourne, comme pour beaucoup d'anciens États fondateurs", estime Marianne Dony, présidente de l'Institut d'études européennes de l'Université libre de Bruxelles.

Mais le déclin belge, que l'on constate aussi bien à la lumière des grands postes que dans les rouages de la machine européenne, n'est pas seulement le résultat de la mécanique de l'élargissement...

Le handicap régional

Le départ d'Herman Van Rompuy va provoquer une perte de visibilité évidente pour la Belgique, même si l'ancien "démineur" n'avait pas pour rôle de défendre les intérêts de son pays d'origine. "On n'aura plus le poste de président du Conseil européen, et c'est bien normal. On ne peut pas dire que le fait que Herman Van Rompuy quitte ce poste traduise un affaiblissement de l'influence belge", estime Marc Lepoivre, directeur à l'Institut Egmont qui s'exprime à titre personnel.

Le président du Conseil laissera probablement une trace au travers de la méthode de fonctionnement qu'il a imprimée à cette nouvelle institution - une empreinte largement positive qui conforte la réputation des Belges comme faiseurs de compromis.

Il reste que le poids du royaume dans cette institution dépendra à l'avenir de l'énergie qu'y mettront les prochains Premiers ministres. De ce point de vue, la voix belge s'est faite très discrète ces dernières années - avec une crise politique historiquement longue et un Élio Di Rupo peu remarqué sur la scène européenne.

Au Conseil des ministres, enceinte législative intergouvernementale, l'influence belge tend également à décroître. En termes de postes, la Belgique a déjà été nettement mieux représentée. Gilles de Kerchove, le "Monsieur Terrorisme" européen, est le dernier haut fonctionnaire de l'institution, alors qu'il y a quelques années encore, la Belgique comptait trois directeurs généraux.

Mais au-delà des postes, l'évolution institutionnelle de la Belgique lui fait perdre du terrain dans les débats, estime Marc Lepoivre: "L'Union européenne ne connaît que les États, or la Belgique renforce sans cesse le pouvoir de ses régions et communautés, ce qui crée une certaine tension et rend souvent sa voix moins cohérente et plus faible." Voire carrément inaudible, ajoutera-t-on: quand la Flandre défend les cultures OGM et que la Wallonie plaide contre, la Belgique se tait, tout simplement.

Pourtant elle parvient encore à marquer des points de temps en temps, objecte-t-on dans un cabinet: "L'axe Marcourt-Peeters (ministres de l'Économie wallon et flamand sous la législature sortante, NDLR) a largement contribué à porter le thème 'Industrie' à l'agenda du Conseil alors que certains États-membres ne voulaient pas en entendre parler."

L'armée de secrétaires

En termes de visibilité, la fin du mandat de Karel De Gucht porte elle aussi un coup à la Belgique. Le libéral flamand occupait le 4e poste en importance à la Commission: le portefeuille du Commerce arrive juste derrière la présidence, l'Action extérieure et les Affaires économiques. Mais sa successeure Marianne Thyssen n'a pas hérité d'un poste d'envergure.

Avec l'Emploi, les Affaires sociales, les Compétences et la Mobilité des travailleurs, elle aura à gérer le dossier épineux des travailleurs détachés, mais pour le reste elle aura au-dessus de la tête les Vice-Présidents Vladis Dombrovskis, en charge du Dialogue social, et Jyrki Katainen, en charge de l'Emploi.

La Belgique s'en est toujours bien sortie pour décrocher des portefeuilles d'influence - Louis Michel avait la Coopération, un puissant instrument de politique extérieure, Karel Van Miert la Concurrence, Étienne Davignon le Marché intérieur et l'Industrie... Mais cela n'a pas toujours servi ses intérêts stratégiques. "Ce genre de poste donne une grande visibilité, mais cela ne veut pas dire que la personne se met à la disposition de l'intérêt belge", souligne un diplomate.

À l'Industrie, Étienne Davignon s'est fait un devoir d'attaquer la politique belge; à la Concurrence, Karel Van Miert ne s'est pas privé de viser les monopoles de la télévision en Belgique. Quant à Karel De Gucht... "Le moins qu'on puisse dire c'est que l'on n'a pas eu de relais chez lui pour éviter l'amende qui menaçait la Belgique dans le cadre du semestre européen", observe un diplomate. Contrairement à d'autres, les commissaires belges auraient souvent tendance à prendre leur rôle de défenseur de l'intérêt général européen au pied de la lettre.

