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Posté le 2 février 2015 par Frédéric Rohart

"Nous ne sommes pas la colonie financière de l'Allemagne"

La Grèce ne veut plus à aucun prix voir les men in black de la troïka ramener leurs malettes à Athènes. Mais pour le reste elle respectera toutes ses obligations "liées aux traités", assure le numéro 1 de Syriza au Parlement européen dans une interview à L'Echo parue ce samedi 31 janvier.

Papadimoulis2Dimitrios Papadimoulis ne sait plus où donner de la tête depuis la victoire de son parti aux élections législatives de dimanche dernier. Le leader de Syriza à Bruxelles (par ailleurs vice-président de l’hémicycle) se retrouve même à devoir refuser des interviews, un comble pour un eurodéputé… Son parti a pourtant besoin comme de pain de bien se faire comprendre, en ces temps où la Bourse d’Athènes hocquète au gré des déclarations du nouveau gouvernement. «Nous ne voulons pas dépenser l’argent des contribuables d’autres pays, nous ne sommes pas antieuropéens, nous ne sommes pas stupides, et le peuple grec qui voté Syriza n’est pas idiot», martèle Papadimoulis. On l’interroge d’entrée de jeu sur la déclaration la plus marquante et la plus ambigüe que le nouveau Premier ministre Alexis Tsipras ait prononcé depuis son entrée en fonction: le gouvernement, avait-il dit en ouvrant son premier conseil des ministres mecredi est prêt à «verser son sang» pour rétablir «la dignité des Grecs». Qu’est-ce que cette parabole hémorragique était-elle supposée vouloir dire? Nous n’aurons pas la réponse de M. Papadimoulis – il n’est pas au courant répond-il, interdit (*). Quoi qu’il en soit, l’heure n’est pas – n’est plus – aux déclarations belliqueuses: aujourd’hui, Syriza veut prouver qu’il est un partenaire sérieux, fiable et exigeant pour ses partenaires. « Aux citoyens Belges nous disons: nous voulons du changement pas seulement pour la Grèce mais pour l’Europe dans son ensemble », lance Papadimoulis dans l'extrait ci-dessous (en anglais) :


Il insiste sur le fait qu’Athènes entend respecter ses obligations liées aux traités, mais considère que troïka est externe aux règles européennes: «Il est totalement inacceptable pour un pays d'être gouverné par des e-mails de la troïka», dit-il.

Interview à lire dans L’Echo du samedi 31 janvier.

@F_Rohart

(*) Michael Baltsavias, traducteur, fonctionnaire retraité de la Commission européenne, nous apporte un éclairage sur ce passage: "J'ai également vu le terme "Να ματώσουμε" du discours de Tsipras traduit comme "to spill our blood"/ "verser notre sang" et qui a alors été interprété comme une "déclaration de guerre" (par au moins un politicien UMP en France), alors qu'il s'agit simplement d'une métaphore pour dire 'travailler jusqu'au bout, même si cela entraîne des souffrances personnelles'. Pour ce que j'en comprends, il s'agissait d'une traduction incorrecte faite à l'origine par Reuters et/ou AFP en Grèce, puis reprise par les journaux de l'Europe entière."

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