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Posté le 13 novembre 2014 par Frédéric Rohart

La Belgique envoie sa liste à Saint-Nicolas

La Belgique doit envoyer ce vendredi sa liste de projets en mal de financement à la Commission, qui promet un plan d'investissement de 300 milliards d’euros dans les trois ans. 

ExcelUn tableau Excel. La Belgique doit transmettre ce vendredi à la Commission une liste détaillée des projets en mal de financement qui pourraient tirer profit d'un plan de relance européen à la sauce Juncker. Depuis que le président de la Commission a annoncé 300 milliards d'investissements dans les trois prochaines années, un groupe de travail ("Special Task Force" pour les intimes) s'emploie à constituer un "réservoir" de projets aux quatre coins de l'Union dans lequel la nouvelle commission pourra puiser à sa guise pour orienter les investissements annoncés.    

Des projets privés devraient figurer sur la liste de projets belges – essentiellement dans l’énergie, les transports et le digital, indique-t-on à la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Les autorités fédérales présenteront pour leur part des projets dans la recherche nucléaire à usage médical et la mobilité (notamment le plan d’investissement de la SNCB). Mais le gros de la liste devrait venir des trois Régions, qui ne sont pas toujours à l’aise avec le processus.

Bruxelles refuse de s’étendre sur la liste de projets que le gouvernement a arrêtée jeudi matin. La Région est entrée à reculons dans ce processus dont personne ne sait exactement ce qu’il faut attendre. 

Côté wallon, le ministre-président Paul Magnette (PS) refusait lui aussi, hier, de dévoiler la liste complète des projets mais en donnait les grandes lignes dans un communiqué: réhabilitation des routes, accès aux pôles connectés au réseau de transport européen, infrastructures fluviales (liaison Seine-Escaut…), etc. Le montant total de ces projets wallons représente 8,5 milliards d’euros, dont 3,6 milliards pour la période sur laquelle Juncker entend se concentrer (avant 2018).

La Flandre avance de son côté une liste totalisant 12,3 milliards d'euros pour la période 2015-2017, l'ensemble des projets étant évalué à 24 milliards en tout. Les principaux projets sont les parcs éoliens offshore et le ring d'Anvers, mais le plus grand besoin de financement à court terme va pour les hôpitaux (2,5 milliards à investir d'ici la fin 2017). (1)

Qu’adviendra-t-il de ce catalogue de projets? Impossible à dire. Cela dépendra notamment de la qualité de la «liste»: si les Belges parviennent à mettre en valeur des projets à valeur ajoutée susceptibles de provoquer un effet de levier sur l’activité économique et réalisables d’ici 2018, le plan Juncker pourrait leur sourire. Le problème, c’est que personne ne sait exactement ce que Jean-Claude Juncker a derrière la tête. Il doit détailler son plan «avant Noël». En attendant, le procédé fait grincer bien des dents. «On prend les choses à l’envers en demandant de faire remonter les projets, mais on risque de créer des attentes…», observe-t-on à la FEB. 

@F_Rohart

N.B. Version courte de l'article à paraître dans L'Echo du 14 novembre 2014.

(1) Paragraphe ajouté le 15 novembre.

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