Les Belges restent par ailleurs "très bien" représentés dans les rouages du Berlaymont. La Belgique est le troisième pays qui apporte le plus de cadres moyens à la Commission, derrière la France et l'Allemagne. Et elle est largement surreprésentée dans les postes d'assistants (secrétaires, etc.), où elle décroche près du tiers de l'effectif - logique que l'Europe entière ne se déplace pas à Bruxelles pour un poste mineur. Mais c'est au sommet de l'échelle que le bât blesse: la Belgique n'a décroché qu'un des 37 postes de Directeur Général de l'administration communautaire: Jos Delbeke, responsable de l'Action climatique. C'est peu.

L'émiettement

Dans le coeur battant de la démocratie européenne comme ailleurs, la place qu'occupent les Belges se rétrécit - c'est le résultat d'une logique arithmétique bien rodée: les Belges ont pu envoyer 21 députés dans l'hémicycle, un de moins que lors de la législature précédente. Outre la disparition du chrétien-démocrate flamand Jean-Luc Dehaene, une icône du Parlement, les Belges ont perdu cette année la vice-présidence du Parlement, occupée jusqu'en mai dernier par l'écologiste Isabelle Durant.

Guy Verhofstadt reste de loin le Belge le plus en vue à Strasbourg, après avoir été l'un des cinq candidats à mener une campagne paneuropéenne pour le poste de président de la Commission, au printemps dernier. Comme avant les élections de mai, le flamand préside toujours le groupe des libéraux européens (ALDE). Il reste l'un des grands ténors du Parlement, et occupe une position en vue dans la coalition sur laquelle la Commission Juncker doit s'appuyer. Mais si Verhofstadt reste influent, sa cote baisse: l'Alliance libre des démocrates européens a perdu sa place de 3e parti de l'hémicycle quand les quatre nouveaux élus de la N-VA ont décidé d'intégrer la formation "eurosceptique light" des Conservateurs et réformistes européens (ECR).

Sur la gauche de l'hémicycle, par contre, la promotion de l'écologiste Philippe Lamberts contrebalance la perte de la vice-présidence qu'Isabelle Durant occupait naguère. L'Anderlechtois a été choisi par les Verts européens pour succéder à Daniel Cohn-Bendit comme co-président de groupe. Mais l'étoile montante belge hérite d'un parti en perte de vitesse au Parlement: il tombe de la 4e à la 6e place en termes de sièges.

Au-delà de ces positionnements individuels, les parlementaires belges fonctionnent peu comme un relais de l'intérêt de la Belgique. "L'émiettement de la représentation belge est notamment la conséquence du dédoublement des partis politiques belges", estime Marc Lepoivre.

Un parti sceptique

À l'échelon des partis européens, l'influence belge s'est brutalement affaissée avec la mort de Wilfried Martens, président du puissant Parti Populaire européen (PPE) de 1990 à sa mort en octobre 2013. Durant toutes ces années, il a réuni sous son aile les chefs d'État et de gouvernement conservateurs avant chaque sommet européen, tissant ainsi une toile hors pair. C'est notamment lui - l'homme qui parlait à l'oreille de Merkel - qui a décroché la nomination d'Herman Van Rompuy.

Circonstance aggravante à cette disparition irremplaçable: les chrétiens-démocrates flamands ont perdu la place de premier parti de Belgique. Hier, le premier parti du royaume était considéré comme une cheville clé de la construction européenne. Aujourd'hui, le premier parti, c'est la N-VA qui, en plus de rimer avec séparatisme, rime désormais avec euroscepticisme.

Dans les institutions périphériques de l'Union, la présence belge est inégale. Ne cherchez pas au Service européen d'action extérieure (SEAE), le centre névralgique de la diplomatie européenne: "Sur les vingt postes qui comptent, vous ne trouverez pas un seul Belge", fait remarquer un diplomate.

