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Posté le 28 février 2015 par Frédéric Rohart

Van Rompuy, les micros flamands et Quatremer

Une petite coulisse de derrière les fagots pour bien commencer le week-end. Il y est question d'Herman Van Rompuy, qu'on a rencontré cette semaine, de ses rapports avec la presse, et d'un grand moment de radio avec Jean Quatremer. 

HVR-Quatremer_VadotEn ce début d’après-midi, on pourrait croire que "Il Doge" est plein comme un œuf. Comme une cantine de profs au cœur de Louvain-la-Neuve un lundi. Mais c'est sans compter l’arrière-salle. Toutes les tables y sont soigneusement dressées, mais une seule est occupée. Et le patron du restaurant joue les vigiles pour garantir sa quiétude. Herman Van Rompuy termine son dessert, entouré de ses hôtes de l’Institut d’études européennes de l’UCL. Celui qui fut le premier président du Conseil européen ces cinq dernières années a quelques minutes de battement, mais il prévient d’emblée: "Je ne donne pas d’interview sur l’actualité!" Cela tombe mal: on venait justement pour l’interroger sur la crise grecque au moment où les ministres des Finances de la zone euro tenaient une téléconférence pour statuer sur une prolongation de l'aide… Mais on n'a pas perdu espoir de recueillir son avis sur la partie d’échecs qui se joue entre Athènes et le reste de la zone euro. Et l’on fait bien, comme en témoigne l'interview publiée mercredi.

Au détour de la conversation, l'éminence du CD&V fait une digression qui ne manque pas de sel sur la conception qu'il avait de son mandat. Présider le Conseil européen, ce n'est pas se prétendre le Barack Obama européen, mais c'est bâtir des ponts entre les vingt-huit dirigeants. Et pour ce faire, la discrétion est d'or. "On doit chercher des solutions, pas chercher une solution à un problème qu'on a créé soi-même" en parlant trop, explique-t-il. Et le sel dans tout ça ? Il arrive. "Je ne donnais jamais d'interviews. Deux ou trois ? Et le plus souvent dans la presse belge où j'étais certain que ça ne dépassait pas les frontières."

Deux ou trois ? On s'étrangle ! Attendez... Ca nous rappelle un grand moment de radio. Et un grand moment de radio vaut mieux qu'une longue explication. C'était en décembre dernier sur la chaîne française BFM Business. Le journaliste Jean Quatremer se lançait dans une diatribe contre "HVR" sur l'émission de Yann-Antony Noghès "500 millions d'Européens".

"Herman Van Rompuy a été inexistant. Il a été inexistant sur le plan intérieur, parce qu'il n'a pas du tout communiqué avec les citoyens européens pendant cinq ans, alors que c'était un des rôles auxquels avait pensé Valéry Giscard d'Estaing, l'auteur de cette idée de créer un poste permanent de président du Conseil européen.", s'emballe le journaliste de "Libération". Et Noghès, pince-sans-rire, de l'interrompre : "Vous êtes difficile Jean Quatremer parce que tout de même  Herman Van Rompuy a régulièrement répondu à des interviews. Pas forcément toujours de la presse européenne, mais de la presse flamande... Toutes les semaines il était à la télévision flamande où il répondait à des journaux flamands", glousse-t-il, railleur, pendant que ses choniqueurs se fendent la poire.

Voilà. Van Rompuy vient donc de répondre à la presse de France, de Navarre, de Saxe et d'ailleurs : la fermer, c'était son boulot. Mais comme personne en Europe ne lit la presse belge, il pouvait l'ouvrir abondamment à l'ombre du clocher de son village...

@F_Rohart

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