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Posté le 19 novembre 2014 par Frédéric Rohart

Les grands projets sont en Flandre

La Belgique a envoyé à l'Europe sa liste de projets "structurants" en mal de financement [carte]. Avec ses projets d'éolien offshore notamment, la Flandre s'est montrée beaucoup plus ambitieuse en montants que la Wallonie: Geert Bourgeois avance pour 24 milliards d'euros de projets quand Paul Magnette chiffre son ambition à 8,5 milliards. 

Carte investVendredi dernier, la Belgique a envoyé à l’Europe sa liste de projets structurants en manque de crédits à financer avant 2018. Le groupe de travail spécial mis en place par la Commission et la Banque européenne d’investissement (BEI) demandait à chaque État membre de nourrir une «réserve» de projets dans laquelle l’équipe de Jean-Claude Juncker pourrait puiser. Le processus a été lancé en septembre, après que le président élu ait annoncé un plan d’investissement de 300 milliards d’euros. Le Luxembourgeois pourrait en présenter les détails la semaine prochaine, en attendant le travail lui est prémâché à toute fin utile...

La région flamande a contribué à la liste belge en présentant 28 projets pour une valeur totale de 24 milliards d’euros (12,3 milliards pour la période 2015-2017). La Flandre a avancé très peu de projets purement publics: les partenariats public-privé (PPP) comptent pour 4,4 milliards d'euros sur les trois ans à venir, les projets privés (parcs éoliens en mer du Nord et ring d’Anvers essentiellement) pour 6,6 milliards alors que les projets publics ne représentent que 1,3 milliards sur la période.

Voici la carte des projets localisables envoyés par la Belgique (la voir en plein écran ici) :

 

Pas de méga-projet dans les 29 entrées de la liste wallone, qui représente 8,5 milliards d'euros dont 3,6 pour 2015-2017. Les investissements les plus ambitieux concernent des projets transversaux: 1 milliard pour le «développement de l'innovation» (un centre de protonthérapie à Charleroi, le pôle d'agriculture urbaine VERDIR, le projet de recyclage de métaux Reverse Metallurgy); 1 milliard pour la modernisation d'hôpitaux; 1,1 milliard pour la réhabilitation de routes.

Tous les ministres wallons n'ont pas interprété le critère d’«effet de levier» de la même manière: les projets précités se retrouvent par exemple à côté d’une «Maison des langues» à 3 millions d’euros. On attend aussi de voir dans quelle mesure un plan de rénovation des piscines wallones peut avoir une valeur ajoutée paneuropéenne... Il est vrai que le cadre défini par la BEI et la Commission permettait toutes les audaces: pas de limite de nombre de projets, pas de montant minimum d'éligibililité. La Région souligne par ailleurs pour la plupart des projets que leur réalisation est entravée par les limites d’investissement des pouvoirs publics et la nouvelle norme comptable d’Eurostat qui «restreint la politique wallonne en matière d'investissement».

Le gouvernement Bruxellois n'a pas voulu livrer le détail des 27 projets avancés, mais il est question du métro Nord, de l'automatisation des rames (PULSAR), d’un centre ICT sur le campus de la Plaine, notamment.

La liste belge compte enfin quelques contributions du fédéral et de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) auxquelles nous n’avons pas pu avoir accès.

@F_Rohart

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