La Belgique a perdu une carte de choix à la Banque européenne d'investissement (BEI) en 2011, quand le chrétien-démocrate Philippe Maystadt a terminé son mandat de Président. Par contre, des Belges occupent des postes d'influence à la Banque centrale européenne, à commencer par celui de "chief economist" de Peter Praet. Et ils sont bien représentés dans les juridictions de Luxembourg: un président du tribunal de la fonction publique, un avocat général et un vice-président à la Cour de Justice... "La jurisprudence a aussi son importance dans un système de droit", observe un diplomate.

Poids moyen ou plume

"You're still boxing above your weight", se plaisent à rappeler les diplomates britanniques à leurs collègues belges. La Belgique pèse toujours plus lourd que son poids démographique. Cela tient à son statut de pays hôte des institutions, bien sûr, mais pas uniquement. "Quand un Belge s'exprime, il essaye d'intégrer l'intérêt général européen: ça fait partie de notre tradition d'État fondateur et de petit État. Ca nous permet d'être plus écoutés que d'autres", assure un diplomate.

C'est surtout vital pour un pays dont la stratégie a toujours consisté à transférer sa souveraineté à l'Europe avec l'objectif d'aller la regagner en manoeuvrant finement. "On sent une volonté de certains États de mieux contrôler le pouvoir d'initiative de la Commission européenne, de récupérer le contrôle", indique un Belge dans les couloirs du Conseil. Pour les Belges, la défense de la méthode communautaire, qui donne le lead à la Commission plutôt qu'aux (grands) États, est la seule planche de salut.

Pourtant, on le voit, la perte de terrain belge est sans équivoque. Et la Belgique ne semble pas s'organiser pour limiter les dégâts. "Il n'y a pas de politique systématique de promotion des Belges au sein des institutions: ce n'est pas une équipe avec des poulains, des appuis comme en France, en Espagne ou dans d'autres pays, remarque Marc Lepoivre. La complexité du système belge réduit sa capacité à se projeter à l'extérieur." Pas sûr, dans ces conditions, que la Belgique continue éternellement à jouer au-dessus de sa catégorie.

@F_Rohart

N.B. Article publié dans L'Echo du 6 septembre 2014.

Posté le 10 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

"Politico" débarque à Bruxelles

PoliticoLa star du journalisme politique made in USA débarque à Bruxelles. Les rumeurs allaient bon train depuis juin dernier, l'information est confirmée: le journal "Politico" s'associe au groupe de presse allemand Axel Springer pour lancer un "produit européen".

Nous en parlions en juin dernier, quand le site Buzzfeed venait de lancer la rumeur: le cordon onbilical du tout-Washington s'apprête à débarquer à Bruxelles. L'information vient d'être confirmée sur un blog de "Politico" : le journal politique américain s'associe au conglomérat allemand Axel Springer pour créer une édition européenne. "Nous pouvons vous dire que c'est une joint venture 50/50 avec Axel Springer et que (le média) ne couvrira pas seulement Bruxelles, mais la politique européenne au sens large", ont indiqué le CEO et le rédacteur en chef de Politico, Jim VandeHei et John Harris, dans une communication interne. 

@F_Rohart

 

Posté le 4 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

Thyssen fera-t-elle bouger les lignes ?

La commissaire européenne désignée par la Belgique est unanimement reconnue comme une travailleuse brillante, même si certains la voient plus en haute fonctionnaire du Berlaymont qu'en politicienne qui ferait "bouger les lignes".

Thyssen« Un choix excellent. » Jean-Claude Juncker a fait savoir sa satisfaction après l’annonce de la désignation de Marianne Thyssen comme commissaire européenne, et sa réaction n’a rien de surprenant : cela faisait des semaines qu’il serinait les négociateurs de la « suédoise » pour qu’ils désignent l’ancienne patronne du CD&V. On sait à quel point Juncker avait besoin d’une femme, et le fait qu’elle soit de son bord politique ne gâche rien. Mais Marianne Thyssen n’est pas une femme de quotas. Brillante, travailleuse, elle est investie dans les affaires européennes depuis 23 ans.

"Dans cette coalition, Marianne Thyssen était la femme de la situation", estime l'écologiste Philippe Lamberts, qui l'a côtoyée sur les bancs de la commission Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. "Sur le plan idéologique, c'est du PPE pur jus: ce n'est pas d'elle qu'il faut attendre des grandes remises en causes de la politique européenne. Par contre, elle a des qualités trop rares en politique", explique celui qui a succédé à Daniel Cohn-Bendit comme co-président du groupe des Verts. "C'est quelqu'un qui sait écouter, qui est vraiment ouvert à la négociation, dont les point de vue peuvent évoluer: elle fait de la politique pour l'intérêt général - pour sa conception de l'intérêt général -, pas pour sa carrière."

