Posté le 29 mai 2009 par Vincent Papaleo

Lopssi, l’autre Hadopi

Lopssi Tout le monde connaît à présent la loi Hadopi française. C’est au tour du projet de loi LOPSSI, qui signifie « Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure », de faire des vagues sur la toile.

Au départ, cette loi visait à réduire la criminalité en France et à donner à la sécurité intérieure de nouveaux moyens de lutte dont, par exemple, des systèmes de fichage des délinquants plutôt sujets à polémiques. Elle se reconvertit à présent dans une lutte plus ciblée contre la cybercriminalité.

En soi rien d’inquiétant, sinon deux points soulignés par des organismes de défense des internautes. Le premier concerne l’utilisation de mouchards informatiques et la mise sur pied de la « perquisition numérique » qui permettrait à des policiers d’infiltrer les ordinateurs d’internautes soupçonnés de graves délits. Le deuxième point est celui du filtrage des sites. Un site considéré comme pédopornographique pourrait en effet être déclaré hors la loi et devenir inaccessible sans qu’aucune autorité judiciaire ait été consultée.

Certes, l’utilisation de mouchard ne pourra se faire que si l’on suspecte des crimes graves tels que le terrorisme ou le trafic d’armes. Mais c’est surtout ce système de filtrage qui déclenche le tollé sur le Net. En effet, les associations de défense craignent des erreurs et même une censure. L’Australie est citée en exemple pour avoir renoncé à un dispositif de filtrage comparable parce que  moins de 32% des sites filtrés étaient réellement à caractère pédopornographique.

Tout part donc d’une bonne idée : lutter contre la cybercriminalité. Mais quel est le prix de cette guerre ? Le même que celle contre le terrorisme ?

Vincent Papaleo

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