D'autres tempèrent l'enthousiasme suscité par cette désignation: "C'est quelqu'un qui fait bien son travail, mais ce n'est pas une personne d'influence, estime un libéral belge. Son plus gros problème c'est qu'elle n'a pas une vraie énergie politique. Elle est plutôt dans le mode fonctionnaire, je m'attends à ce quelle prenne son rôle de commissaire comme un rôle de haut fonctionnaire: ce n'est pas quelqu'un qui va faire bouger les lignes." L'avis est loin d'être partagé par tout le monde."Il ne faut pas que ce soit une fonctionnaire, mais je crois que c'est quelqu'un qui sait affirmer ses opinions, qui sait trancher", estime de son côté l'eurodéputé socialiste Marc Tarabella.

La grande inconnue à présent est le portefeuille que Juncker va lui proposer. Le site « Euractiv » a publié un « organigramme provisoire » de la Commission selon lequel la Belge hériterait du bas du panier : « Compétences, Jeunesse et Multilinguisme ». Une perspective très surprenante, quant on connaît les compétences de la dame en matière économique et financière. "Toutes les informations qui tournent à ce sujet sont des spéculations: la décision sera prise par M. Juncker après qu'il ait parlé avec tout le monde", a assuré Thyssen lors d'une conférence de presse.

Marianne Thyssen était responsable du service d'études de l'Unizo (classes moyennes flamandes) lorsqu'elle a été repérée par le président du CVP d'alors, un certain Herman Van Rompuy. Vingt ans plus tard, en 2008, elle est devenue la première femme à présider le paquebot démocrate-chrétien flamand. Elle venait d'être nommée vice-présidente de la puissante commission parlementaire des Affaires économiques et monétaires (Econ). Avec cette nouvelle nomination, le CD&V poursuit une longue tradition d’investissement dans les rouages de la machine européenne. Wilfried Martens avait fait du Parti Populaire européen le plus grand parti d'Europe, et Jean-Luc Dehaene était considéré, avant sa disparition en mai dernier, comme un pilier du Parlement européen.

    • La suite: Le Conseil de l'Union européenne devrait approuver la liste des 27 commissaires désignés et la transmettre au Parlement européen. La semaine du 29 septembre, Marianne Thyssen subira, comme ses futurs collègues, une audition de trois heures par les députés européens responsables du portefeuille qui lui aura été attribué. Sa nomination pour cinq ans ne sera effective qu'après un vote de confiance au Parlement sur l'ensemble du collège, prévu dans le courant de la semaine du 20 octobre. La commission Juncker est censée entrer en fonction au 1er novembre.

  @F_Rohart

Photo : Marianne Thyssen (centre) entourée de l'ancien ministre-président flamand Kris Peeters (g) et du président du CD&V Wouter Beke (d), jeudi.

Posté le 2 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

Protéger NLMK des sanctions contre Moscou

L'Union européenne prépare de nouvelles sanctions contre la Russie, même si elle ne sait pas encore si elle va les utiliser. Il s'agira d'une liste de banques et d'entreprises publiques russes mise au ban, qui doit être prête à l'emploi d'ici à la fin de la semaine. La Wallonie ferraille pour que ses intérêts en pâtissent le moins possible. 

NlmkCe week-end, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union ont annoncé être "prêts à prendre de nouvelles mesures à la lumière de l'évolution de la situation sur le terrain", précisant que ces sanctions devaient être "prêtes pour adoption dans la semaine." La Commission européenne a présenté ce lundi dans les grandes lignes ses propositions de sanctions aux ambassadeurs des Vingt-Huit: il s'agit d'allonger la liste des banques et institutions publiques russes qui tomberont sous le coup de sanctions, apprend-on à bonnes sources. Les États membres sont censés donner leur avis à ce sujet ce mercredi, une liste détaillée des entreprises visées devrait alors circuler.

La Belgique n'est pas des plus enthousiastes pour se lancer dans un nouveau train de sanctions et espère encore que Vladimir Poutine retrouvera le chemin du dialogue diplomatique avant que l'Union n'ait à relever son curseur répressif. En attendant, elle tente de limiter le potentiel de casse qu'auraient les sanctions sur son économie. Et les Régions prennent une part active dans ce processus en faisant valoir leurs (dés)intérêts auprès des négociateurs belges. 

"La Région wallonne a envoyé les noms de cinq banques russes qui ont des liens avec NLMK" et qu'elle ne veut pas voir figurer dans la liste finale des entreprises russes mises au ban, indique une source proche du dossier. Couper le géant de l'acier de son oxygène financier russe pourrait avoir des conséquences dramatiques pour ses implantations de La Louvière et Clabecq.

Les Wallons seront-ils entendus ? "Les sanctions européennes sont conçues de telle sorte que les dommages pour l'Europe soient le plus petits possibles", explique un diplomate. "Les mesures de rétorsion russes, c'est autre chose..." La dernière fois que des sanctions ont été prises, le retour de bâton a été très douloureux : l'embargo décrété par Moscou sur les produits alimentaires européens a touché de plein fouet les producteurs de poires, de pommes, et les marchés du porc et du lait commencent eux aussi à souffrir.

Oeil pour oeil, un nouveau train de sanctions européen entraînerait sans aucun doute de nouvelles mesures russes contre l'économie européenne. Les points faibles de la Belgique sont connus: l'industrie diamantaire, la pétrochimie anversoise ou encore la métallurgie wallonne - encore elle - pourraient faire les frais d'une contre-attaque.

@F_Rohart 

Posté le 2 septembre 2014 par Frédéric Rohart Réactions | Réagir

Alain Hutchinson, futur «M. Europe» de Bruxelles

Selon nos informations, Alain Hutchinson est en passe d’être nommé pour le nouveau poste de «Commissaire à l’Europe» par le gouvernement bruxellois.

HutchL’accord de gouvernement bruxellois prévoit la création d’un poste de «Commissaire à l’Europe», qui sera chargé de «toutes les relations entre les institutions européennes (Commission, Parlement et Conseil) et la Région bruxelloise». À plusieurs sources, on confirme que c’est Alain Hutchinson qui sera proposé à la désignation par le gouvernement bruxellois dans le courant du mois. «Alain a été eurodéputé, il exerce la présidence du Bureau de liaison Europe, il a une vraie expertise en la matière, il dispose des compétences nécessaires», pointe-t-on dans la majorité bruxelloise. Les compétences du futur commissaire devraient être relativement larges – de l’immobilier aux contacts diplomatico-politiques avec les instances européennes.

Échevin (PS) à la commune de Saint-Gilles, Alain Hutchinson a touché tant aux questions européennes qu’aux questions urbanistiques au cours de sa carrière. Il a été secrétaire d’État au Logement de la Région au début des années 2000, puis député européen (2004 à 2009). Il est membre du Comité des régions de l’UE depuis 2012 et président du conseil d’administration du Bureau de liaison Bruxelles-Europe, chargé de promouvoir Bruxelles comme capitale de l’Union. 

Un poste politique

Pour l’heure, la gestion des questions urbanistiques liées à la présence européenne à Bruxelles passe par la déléguée au développement du quartier européen, Marie-Laure Roggemans – souvent surnommée «Madame Europe», elle est en liaison directe avec le ministre-Président.

"Avec ce nouveau poste, nous voulons aller au-delà de ce que faisait Marie-Laure Roggemans, explique-t-on au cabinet du ministre-président Rudi Vervoort. La question, c'est: comment marquer autrement la présence européenne à Bruxelles ? Il y a une dimension plus proactive. On ne veut pas que l'UE se développe en parallèle à Bruxelles. Il faut marquer de manière positive la présence de l'Union à Bruxelles: culturellement, gastronomiquement, pour que l'augmentation des loyers ne soit pas la seule empreinte de l'Europe sur les Bruxellois."

L'Union européenne aura donc désormais en face d'elle un "politique" pour gérer son développement à Bruxelles. Le nouveau «commissariat» sera placé «directement sous la responsabilité du ministre-Président et du ministre des Relations extérieures», précise l’accord de gouvernement.

@F_Rohart et @Le_Bux

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